Apprentissage, chômage, congé parental, congé sabbatique : quel impact sur votre retraite ?

Apprentissage, chômage, congé parental, congé sabbatique : quel impact sur votre retraite ?
Les congés de maternité ou d’adoption donnent droit à la validation de trimestres assimilés pour le calcul de la durée d’assurance. - © Cookie Studio

Des événements sont susceptibles d’avoir un impact sur votre retraite. Le point sur les effets de l’apprentissage, du chômage et du congé de maternité.

APPRENTISSAGE

Retraite de base. Au regard de la faiblesse de leur rémunération (25 à 78 % du smic) qui, bien souvent, ne permettait pas aux apprentis de valider plus d’un trimestre par année travaillée, une réforme est entrée en vigueur le 1er janvier 2014.

« Désormais, les apprentis valident autant de trimestres de retraite que de trimestres d’apprentissage, souligne Émeric Pichon, responsable du service Liquidations de retraite chez Novelvy Retraite. Soit quatre trimestres pour un contrat courant du 1er janvier au 31 décembre de l’année. »

Ceux qui ont effectué des périodes d’apprentissage avant 2014 ont la possibilité de racheter les trimestres non validés à un tarif préférentiel.

Retraite complémentaire. L’apprenti du secteur privé est bien affilié à une caisse de retraite Arrco, voire à une caisse Agirc. Celui de la fonction publique dépend du régime complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques (Ircantec).

CHÔMAGE

Retraite de base. Comme les congés maladie, pour les salariés et les agents contractuels de la fonction publique involontairement privés d’emploi, les périodes de chômage indemnisé (allocation d’aide au retour à l’emploi, allocations de solidarité, allocations de préretraite, etc.) sont dites « assimilées » à des périodes d’assurance pour la retraite. Un trimestre retraite est validé tous les 50 jours de chômage indemnisé, dans la limite de 4 trimestres par an. Vous êtes en fin de droits et avez moins de 55 ans ? Une période de chômage non indemnisé qui dure jusqu’à un an permet également de valider 4 trimestres maximum.

Retraite complémentaire. « Les salariés indemnisés par Pôle emploi qui cotisaient à une caisse de retraite complémentaire avant la rupture de leur contrat de travail perçoivent des points de retraite complémentaire, précise Fanny Guillou-Marre, expert retraite des régimes Agirc et Arrco. Chaque jour indemnisé par Pôle emploi compte dans l’attribution des points Agirc-Arrco, calculée sur la base du salaire journalier de référence utilisé pour établir le montant de l’allocation chômage. »

CONGÉ DE MATERNITÉ ET ADOPTION

Retraite de base. Depuis 2014, en marge des trimestres pour majoration d’assurance dont l’attribution sera automatique, 90 jours d’indemnités journalières perçues pendant les congés maternité ou d’adoption donnent droit à la validation d’un trimestre assimilé pour le calcul de la durée d’assurance. Ces trimestres doivent être inscrits dès à présent dans le relevé de carrière. Depuis 2012, les indemnités journalières versées sont prises en compte, après majoration de 25 %, dans le calcul des 25 meilleures années. 1 000 euros d’indemnités comptent comme
 1 250 euros de salaire. Pour les fonctionnaires, aucune différence avec le service effectif. Les femmes cotisent normalement.


Retraite complémentaire. L’Agirc et l’Arrco attribuent des points, sans contrepartie de cotisations, sur la base des droits acquis l’année précédant l’accouchement ou l’adoption. L’Ircantec attribue des points gratuits sous certaines conditions.

CONGÉ MALADIE, ACCIDENT DU TRAVAIL

Retraite de base. Même s’ils ne cotisent pas pendant ces arrêts de travail pour raison de santé, les salariés du privé engrangent des trimestres assimilés, selon le principe de solidarité. Concrètement, 60 jours d’arrêt de travail, consécutifs ou non, donnent droit à un trimestre retraite. Mais les indemnités maladie perçues ne figurent pas dans le relevé de carrière. Elles ne sont pas non plus retenues dans la moyenne des 25 meilleures années. Pour leur part, les fonctionnaires cotisent à plein, même en cas de baisse de revenus sur des périodes de maladie.

Retraite complémentaire. « Il est possible d’obtenir des points Agirc et Arrco, sans contrepartie de cotisations, à condition de justifier d’une incapacité de travail de 60 jours consécutifs et de bénéficier d’indemnités journalières ou de pension d’invalidité de la Sécurité sociale », explique Fanny Guillou-Marre. Pour l’Ircantec, l’attribution de points gratuits peut intervenir dès 30 jours d’arrêt de travail.

CONGÉ PARENTAL

Retraite de base. La caisse du régime général (salariés du privé, notamment) accorde au choix soit 8 trimestres pour la naissance ou l’adoption de l’enfant, soit la durée correspondant au congé parental si cela est plus favorable. Mais les deux ne s’additionnent pas. À ce jour, les fonctionnaires sont plus chanceux : ils peuvent être gratifiés de 12 trimestres en cas d’interruption ou de réduction d’activité jusqu’aux 3 ans de chacun de leurs enfants.

Retraite complémentaire. Sauf disposition plus favorable prévue par accord d’entreprise, le congé parental, n’étant pas rémunéré, n’entraîne pas l’octroi de points.

CONGÉ SABBATIQUE
 OU DISPONIBILITÉ


Retraite de base. Il s’agit d’un congé sans solde. En l’absence de rétribution, salariés comme fonctionnaires ne cotisent
 à aucun régime de retraite. Résultat, un employé qui prendrait un congé d’une année, du 1er janvier au 31 décembre, perdrait 
4 trimestres de retraite. L’astuce pour les salariés du privé ? « Opter pour un congé sabbatique à cheval sur deux années », suggère Valérie Batigne, présidente de Sapiendo-Retraite. Les fonctionnaires, validant un trimestre avec 90 jours de service, ne peuvent pas 
recourir à ce stratagème !


Retraite complémentaire. Aucun point n’est accordé.