Faut-il demander sa retraite en début ou en fin d’année  ?

Quand faire sa demande de départ en retraite ? Cette question, pas anodine, concerne surtout les salariés du secteur privé. Pour obtenir la bonne réponse, ils doivent tenir compte de trois paramètres. Explications.

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© Istock / FG Trade

Le montant du salaire annuel moyen

C’est un élément central de la formule de calcul de la pension de base de chaque salarié. Ce salaire annuel moyen (SAM) est fonction des salaires bruts annuels perçus, sachant que seuls les 25 meilleurs sont retenus, dans la limite des plafonds annuels respectifs de la Sécurité sociale (Pass 2020 = 41 136 €).

« Mais encore faut-il pouvoir afficher 25 bonnes années et, mieux encore, 25 années pendant lesquelles les salaires soumis à cotisations obligatoires ont approché ou dépassé le fameux plafond annuel de la Sécurité sociale », fait remarquer Dominique Prévert, dirigeant associé d’Optimaretraite.

Un exemple : Marc, ayant longtemps exercé des petits boulots, a perçu des salaires annuels en deçà des Pass qui prévalaient alors. Or, depuis une dizaine d’années, son salaire est de 3 000 € brut, versé sur treize mois, soit 39 000 € brut par an. S’il demande à bénéficier de ses pensions de retraite d’ici à la fin de l’année, il va, sans le savoir, se priver d’une bonne année de salaire au sein des 25 meilleures années sélectionnées pour le montant de son SAM, ce qui va conduire à diminuer sa pension de base. Mais s’il repousse sa demande début 2021, et travaille donc quelques mois de plus, son SAM pourra tenir compte de l’année 2020 et remplacer une année moins favorable.

► La solution optimale. Si l’on bénéficie de salaires plus élevés en fin de carrière professionnelle, mieux vaut programmer sa demande de retraite en début d’année suivante. Cela booste le SAM, et donc la pension de base.

Le nombre de trimestres obtenus

Chaque génération doit totaliser un certain nombre de trimestres pour décrocher ce que l’on appelle le taux plein : par exemple, 167 pour les personnes nées en 1958, 1959 ou 1960. Dès lors que l’on perçoit un salaire au moins équivalent à 600 heures de Smic horaire brut, soit 6 090 € brut en 2020, on engrange quatre trimestres par an, sans avoir à se soucier, en temps normal, de la durée réelle travaillée.

Mais l’année du départ en retraite, cette règle n’est plus appliquée et seuls les trimestres civils accomplis sont comptabilisés. Une personne dont le salaire mensuel est de 2 500 € brut, par exemple, et qui souhaite demander sa retraite le 1er septembre prochain, totalisera non pas trois ou quatre trimestres retraite comme ses cotisations l’y autorisent, mais… deux seulement. Afin d’engranger un trimestre de retraite supplémentaire qui donnera une surcote viagère de 1,25 % du montant de sa pension de base (après l’âge légal et une fois atteint le taux plein), il faut simplement décaler d’un mois la date d’effet de sa retraite.

► La solution optimale. Les meilleures dates pour programmer son départ correspondent au premier mois d’un trimestre civil : janvier, avril, juillet ou octobre.

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L’incidence de l’indemnité de départ

Instaurée par le Code du travail et plus ou moins généreuse selon les conventions collectives, l’indemnité de départ en retraite est soumise à l’impôt sur le revenu (et aux prélèvements sociaux) dès le premier euro. Elle peut avoir une forte incidence sur le taux de prélèvement à la source, surtout si elle est perçue en fin d’année, car elle va alors s’additionner aux revenus de fin de carrière, augmentés des éventuels reliquats de congés payés.

Pour éviter un surcoût fiscal, mieux vaut que cette indemnité vienne s’ajouter non pas à des salaires, mais aux pensions de retraite, logiquement moins élevées. « Pour ce revenu, considéré comme exceptionnel par l’administration fiscale, il est préférable de ne pas oublier d’opter pour le système du quotient qui atténue la progressivité de l’impôt », souligne Richard Chalier, directeur technique associé chez Fidroit.

► La solution optimale. Demander ses retraites un 1er février, un 1er mars ou un 1er avril réduit le risque de faire déraper son taux de prélèvement à la source.

Faire sa demande vite et bien

Les personnes qui n’ont connu qu’un seul statut au cours de leur carrière (salarié, fonctionnaire de l’État ou des collectivités territoriales, salarié d’un régime spécial…) n’ont qu’une demande de retraite – facile en principe – à effectuer auprès de leur régime d’affiliation.
Les futurs retraités qui ont connu différents modes d’exercice professionnel (par exemple une infirmière qui a été salariée, puis agente des collectivités hospitalières, puis professionnelle libérale) ou qui ont travaillé à l’étranger, doivent contacter un par un tous leurs régimes, passés ou actuels.
Cet exercice, plus compliqué, peut être simplifié en passant par le portail officiel Info-retraite.fr, après y avoir créé son espace personnel sécurisé.

 

df
Roselyne Poznanski
Publié le

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