Le nouvel âge de départ à la retraite

Le nouvel âge de départ à la retraite

De réforme en réforme, les conditions requises pour faire liquider ses pensions de retraite se sont durcies. L'âge légal est fixé à 62 ans et la durée de cotisation entre 160 et 172 trimestres selon l'année de naissance.

L’âge légal de la retraite a été relevé de 60 à 62 ans tandis que la durée d’assurance requise pour bénéficier d’une retraite à taux plein passe de 40 ans (160 trimestres) pour les générations nées avant 1949 à 43 ans (172 trimestres) pour celles nées à partir de 1973.

Tous les futurs retraités sont concernés par le recul de l’âge de la retraite et l’allongement de la durée d’assurance, qu’ils appartiennent au régime des salariés du secteur privé, au régime des indépendants (artisans, industriels et commerçants), au régime des professions libérales ou encore aux régimes de la fonction publique.

Seule exception : les fonctionnaires occupant un emploi en catégorie active on un calendrier différent de celui des autres régimes.

Âge minimum de la retraite

Pour faire liquider sa retraite, il faut avoir atteint l’âge légal minimum à partir duquel il est possible de demander à percevoir ses pensions.

Depuis le 1er juillet 2011, cet âge a été porté de 60 ans pour les personnes nées avant le 1er juillet 1951 à 62 ans pour celles nées à partir du 1er janvier 1955. Ce relèvement se fait selon un calendrier (voir ci-dessous) inscrit dans la loi qui est le même pour tous les régimes.

CALENDRIER DU RELÈVEMENT DE L'ÂGE DE LA RETRAITE
Date de naissance Âge minimum
de la retraite
Âge minimum
de la retraite
Jusqu’au 30 juin 1951

60 ans

65 ans
Entre le 1er juillet 1951
et le 31 décembre 1951
60 ans et 4 mois 65 ans et 4 mois
1952 60 ans et 9 mois 65 ans et 9 mois
1953 61 ans et 2 mois 66 ans et 2 mois
1954 61 ans et 7 mois 66 ans et 7 mois
1955 et après 62 ans 67 ans

Durée d’assurance pour le taux plein

Si l’assuré fait liquider sa retraite à l’âge minimum, il ne pourra percevoir sa retraite à taux plein que s’il justifie d’une durée d’assurance minimale.

La durée d’assurance minimale exigée est la même pour tous les régimes : elle dépend de la date de naissance.

Elle est calculée tous régimes de base confondus, en totalisant les trimestres validés dans chacun des régimes auprès desquels l’assuré a été affilié au cours de sa vie professionnelle.

Si l’assuré n’a pas validé le nombre de trimestres suffisants, cela ne l’empêche pas de prendre sa retraite mais ses pensions seront minorées par application d’un coefficient d’abattement (appelé décote).

À l’inverse, même s’il a le nombre de trimestres requis avant l’âge de la retraite, il ne pourra pas partir plus tôt, sauf s’il est dans une situation lui permettant de bénéficier d’un des dispositifs de retraite anticipée.

DURÉE D'ASSURANCE POUR UNE RETRAITE À TAUX PLEIN
Date de
naissance   
Durée d’assurance requise pour bénéficier
d’une retraite à taux plein
Avant 1949 160 trimestres
1949 161 trimestres
1950 162 trimestres
1951 163 trimestres
1952 164 trimestres
1953-1954 165 trimestres
1955, 1956, 1957 166 trimestres
1958, 1959, 1960 167 trimestres
1961, 1962, 1963 168 trimestres
1964-1965, 1966 169 trimestres
1967, 1968, 1969 170 trimestres
1970, 1971, 1972 171 trimestres
1973 et après 172 trimestres

Âge du taux plein

Si l’assuré prend sa retraite à l’âge du taux plein, sa pension de retraite sera automatiquement calculée à taux plein, sans que l’on tienne compte de la durée d’assurance.

L’âge du taux plein passera progressivement de 65 ans pour les assurés nés jusqu’au 30 juin 1951 à 67 ans pour ceux nés à partir 1955.

Ce relèvement se fait selon le même rythme que celui retenu pour le relèvement de l’âge minimum de la retraite, de manière à ce que l’écart entre les deux bornes d’âge de la retraite reste fixé à 5 ans.

Retraite à taux plein

Le taux plein est le taux maximum auquel la retraite peut être calculée. Il est fixé :

  • à 50 % du salaire ou revenu moyen dans le régime général et le régime social des indépendants (RSI),
  • et à 75 % dans la fonction publique.

Il est automatiquement accordé aux assurés qui font liquider leur retraite à l’âge du taux plein (65 ans, porté progressivement à 67 ans), à ceux qui justifient, avant cet âge, d’une durée d’assurance minimale ainsi qu’à ceux qui peuvent prétendre à la retraite anticipée.

Certaines catégories d’assurés bénéficient également du taux plein dès l’âge minimum de la retraite, même s’ils n’ont pas la durée d’assurance requise :

  • les assurés inaptes au travail,
  • les assurés handicapés avec un taux d’invalidité d’au moins 50 %,
  • les assurés atteints d’une incapacité permanente…

Retraite et incapacité permanente

Les salariés du secteur privé atteints d’une incapacité permanente au moins égale à 10 %, consécutive à une maladie professionnelle ou à un accident du travail peuvent partir en retraite dès 60 ans, avec une pension à taux plein, quelle que soit leur durée d’assurance.

Si leur incapacité est inférieure à 20 %, ils doivent avoir été exposés pendant au moins 17 ans à un ou plusieurs facteurs de risques (travail de nuit, en 3 × 8…) et apporter la preuve qu’il existe un lien de cause à effet entre leur incapacité et leur exposition à ces facteurs de risques.

Si leur taux d’incapacité est supérieur à 20 %, les salariés n’ont aucune preuve à apporter.

Les salariés exposés à des conditions de travail réduisant l'espérance de vie bénéficient d’un compte pénibilité qui est entré en vigueur le 1er janvier 2015. Les points qui seront inscrits sur ce compte pourront alors être utilisés pour partir en retraite à partir de 55 ans.

Un rendez-vous en langue des signes

Les personnes sourdes peuvent bénéficier des services d’un conseiller retraite formé à la langue des signes française ou d’un entretien spécifique en visio-interprétation. Selon les centres retraite, il faut prendre rendez-vous soit en envoyant un courrier ou un mail, soit en sollicitant un tiers et appeler le 39 60 (coût d’un appel local).