Prélèvement à la source et retraite

Toutes les caisses de retraite effectueront directement le prélèvement sur les pensions, à compter de janvier, en appliquant le taux communiqué par le fisc. Ce qui ne modifie en rien les modalités de calcul de l’impôt.
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Si vous étiez déjà retraité en 2017, et si le niveau de vos pensions n’a pas varié, votre montant d’impôt sera stable.
Si vous étiez déjà retraité en 2017, et si le niveau de vos pensions n’a pas varié, votre montant d’impôt sera stable.

Avec le prélèvement à la source, le montant de mes pensions va-t-il diminuer ?


Oui, mais uniquement si vous êtes imposable. Les virements que les différentes caisses de retraite (de base et complémentaires) effectueront sur votre compte bancaire dès janvier 2019 seront effectivement moins élevés que ceux que vous avez perçus jusqu’à présent. Chaque caisse de retraite va en effet appliquer le taux de prélèvement que l’administration fiscale lui a communiqué en fonction des revenus 2017 que vous avez déclarés au printemps 2018. Ce taux sera soit celui de votre foyer fiscal, soit un taux individualisé si vous êtes marié ou pacsé et que vous avez spécifiquement choisi cette option. Dans cette seconde hypothèse, le taux différencié prend respectivement en compte les revenus de chacun des conjoints, ainsi que la moitié des revenus communs (par exemple, les revenus fonciers).

Si vous étiez déjà retraité en 2017, et si le niveau de vos pensions n’a pas varié, votre montant d’impôt sera stable et le paiement étalé sur 12 mois (au lieu d’un paiement par tiers ou sur 10 mois, comme cela est encore le cas actuellement).

A lire aussi : Prélèvement à la source : quel impact sur votre impôt si vous prenez votre retraite en 2019 ?

Et si je ne suis pas imposable ?

Si vous n’avez pas payé d’impôt au titre de vos pensions 2017 et si vos revenus n’ont pas varié depuis, la mise en place du prélèvement à la source ne change rien. Même chose si vous avez plus de 65 ans et percevez l’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées), puisque cette aide est exonérée d’impôt.

Je serai retraité début 2019. Ma pension sera inférieure à mon salaire actuel. Serai-je pénalisé ?

Dans un premier temps, les caisses de retraite vont appliquer à vos pensions le taux déterminé par vos anciens revenus.
 Cette base d’imposition étant inférieure à vos salaires précédents, vous aurez moins d’impôt à acquitter. Si, par exemple, votre salaire net imposable était de 2 800 euros par mois avec un taux de prélèvement de 10 % correspondant à un célibataire avec une part, sans autres revenus ni charges, et que vos pensions s’élèvent à 2 000 euros par mois, vous serez automatiquement prélevé de 200 euros au lieu de 280 euros si vous étiez toujours salarié. Vous avez intérêt à signaler rapidement votre changement de situation à l’administration fiscale pour qu’elle module votre taux d’imposition à la baisse.

À défaut, vous ferez une petite avance de trésorerie à l’État, car l’ajustement du taux en fonction de vos pensions ne se fera qu’en septembre 2020, une fois vos revenus 2019 déclarés. Dans cet exemple, le taux passera de 10 % à 6,9 %, soit 138 euros d’impôt par mois au lieu de 200 euros.

J’ai perçu une indemnité
 de départ en retraite en 2018. Sera-t-elle imposable avec l’année blanche ?


En cette année de transition, l’impôt sur les revenus courants de 2018 (salaires, pensions de retraite, etc.) disparaît grâce au crédit d’impôt exceptionnel de modernisation du recouvrement (CIMR). Mais pas celui sur les revenus « exceptionnels », comme une indemnité de départ en retraite, quel qu’en soit le montant. Vous devrez identifier spécifiquement cette indemnité dans votre déclaration de revenus de mai-juin 2019.
 Le cas échéant, vous pourrez bénéficier du dispositif du quotient ou de l’étalement
 sur 4 ans, afin de limiter la progressivité de l’impôt.

« L’administration fiscale accompagnera les contribuables concernés pour qu’ils puissent remplir sans difficultés leur déclaration de revenus au printemps 2019 », souligne Stéphane Couderc, administrateur des finances publiques auprès de la direction générale des finances publiques.

A lire aussi : Retraite : quel sera le montant de votre indemnité de départ ?

Faut-il payer ses rachats de trimestres de retraite en 2018 
ou attendre 2019 ?


Le rachat de trimestres de retraite est une opération coûteuse qui nécessite d’être calibrée en amont et au plus près. Elle n’en est pas moins intéressante pour deux raisons : elle permet d’améliorer le montant de ses futures pensions de retraite et elle est intégralement déductible du revenu imposable, hors plafonnement des niches fiscales. Seulement, avec l’année de transition, cette déductibilité est mise à mal, sauf à avoir perçu des revenus exceptionnels. Pour préserver l’avantage fiscal, la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) a récemment admis que les rachats qui devaient normalement être effectués en 2018 pourront être payés jusqu’à fin mars 2019. Cette disposition avantageuse ne vaut toutefois que si vous avez l’intention de liquider vos pensions de retraite à compter de 2019.

J’ai perçu une prime de départ en retraite il y a 2 ans. J’avais alors opté pour l’étalement de l’impôt sur 4 ans. Comment va s’appliquer le prélèvement ?


Le prélèvement à la source ne modifie pas l’étalement qui sera pratiqué sur les
 2 années d’imposition restantes. Si cet étalement était déjà effectif au titre de
 vos revenus 2017, le taux de prélèvement qui vous sera appliqué dès janvier 2019 l’intégrera d’office.

Je suis indépendant et je vais cesser mon activité. Comment cela va-t-il fonctionner ?


Si vous arrêtez de travailler courant 2018, vous n’aurez pas d’impôt à payer sur les revenus perçus en 2018. N’en profitez pas pour les rehausser ! L’effacement de l’impôt ne fonctionne que jusqu’à hauteur du bénéfice le plus élevé ayant été déclaré au cours des trois années précédentes.

Si vous cessez votre activité en 2019 et n’avez plus aucun revenu, vous pourrez suspendre les prélèvements correspondants en vous rendant sur Impots.gouv.fr.

Cas pratique

Paulette, veuve, 89 ans, vit en Ehpad depuis 2 ans. Elle dispose de 2 960 euros de ressources mensuelles (pension de droit direct et pension de réversion de son mari décédé).

Les dépenses supportées au titre de la dépendance et de l’hébergement ouvrent droit à une réduction d’impôt de 25 % des sommes versées, dans la limite de 10 000 euros par an.

En 2017, elle a déboursé 7 500 euros 
de frais directement liés à la prise 
en charge de sa dépendance, déduction faite de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) : avec la réduction d’impôt de 1 875 euros (7 500 € × 25 %), son impôt sur le revenu a été ramené à 2 009 euros au lieu de 3 884 euros.

En 2018, ses frais de séjour, de 7 500 euros également, lui ouvriront droit à la même réduction d’impôt. Cet avantage fiscal 
lui sera reversé par virement bancaire en deux temps : 60 % (1 125 €) sous forme d’un acompte le 15 janvier, et le solde (750 €) en septembre 2019.

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df
Roselyne Poznanski
Publié le

Immobilier, droit du travail, retraite...

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