Retraites : les propositions des candidats à l’élection présidentielle

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© Dossier Familial

Les retraites vont probablement faire l’objet d’une réforme durant le prochain quinquennat. Voici les propositions que font sur ce thème les douze candidats à l’élection présidentielle des 10 et 24 avril, présentés ici dans l’ordre de la liste validée le 7 mars par le Conseil constitutionnel.

En vidéo : 3 min pour comprendre : les changements pour les retraites en 2022

 

Nathalie Arthaud

Pour la candidate du parti d’inspiration trotskiste Lutte ouvrière (LO), le départ à la retraite doit être possible dès 60 ans, rapporte BFMTV.

« Aucun salaire, aucune pension de retraite, aucune allocation en-dessous de 2 000 € ! Il faut imposer leur indexation sur le coût de la vie ! », est-il écrit sur le site Nathalie-arthaud.info.

Fabien Roussel

Le candidat du Parti communiste français (PCF) souhaite également le retour de la retraite à 60 ans, assorti d’une réduction de la durée d’assurance requise pour percevoir une retraite à taux plein à « trente-sept années et demi d’annuités ».

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« Nous voulons mettre en place une cotisation révolutionnaire – c’est le propre du Parti communiste français, vous me direz –, mais nous voulons faire cotiser les revenus financiers, les revenus du capital, ces revenus qui aujourd’hui sont à peine taxés », a détaillé Fabien Roussel le 10 juin sur CNews. Outre l’alourdissement de la taxation des revenus du capital, l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes doit permettre de financer la réforme des retraites souhaitée.

Emmanuel Macron

Le président de la République, qui a annoncé le 3 mars sa candidature à sa propre succession, « envisage désormais » un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 65 ans, a révélé le 9 mars Les Echos, s’appuyant sur « des sources concordantes et proches du dossier ».

Dans un discours télévisé prononcé le 9 novembre 2021, le chef de l’Etat avait dessiné les contours de la réforme qu’il projette pour son éventuel second quinquennat.

Il s’est dit favorable à un relèvement de « l’âge légal » de départ à la retraite, fixé sauf exceptions à 62 ans.

Emmanuel Macron est partisan de la fin des « régimes spéciaux », de l’harmonisation des « règles entre public et privé » et de la fixation d’un seuil minimal de pension de retraite de 1 000 € pour les personnes ayant accompli « une carrière complète ».

Pour « aller vers plus de liberté », les assurés doivent pouvoir « partir en retraite progressivement [...], accumuler des droits plus rapidement, pour celles et ceux qui le souhaitent » et « encourager le travail au-delà de l’âge légal, aussi, pour celles et ceux qui en ont envie », a estimé le président de la République.

De son point de vue « les conditions ne sont pas réunies pour relancer aujourd’hui » la réforme visant à créer un régime universel et qui prévoyait la création d’un âge d’équilibre, en deçà duquel un départ devait induire une baisse de la pension potentielle. L’examen de cette réforme au Parlement avait dû être suspendu en mars 2020.

Jean Lassalle

Le député, président du parti Résistons !, promet « établir l’âge de la retraite en fonction des annuités de cotisation, dès le plus jeune âge ». Il faut « garantir par la Constitution et au titre de la solidarité intergénérationnelle, le maintien absolu du pouvoir d’achat des retraités face à l’inflation », estime Jean Lassalle, rapporte BFMTV.

Marine Le Pen

La candidate du Rassemblement national (RN) a infléchi sa position sur la retraite à 60 ans. D’après son programme diffusé sur le site Mlafrance.fr, il faut donner le choix « à ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans pendant quarante annuités de prendre leur retraite à 60 ans ». Marine Le Pen indique rejeter « tout allongement de l’âge de départ à la retraite ».

Les autres mesures prévues par l’élue d’extrême droite en matière de retraites sont :

  • la réindexation des pensions sur l’inflation ;
  • la revalorisation de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa, ancien minimum vieillesse, au plus 906,81 € par mois actuellement) à 1 000 € par mois et la hausse des « petites retraites » ;
  • un retour de la demi-part fiscale au bénéfice des veuves et des veufs.

Eric Zemmour

Autre représentant de l’extrême droite, le polémiste qui brigue les suffrages pour la première fois, souhaite un relèvement de l’âge légal de départ, à 64 ans, ce qui doit représenter « 20 Md€ d’économies », selon lui.

Interrogé le 2 novembre par BFMTV sur le point de savoir s’il est favorable à des distinctions en fonction de la pénibilité, Eric Zemmour a répondu : « Vous avez raison, il faudra ajuster. »

L’écrivain a observé que « les gens de plus de 50 ans sont trop inactifs », soulignant la « grosse responsabilité » des « entreprises », qui « ont pris des mauvaises habitudes depuis vingt à trente ans, à virer les gens de plus de 50 ans parce qu’ils sont trop chers ».

Jean-Luc Mélenchon

Le candidat de La France insoumise promet le rétablissement du « droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour quarante annuités de cotisations ». 

Dans son programme « L’avenir en commun » diffusé sur Laec.fr, Jean-Luc Mélenchon propose d’autres mesures sur le thème des retraites : 

  • une revalorisation au moins au niveau du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic, 1 603,12 € brut au 1er janvier) de toutes les pensions ;
  • un relèvement de l’Aspa au niveau du seuil de pauvreté, qui se situe autour de 1 100 € par mois pour une personne seule ;
  • la prise en compte des périodes de perception du revenu de solidarité active (RSA) pour valider des trimestres en vue de la retraite ;
  • une augmentation de 0,25 point par an pendant le quinquennat du taux de cotisation vieillesse ;
  • une soumission à cotisation des revenus d’intéressement, de participation et d’épargne salariale, ainsi que des revenus financiers des entreprises ;
  • une indexation du montant des retraites sur les salaires ;
  • une interdiction du Fonds de réserve pour les retraites d’investir dans des secteurs polluants.

Nicolas Dupont-Aignan

Le candidat de Debout la France (DLF) propose un maintien de l’âge de départ à la retraite et la durée d’assurance requise pour percevoir une pension de retraite à taux plein.

« Le système sera financé par l’augmentation du nombre de cotisants, nous mènerons une politique volontaire destinée à créer 2 millions d’emplois et nous renforcerons la politique familiale afin d’assurer notre dynamisme démographique. En outre, nous récupérerons les cotisations des travailleurs détachés dont ne nous bénéficions pas à l’heure actuelle », est-il écrit sur le site de campagne de Nicolas Dupont-Aignan, 2022nda.fr.

Le député de l’Essonne souhaite que les parents de trois enfants et plus « ayant élevé leurs enfants » jusqu’à la « majorité » de ces derniers puissent « partir à la retraite de manière anticipée selon un système à la carte », dans un objectif de « justice » et « soutien de la natalité ».

Anne Hidalgo

La candidate du Parti socialiste (PS) promet un plafonnement de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans.

« Je m’attellerai à revaloriser les petites retraites, en portant les montants nets du minimum vieillesse à 1 000 € et du minimum contributif à 1 200 €, et en permettant que chaque heure travaillée ouvre à cotisation pour la retraite », est-il écrit dans le programme d’Anne Hidalgo, mis en ligne sur son site de campagne 2022avechidalgo.fr.

Quatre critères de pénibilité supprimés durant le quinquennat d’Emmanuel Macron seront rétablis, soit « la manutention de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et l’exposition aux agents chimiques », est-il précisé. Ces critères « seront mesurés selon des modalités simples définies par les branches professionnelles ».

« L’augmentation généralisée des salaires, le maintien dans l’emploi des 55-62 ans, la lutte implacable contre la fraude et l’optimisation fiscale, qui privent les régimes sociaux de ressources précieuses, apporteront les ressources nécessaires » permettant de financer ces différentes mesures.

Anne Hidalgo affirme vouloir une poursuite de « la revalorisation équitable des retraités agricoles ».

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    Yannick Jadot

    Le candidat d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) promet de ne pas porter un report de « l’âge légal de départ à la retraite »

    « Nous permettrons au contraire à toutes celles et ceux qui ont exercé des métiers pénibles de partir plus tôt à la retraite, car rien n’est plus injuste que les inégalités d’espérance de vie en bonne santé entre les différentes catégories socio-professionnelles », est-il indiqué dans le programme que nous a transmis son équipe de campagne.

    « Aucune personne âgée ne vivra sous le seuil de pauvreté », promet le député européen.

    « Nous rétablirons et simplifierons le Compte personnel de prévention de la pénibilité et ses droits associés (droits à la formation payée pour se reconvertir, à un passage à temps partiel sans perte de salaire, et à un départ anticipé en retraite) », explique Yannick Jadot.

    Valérie Pécresse

    La candidate du parti Les Républicains (lr) reprend le credo traditionnel de la droite suivant lequel « il faudra travailler plus longtemps » car « on va vivre plus longtemps ». Valérie Pécresse envisage un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite « jusqu’à 65 ans très progressivement, évidemment pas pour les Français qui sont usés par leur travail », a-t-elle expliqué le 3 janvier 2022 au micro de RTL.

    Dans le cadre de cette « réforme des retraites » qui sera mise sur les rails « dès le printemps 2022 », le seuil de « l’âge légal de départ à la retraite » augmentera « jusqu’à 65 ans à l’horizon 2030 », indique son programme, publié sur son site de campagne, Valeriepecresse.fr.

    La candidate de droite souhaite par ailleurs une revalorisation du « minimum contributif à hauteur du Smic net, c’est-à-dire 1 230 € aujourd’hui. C’est un Smic que je veux par ailleurs augmenter », a-t-elle précisé sur RTL.

    Le minimum contributif désigne le montant minimal de votre pension si vous avez droit à une retraite à taux plein du régime général de la Sécurité sociale. D’après le site officiel Service public, il s’élève à :

    • 7 831,24 € par an, soit 652,60 € par mois, si vous justifiez de moins de 120 trimestres cotisés au régime général ;
    • 8 557,38 € par an, soit 713,11 € par mois, si vous justifiez de plus de 120 trimestres cotisés au régime général.

    Les « pensions de tous ces conjoints collaborateurs d’artisans, de commerçants et d’agriculteurs qui ont tant contribué à l’activité familiale » doivent bénéficier d’une revalorisation. Par ailleurs, « les pensions de réversion des conjoints survivants, lorsque ceux-ci n’ont pas acquis de droit personnel à pension », vont augmenter de 39 %.

    Enfin, pour accroître « de 10 % les salaires nets jusqu’à 2,2 Smic (3 500 €) », Valérie Pécresse propose un transfert progressif des « cotisations vieillesse » salariales « aux entreprises », une partie devant être prise en charge par l’Etat.

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    Philippe Poutou

    Le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), formation d’inspiration trotskiste, souhaite le retour de l’âge minimal de la retraite à 60 ans, le seuil devant être fixé à 55 ans pour les emplois pénibles, rapporte BFMTV.

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