Comment partir à 60 ans ?

Comment partir à 60 ans ?

Prendre sa retraite à 60 ans, c’est de nouveau possible pour celles et ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans. Mais ce n’est pas la seule condition !

Les personnes nées entre 1952 et 1955 qui envisagent de prendre leur retraite dès 60 ans (au lieu d’attendre d’avoir entre 60 ans et 9 mois et 62 ans) peuvent déposer un dossier à l’Assurance-retraite et auprès des régimes complémentaires Arrco et Agirc.

Si le décret publié cet été élargit considérablement le dispositif antérieur ­– il n’était auparavant ouvert qu’aux personnes ayant commencé à travailler avant 18 ans ­–, sa mise en application reste complexe.

Les candidats au départ doivent ­répondre à deux conditions de durée de cotisation :

  1. Avoir à leur actif le nombre de trimestres requis par leur classe d’âge, soit 164 pour les personnes nées en 1952, 165 pour les générations 1953 et 1954, 166 pour 1955 ;
     
  2. Et avoir engrangé 5 trimestres avant la fin de l’année civile de leur 20e anniversaire (4 si elles sont nées au cours du 4e trimestre).

Exemple : un assuré né le 1er juillet 1952 devra avoir cotisé 164 trimestres, dont 5 avant le 31 décembre 1972 (4 s’il est né après le 30 septembre).

Seulement les trimestres "cotisés"

Avoir commencé sa vie professionnelle tôt ne suffit pas pour partir avant l’heure.

Le dispositif, dit des « carrières longues », est basé sur les seuls trimestres « cotisés », contrairement à ce qui se passe pour les ­personnes qui attendent l’âge légal pour prendre leur retraite.

Pour celles-ci, l’Assurance-retraite ajoute des trimestres « assimilés ». Sont ainsi nommées les périodes d’arrêt pour maladie, accident ou maternité, de chômage, de service national dont les prestations n’ont pas donné lieu à cotisation. Ce n’est pas le cas pour les « carrières longues ».

Arrêts pour maladie, chômage, service national, naissances

Pour celles-ci, le nouveau dispositif prévoit néanmoins de prendre en compte des trimestres non cotisés dans certaines circonstances :

  • arrêt pour maladie (dans la limite de 4 ­trimestres) ;
  • chômage indemnisé (2 ­trimestres au maximum) ;
  • service national (4 trimestres) ;
  • naissance. Dans ce ­dernier cas, des trimestres sont ajoutés à raison d’un par enfant dans la limite de deux. Cependant, si la mère n’a pas utilisé de trimestres « additionnels » au titre de la ­maladie ou des accidents, elle peut accumuler jusqu’à 6 trimestres de « naissance » (si elle a eu 6 enfants).

Mais, et c’est là la limite du système, l’ajout des trimestres « additionnels » aux « ­cotisés » n’est possible que pour les années civiles au cours desquelles l’assuré n’a pas totalisé 4 trimestres.

C’est ce que déplore Emmanuel Grimaud, président de Maximis retraite, cabinet de conseils en optimisation et gestion de fin de carrière :

Ce geste est un peu un trompe-l’œil car, dans la plupart des cas, ces trimestres ne sont utiles qu’à une faible partie des assurés, ceux dont les salaires reçus pendant la partie de l’année civile où ils étaient en activité n’ont pas suffi à valider 4 ­trimestres.

Voyez nos deux profils

1er cas : Claudine prend sa retraite à 60 ans

Née en octobre 1953, elle commence à travailler en mai 1972 (elle a validé 3 trimestres). 165 trimestres sont requis et elle en acquit 164.

Après son accouchement en janvier 1980, Claudine a pris un congé parental et repris son travail en janvier 1981.
Comment s'effectue le décompte ? L’année de son congé parental est une année incomplète (elle ne totalise que 1 trimestre, celui de l’accouchement). Le nouveau dispositif lui permet d’ajouter 1 trimestre au titre de la naissance de son enfant. Résultat, elle va pouvoir partir en « carrière longue » à 60 ans.

L’éclairage de Victor Louzoun, expert conseil à la Cnav :

Les majorations de durée d’assurance pour enfant attribuées au titre d’un congé parental dans le cadre d’un départ à l’âge légal ne sont pas prises en compte pour un départ avant 60 ans. »

2ème cas : Richard attendra 9 mois avant de partir en retraite

Né en avril 1953, il commence à travailler en octobre 1972 (il a validé 3 trimestres) Il doit avoir acquis 165 trimestres et en a 161 à l'âge de 60 ans. Richard a été au chômage du 1er avril 2002 au 1er avril 2004, période entrecoupée de deux missions d’intérim en 2003 (2 mois puis 4 mois). Son décompte : En 2003, ses 6 mois d’intérim lui valident 4 trimestres. À partir de 2004, il recommence à valider 4 trimestres par an.

Il ne peut donc demander que 1 trimestre au titre du chômage pour 2002, seule année incomplète de son parcours. Résultat, à 60 ans, il lui manquera 3 trimestres. Il n’atteindra les conditions de la retraite anticipée qu’à la fin de 2014.

L’éclairage de  Gérard Rivière, président de la Cnav :

La cotisation vieillesse prélevée sur l’allocation-chômage ne finance pas le régime de base ; destinée aux régimes complémentaires de retraite, elle procure
des points de retraite Arrco et Agirc »