Estimer le montant de sa pension de retraite

Estimer le montant de sa pension de retraite
Dans certains cas, partir avant l’âge de 62 ans est un bon calcul pour éviter le malus des régimes complémentaires. - © Courtney Keating

En quelques clics, il est possible de calculer votre future retraite à partir des éléments figurant sur votre relevé de carrière. Un bon moyen d’y voir plus clair sur vos futurs revenus de retraité.

Se connecter sur Info-retraite.fr

Depuis la fin 2016, tous les futurs retraités sont invités à se créer un compte personnel retraite sur Info-retraite.fr, mis en place par l’ensemble des caisses de retraite. Vous y visualiserez votre carrière d’un seul coup d’œil, accéderez à votre relevé individuel actualisé chaque année. Mais surtout, vous obtiendrez une estimation du montant de votre retraite. Cette estimation, disponible à partir de 45 ans, est effectuée à partir des éléments figurant dans votre relevé de carrière : vous n’avez rien à saisir !
 Cette estimation, dite « favorable », part de l’hypothèse que vous allez rester dans la même situation que celle d’aujourd’hui et que vos revenus seront stables jusqu’à votre départ en retraite. Ensuite, vous pouvez demander d’autres estimations en fonction des différentes hypothèses proposées : « très favorable », « moyenne », « défavorable » et « aucune acquisition de droits ».

Utiliser un simulateur

À partir de ce même compte, vous avez également accès à un simulateur (sur Simulateur.info-retraite.fr). Cet outil vous permet de simuler votre fin de carrière et de mesurer les effets d’une hausse ou d’une baisse de revenus sur le montant de votre retraite, d’un changement de statut, d’une période de chômage ou d’interruption d’activité (par exemple, si vous prenez un congé pour vous occuper d’un parent en fin de vie). Les salariés du privé peuvent également l’utiliser pour affiner la date de leur départ en retraite puisqu’il tient compte du dispositif de bonus-malus applicable, à partir de 2019, dans le nouveau régime complémentaire unique Agirc-Arrco.

Le simulateur propose deux modules. Le module « simplifié » demande seulement de répondre à quelques questions sur l’évolution prévisible de votre carrière future. Le module « approfondi », quant à lui, permet d’ajouter des périodes d’activité et des périodes de chômage indemnisé ou non, de date à date. À l’évidence, plus vous vous approchez de la retraite, et plus les simulations seront fiables. Leur but n’est pas de vous donner le montant de votre future retraite au centime près, mais de vous permettre de mesurer l’incidence de tel ou tel événement de fin de carrière et l’impact d’une année de travail en plus ou en moins sur le montant de votre retraite.

Comprendre le calcul de la retraite

Un conseil : multipliez les simulations pour étudier le montant de votre retraite à des âges différents. Certes, dès 62 ans, vous pouvez partir quand bon vous semble, sous réserve de respecter un délai de préavis auprès de votre employeur. Mais, contrairement à une idée très répandue, vous n’êtes pas obligé d’atteindre la durée d’assurance requise correspondant à votre génération pour faire valoir vos droits à la retraite. Vous pouvez partir avant. En tant que salarié du privé, comme vous n’aurez pas tous vos trimestres, une décote vous sera appliquée. Ce n’est pas forcément un mauvais calcul. Tout dépend de ce dont vous avez besoin pour vivre, une fois en retraite...

Autre intérêt de cette stratégie, elle permet d’échapper au malus du régime complémentaire dans certains cas. Si vous ne remplissez pas les conditions pour bénéficier d’une retraite à taux plein, le malus ne s’applique pas. Mais si vous partez avant 
67 ans sans avoir la durée d’assurance requise, c’est le système de l’abattement qui s’applique. Le taux qui vous est appliqué dépend soit de votre âge, soit du nombre de trimestres qui vous manquent pour obtenir le taux plein. Est retenu ce qui est plus favorable. Or si vous partez à 62 ans avec un trimestre en moins, cet abattement est de 1 %. Il est de 2 % avec deux trimestres en moins alors que le malus représente 10 % de votre retraite complémentaire en moins pendant trois ans (voir cas pratique ci-dessous).

Retraite complémentaire : simuler l’impact du malus

Prenons l’exemple d’un salarié du privé à qui il manque un trimestre pour faire valoir sa retraite à taux plein à 62 ans.

S’il attend d’avoir tous ses trimestres pour partir en retraite, un malus de 10 % sera appliqué à sa retraite complémentaire. Celle-ci étant de 42 000 euros par an, le manque à gagner s’élève 
à 12 600 euros sur trois ans (4 200 € × 3).

S’il décide de faire liquider sa retraite à 62 ans, sans attendre d’avoir tous ses trimestres, il échappe au malus mais pâtira d’une décote de 1 % sur sa retraite complémentaire, soit 420 euros par an. S’y ajoutera une décote de 1,25 % sur sa retraite de base, ce qui représente 258 euros par an en moins.

« En prenant sa retraite avant d’obtenir le taux plein, ce salarié gagne 12 600 euros, d’un côté, et perd 678 euros par an, de l’autre. Il lui faudra presque 19 ans pour que ce manque à gagner annuel de 678 euros arrive à compenser le gain de 12 600 euros. Cette personne aura alors 81 ans, soit plus que son espérance (statistique) d’être encore en vie », prévient Rolland Nino, directeur adjoint de BDO France.