Dois-je racheter des trimestres de retraite ?

Dois-je racheter des trimestres de retraite ?

Les actifs souhaitant partir en retraite dès l’âge légal applicable à leur génération peuvent avoir intérêt à racheter des périodes durant lesquelles ils ont peu ou n’ont pas cotisé. On dit communément qu'ils rachètent des trimestres de retraite.

Un salarié qui n'a pas réuni le nombre de trimestres requis peut en racheter 12 au maximum. Cela lui évitera d'avoir une retraite minorée.

Les versements sont possibles :

  • pour les années d’études supérieures validées par un diplôme,
  • ou pour les années d’activité incomplètes pour lesquelles les revenus perçus n’ont pas permis de valider quatre trimestres.

Cette dernière possibilité ne concerne ni les fonctionnaires d’État, ni les agents territoriaux ou hospitaliers.

Les options du rachat de trimestres

[5]Pour le régime général et celui des indépendants, le rachat peut porter sur le seul taux (ce qui permet de partir sans décote ou avec une décote amoindrie) ou sur le taux et la durée d’assurance (ce qui permet, en plus, d’augmenter le nombre de trimestres requis pour le calcul de la pension).

La pension est dans ce cas plus complète mais le coût du rachat plus élevé aussi.

Le coût des rachats de trimestres dépend :

  • de la moyenne des revenus ­professionnels bruts des 3 années précédant la demande,
  • de l’option choisie,
  • et de l’âge.

Dans tous les cas, cette opération est coûteuse. Il vaut mieux en évaluer le retour sur investissement (simulations sur lassuranceretraite.fr pour les salariés ; sur simuretraite.finances.gouv.fr pour les fonctionnaires).

Jusqu’au 31 décembre 2018, le rachat de trimestres dans le régime de base efface automatiquement les minorations des retraites complémentaires.

Une procédure de rachat (4 trimestres maximum) à tarif préférentiel, et dans les 10 ans qui suivent la fin de leurs études, devrait bientôt être mise en place pour les jeunes.

Des facilités de paiement

Si le rachat porte sur 2 à 8 trimestres, l’échelonnement du paiement est possible sur 12 ou 36 mensualités. De 9 à 12 trimestres, l’étalement est possible sur 12, 36 ou 60 mensualités.

Dans tous les cas, les versements doivent être soldés avant le départ en retraite.

Ces sommes sont déductibles des salaires l’année au cours de laquelle elles sont payées, le déficit éventuel pouvant être reporté les 6 années suivantes.

 

LE CAS DE GEORGES : rachat ou pas ?

Georges, né en janvier  1954, souhaite partir en retraite en octobre  2015.

Il aura alors l’âge légal applicable à sa génération (61 ans et 7 mois), mais totalisera 159 trimestres au lieu des 165 du taux plein.

De fait, le taux de liquidation de sa retraite subira une décote de 0,625 % par trimestre manquant : il sera donc de 46,25 % (50 % − 6 × 0,625 %).

  • Le montant de sa retraite de base sera proratisé (159/165). Avec un salaire annuel moyen de 30 000 €, sa pension annuelle sera de 13 370 € brut (30000 € × 46,25 % × 159/165) au lieu de 15 000 € brut (taux plein et durée d’assurance requise).
     
  •  S’il rachète 6 trimestres manquants au titre du taux seul, sa pension sera de 14 454 € brut annuels (30 000 € × 50 % × 159/165), soit 1 084 € de plus par an. S’il rachète 6 trimestres manquants au titre du taux et de la durée d’assurance, sa pension sera de 15 000 € brut annuels (30 000 € × 50 % × 165/165).