Impôts 2021 : les moyens disponibles pour diminuer le montant de votre imposition

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© fizkes

Les contribuables ont la possibilité d’actionner deux leviers pour diminuer le montant de leur imposition : le prélèvement à la source et la déclaration de revenus.

En vidéo : Comment réduire ses impôts en 2022 ?

Ajuster son prélèvement à la source

Grâce à votre déclaration de revenus de mai prochain, le fisc sera en mesure de calculer votre nouveau taux de prélèvement. Il s’appliquera à compter de septembre 2021. Mais ce taux réactualisé d’après vos revenus et vos charges de 2020 ne tiendra pas compte de la diminution de vos revenus, à laquelle vous êtes peut-être confronté en ce début d’année 2021. Si vous ne prenez pas les devants, ce n’est qu’à partir de septembre 2022 (et non 2021) que le taux de votre prélèvement sera en phase avec cette baisse.

Pour que votre taux s’adapte plus rapidement à votre nouvelle situation, il faut en formuler la demande, dans votre espace personnel sur Impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » puis « Actualiser suite à une hausse ou à une baisse de vos revenus ». Si vous entreprenez cette démarche en début d’année, vous devrez indiquer le montant de vos revenus de 2020 ainsi que le montant prévisionnel de ceux de 2021.

Si la baisse de vos revenus conduit à diminuer le taux de votre prélèvement de plus de 10 %, un nouveau taux sera calculé et transmis aux tiers collecteurs de l’impôt (employeur, Pôle emploi...).

Si vous faites votre demande avant le 22 d’un mois et que vous avez des revenus soumis au régime de l’acompte, vos acomptes seront modifiés dès le mois suivant, voire stoppés si vous avez déjà payé plus qu’il ne faut.

Si vous êtes indépendant, fonctionnaire, chercheur, écrivain, artiste, agent d’assurances, vous pouvez en outre demander le report d’un ou de plusieurs acomptes relatifs à vos revenus professionnels, dans la rubrique « Gérer vos acomptes ». En cas d’acomptes trimestriels, vous pouvez reporter une échéance sur la suivante, à l’exception de celle du 15 novembre. Si vos acomptes sont mensuels, vous pouvez demander le report d’une mensualité sur la suivante, dans la limite de trois mensualités (éventuellement trois fois de suite), à l’exception de la mensualité de décembre.

Actualisation obligatoire

Vous ne pouvez pas demander à diminuer uniquement le montant de vos acomptes. Cela passe obligatoirement par une actualisation du taux de prélèvement qui se répercutera sur le montant de vos acomptes.

Optimiser sa déclaration de revenus

En mai prochain, le moment sera venu de remplir votre déclaration de revenus, d’y mentionner toutes les dépenses et d’y cocher les cases adaptées à votre situation.

Rattacher ou pas un enfant majeur célibataire

Si votre enfant est majeur, vous pouvez le compter à votre charge jusqu’à l’année de ses 21 ans ou de ses 25 ans s’il est étudiant. Peu importe qu’il vive encore chez vous et que vous soyez en mesure de justifier de la réalité de votre soutien financier. Ce rattachement vous permet de bénéficier du même nombre de parts que celui que vous aviez lorsqu’il était mineur. Mais au-delà d’un certain niveau de revenus – qui dépend de votre situation familiale et du nombre d’enfants à charge –, l’économie d’impôt apportée par ce rattachement est plafonnée. Elle ne peut pas dépasser 1 570 euros par enfant pour les deux premiers à charge et 3 140 euros à partir du troisième pour les couples mariés ou pacsés et pour les personnes vivant en concubinage. Pour les parents qui élèvent seuls leurs enfants, ce gain est plafonné 3 704 euros pour le premier enfant à charge.

Si vous ne rattachez pas votre enfant, vous pouvez déduire l’aide que vous lui avez apportée, même s’il a dépassé l’âge pour être rattaché, dès lors qu’il n’est pas en mesure de subvenir seul à ses besoins. Cette déduction est plafonnée à 5 959 euros pour les revenus de 2020. Même si vous n’avez aucun justificatif à fournir au moment de votre déclaration, vous devez être en mesure de les présenter au service des impôts s’il vous les réclame. Seule exception à cette règle : si votre enfant a habité chez vous toute l’année, vous pouvez déduire une somme forfaitaire de 3 542 euros pour couvrir vos frais de logement et de nourriture. Quant aux autres dépenses, elles restent déductibles pour leur montant réel et justifié mais dans la limite de 2 417 euros (5 959 - 3 542).

L’économie apportée par la déduction d’une pension alimentaire dépend de votre taux marginal d’imposition (le taux le plus élevé auquel vos revenus sont taxés). Dès lors que vous atteignez le taux de 30 % et pouvez justifier d’une pension au moins égale à 5 959 euros (le maximum déductible), le gain lié à cette déduction est plus important que l’économie liée au rattachement, sauf pour les enfants qui comptent pour une part entière de quotient familial : les enfants de « rang 3 » et plus et les premiers enfants des parents isolés. Mais attention, vous devrez aussi tenir compte des autres bénéfices liés au rattachement (réduction d’impôt pour frais de scolarité, majoration des dépenses prises en compte pour certains avantages...) qui peuvent faire pencher la balance en faveur du rattachement. D’où l’intérêt de faire des simulations.

En vidéo : Comment modifier sa déclaration de revenus ?

Cocher la case T « Parent isolé » ou la case L selon votre situation

Si vous élevez seul vos enfants, votre « premier » enfant à charge vous permet de bénéficier d’une part entière au lieu d’une demi. Seule condition : ne pas être en couple au 1er janvier 2020. Peu importe que vous ayez vécu en concubinage le reste de l’année. Vous pouvez également bénéficier de cette part entière si vous avez divorcé ou si vous vous êtes séparé en 2020, et si vous viviez seul(e) avec vos enfants au 31 décembre. Pour cela, cochez la case T « parent isolé », même si vous étiez déjà dans cette situation en 2019, afin de bénéficier d’un avantage fiscal plafonné à 3 704 euros pour ce « premier » enfant à charge.

Si vous n’avez plus d’enfant à charge, vous pouvez également bénéficier d’une demi-part supplémentaire si vous avez élevé seul(e) au moins un enfant pendant au moins 5 ans. Là encore, il ne faut pas avoir été en couple au 1er janvier 2020. Peu importe que vos enfants majeurs vivent encore sous votre toit, et rien ne vous empêche de déduire une pension alimentaire si vous les aidez financièrement. En clair, vous pouvez cumuler le bénéfice d’une part entière avec la déduction d’une pension alimentaire. Si vous étiez déjà dans cette situation en 2019, la case L est en principe précochée. À défaut, n’oubliez pas de la cocher. À la clé, un avantage fiscal de 938 euros maximum.

Déduire les pensions alimentaires versées

Si vous avez pris en charge certaines dépenses d’un proche dans le besoin, payé les frais d’hébergement d’un parent en Ehpad, vous pouvez déduire ce geste de votre revenu imposable, au même titre qu’une pension versée en espèces. Cette déduction n’est toutefois possible que s’il s’agit d’un ascendant envers lequel vous avez une obligation alimentaire : un parent, un grand-parent...

Vous ne pouvez pas déduire les sommes versées à un frère ou à une sœur, à un oncle ou à une tante... En outre, pour que l’aide soit déductible, il faut que votre parent soit incapable de s’assumer seul. Le montant déductible n’est pas plafonné. Mais l’aide apportée doit être compatible avec vos revenus et vos charges et proportionnée aux besoins de votre ascendant. Comme pour l’aide apportée à un enfant majeur, vous devez pouvoir prouver la réalité de vos dépenses, au cas où le service des impôts vous réclamerait des justificatifs. Toutefois, si vous avez hébergé un ascendant sans ressources ou qui a plus de 75 ans et des revenus qui ne dépassent pas 10 838,40 euros (16 826,64 euros s’il s’agit d’un couple), vous pouvez déduire un forfait de 3 542 euros sans justificatifs pour couvrir la nourriture et l’hébergement (les autres dépenses restent déductibles pour leur montant justifié).

Déclarez vos dons Covid !

Les dons consentis en faveur des organismes qui fournissent gratuitement des repas ou des soins à des personnes démunies ou contribuent à favoriser leur logement bénéficient d’une réduction d’impôt sur le revenu égale à 75 % des sommes versées. Ces sommes sont retenues dans la limite d’un plafond qui a été porté de 552 à 1 000 euros pour les dons effectués en 2020, en raison de la crise sanitaire.

Mentionner les dépenses d’accueil dans un établissement pour personnes dépendantes

Si un membre du foyer fiscal est hébergé dans un Ehpad, vous avez le droit à une réduction d’impôt égale à 25 % des frais engagés, après déduction éventuelle de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Ces dépenses sont retenues dans la limite de 10 000 euros par an. Soit une réduction maximum de 2 500 euros par an, voire de 5 000 euros pour un couple lorsque les deux époux ou partenaires de pacs sont hébergés en Ehpad. Le montant des dépenses doit être reporté cadre 7 ligne CD et 7 CE.

Les malades d'Alzheimer

Les personnes atteintes d’Alzheimer qui sont accueillies dans des établissements de jour, même une demi-journée par semaine, peuvent bénéficier de la réduction d’impôt, y compris pour leur frais de transport domicile/ établissement de jour.

Inscrire les frais de garde d’enfant à son domicile et/ou à l’extérieur

Si vous avez fait garder votre enfant de moins de 6 ans au 1er janvier 2020 chez une assistante maternelle agréée, dans une crèche, une halte-garderie, une garderie ou un centre de loisirs, vous avez droit à un crédit d’impôt. Il est égal à la moitié de vos dépenses (salaires + charges sociales + indemnité d’entretien de 2,65 euros par jour) après déduction des aides perçues : complément de libre choix du mode de garde, part du Cesu préfinancé par votre comité social et économique (CSE, ex-comité d’entreprise) ou votre employeur. Ces dépenses sont retenues dans la limite annuelle de 2 300 euros par enfant (1 150 euros pour les enfants en garde alternée ou à la charge de leurs deux parents concubins).

Si vous avez fait garder vos enfants chez vous, vos dépenses vous ouvrent droit au crédit d’impôt pour emploi d’un salarié à domicile. Cet avantage s’applique quel que soit l’âge de votre enfant, et vous pouvez en profiter même si vous bénéficiez aussi du crédit d’impôt pour frais de garde des enfants à l’extérieur du domicile.

Déclarer ses enfants scolarisés

Une réduction d’impôt est accordée pour chacun de vos enfants scolarisés dans le secondaire ou le supérieur, y compris pour les enfants majeurs rattachés à votre foyer fiscal : 61 euros pour un collégien, 153 euros pour un lycéen et 183 euros pour un enfant inscrit dans le supérieur (la moitié de ces montants pour les enfants en garde alternée ou à la charge de leurs deux parents concubins). Vous n’avez pas à faire état de frais quelconques. Il suffit d’indiquer le nombre d’enfants scolarisés.

Opter pour les frais réels plutôt que pour la réduction de 10 %

Si vous êtes salarié, vos frais professionnels sont automatiquement pris en compte par le biais d’une déduction forfaitaire de 10 %, avec un minimum de 442 euros et un maximum de 12 652 euros. Mais, si vous y avez intérêt, vous pouvez déduire vos frais pour leur montant réel. Ce qui suppose d’avoir conservé les justificatifs de vos dépenses. Cette option est annuelle ; rien ne vous empêche de revenir à la déduction forfaitaire l’année prochaine.

La déduction des frais réels est avantageuse si vos frais ont représenté plus de 10 % de votre salaire, indemnités pour frais professionnels comprises. Moins votre salaire est élevé, et plus il est facile de justifier de frais dépassant cette limite, surtout si vous avez dû déménager en 2020 pour occuper un nouvel emploi (frais de déménagement), si vous travaillez loin de chez vous (frais de déplacement et/ou de double résidence) ou, au contraire, si vous avez travaillé chez vous, au moins une partie du temps, et que votre employeur n’a pas mis de bureau à votre disposition (enseignant, praticien hospitalier, VRP multicartes...). L’option pour les frais réels se fait lors de la déclaration de revenus dans la case appropriée (1 AK, 1 BK...) en indiquant le montant global de vos frais professionnels, accompagné d’une liste détaillée de ces derniers (nature, montant).

Refuser la « flat tax » pour ses dividendes et ses revenus bancaires

Lors de leur versement, vos dividendes et les revenus de votre épargne ont été soumis d’office à la « flat tax » de 12,8 % (+ 17,2 % de prélèvement sociaux). Ce prélèvement n’est pas définitif. Vous pouvez y renoncer afin que vos revenus soient taxés au barème progressif. Attention, cette option est globale et concerne tous les revenus de vos placements ainsi que les plus-values de cession de titres qui n’ont pas encore été soumises au prélèvement. Si vous prenez cette option, une fraction de la CSG payée en 2020 (6,8 %) viendra en déduction de votre revenu imposable de 2020 et vos dividendes seront imposés après un abattement de 40 %.

En cas de vente de parts ou d’actions acquises avant le 1er janvier 2018, le choix de l’imposition selon le barème vous permet de bénéficier, pour le calcul de la plus-value imposable, d’un abattement avantageux de 65 %, voire de 85 % selon les cas. Si vous n’atteignez pas la tranche à 30 %, vous avez intérêt à renoncer à la « flat tax ». Vous serez ainsi imposé à un taux plus faible. Inversement, la « flat tax » est plus avantageuse si vous êtes dans la tranche à 30 % ou au-delà, à moins que vous puissiez prétendre à l’abattement de 85 % (voire de 65 % dans certains cas) pour le calcul des plus-values de cession de titres. L’option s’active en cochant la case 2 OP. Quoi qu’il en soit, si vous n’optez pas pour le barème alors que vous y auriez intérêt, un message en fin de déclaration vous invitera à modifier cette dernière.

Pensez-y !

En cas d'option pour le barème, vous pouvez déduire vos frais de garde de titres, y compris ceux supportés sur un PEA (indiquez leur montant en ligne 2 CA). Ces frais ne sont pas déductibles si vous restez à la « flat tax ».

Choisir le régime réel en cas de revenus locatifs

Si le montant des loyers encaissés n’a pas dépassé 15 000 euros, vous relevez automatiquement du régime microfoncier. Mais vous pouvez y renoncer afin de déduire vos charges pour leur montant réel. Ce qui est avantageux si ces dernières représentent plus de 30 % de vos loyers. Si elles ont dépassé le montant de vos loyers, vous constaterez un déficit foncier. Ce déficit vient en diminution sur votre revenu imposable dans la limite de 10 700 euros par an. Le reliquat est imputable sur vos revenus fonciers des dix années suivantes. L’option est valable pour trois ans et concerne tous les biens que vous avez donnés en location l’année dernière. Il suffit de remplir la déclaration de revenus fonciers (n° 2044) sur laquelle vous indiquerez tous vos loyers et toutes vos charges.

Un avantage en cas de transfert d'une assurance-vie vers un PER

Si vous avez réinvesti avant le 31 décembre 2020 les sommes retirées d’un contrat d’assurance-vie de plus de 8 ans dans un plan d’épargne retraite (PER), vos gains sont exonérés d’impôt à hauteur de 4 600 euros (pour un célibataire) ou de 9 200 euros (pour un couple marié ou pacsé) dès lors que vous étiez à plus de 5 ans de l’âge de la retraite. Pour bénéficier de cet avantage, il faut corriger les montants indiqués en ligne 2 CH ou 2 DH pour les porter respectivement sur la ligne 2 RB ou 2 RA.

 

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