Payer moins d'impôt en 2020

Selon votre situation personnelle et la composition de votre famille, la solution est de faire des calculs pour comparer l’impôt à payer en fonction des différents choix possibles. Un simulateur d’impôt est disponible sur Impots.gouv.fr.

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La situation familiale et les impôts
© Istock / yulkapopkova

Vous venez de vous marier ou de vous pacser

- Vous faites une déclaration commune

L’année de votre mariage ou de votre pacs, vous et votre conjoint devez normalement faire une déclaration de revenus commune en vous connectant sur le site de l’administration avec l’un de vos deux numéros fiscaux. « Cette solution a peu d’incidence sur le montant de l’impôt si vos revenus sont assez similaires. À l’inverse, elle est souvent plus avantageuse que des déclarations séparées si l’un de vous gagne beaucoup plus que l’autre », précise Aïda Kammoun, avocate fiscaliste à Paris.

- Vous remplissez deux déclarations séparées

Il est possible d’établir, pour une dernière fois encore, deux déclarations séparées (cochez la case prévue à cet effet dans vos déclarations respectives). Cette solution peut être plus intéressante si l’un de vous deux a de faibles revenus et a droit à la décote ou si rattacher les enfants au plus aisé des deux permet de mieux profiter du quotient familial. « Avec deux déclarations séparées, vous profitez aussi deux fois du plafond des niches fiscales à 10 000 euros, contre une seule fois avec la déclaration commune », détaille Céline Roux, consultante chez Fidroit. 

Vous vivez en concubinage et vous avez des enfants communs

Vous pouvez mettre tous les enfants sur la déclaration de l’un de vous deux ou vous les répartir, l’objectif étant bien sûr de profiter au mieux des parts qu’ils vous procurent. Chacun des deux premiers enfants donne droit à une demi-part, et chacun des suivants à une part entière. Vous êtes libre de changer d’option chaque année.

- Option 1 : prendre à votre charge tous vos enfants

Si vous avez un seul enfant, il est souvent préférable de le mettre à la charge du parent qui a les revenus les plus élevés, saf si le rattacher à celui qui a les revenus les plus modestes permet de profiter d’une décote qui réduirait encore plus significativement l’impôt sur le revenu.

Attention si vous avez trois enfants (ou plus) : ceux-ci doivent être réunis sur la même déclaration pour que le troisième (et les suivants) compte pour une part entière. Si vous en prenez deux à votre charge et votre concubin le troisième, vous n’aurez droit au total, grâce aux enfants, qu’à une part et demi (deux demi-parts pour vous, une demi-part pour le concubin) au lieu de deux parts.

Mais parfois, même le plus aisé de vous n’a pas des revenus suffisants pour que l’économie d’impôt procurée par la dernière part soit significative. Dans ce cas, mieux vaut partager.

- Option 2 : répartir la charge de vos enfants entre vous

Si vous avez deux enfants au moins, vous avez le droit d’en prendre chacun un à charge. Vous pourrez ainsi profiter l’un et l’autre du crédit d’impôt pour frais de garde des enfants de moins de six ans, « à condition d’avoir chacun un justificatif à votre nom », relève Céline Roux.

Vous avez un seul enfant
Longtemps, les concubins n’ont pas eu le droit d’en partager la charge, à la différence des couples divorcés ou séparés, en cas de garde alternée. Suite d’un arrêt du Conseil d’État de décembre 2017, l’administration a assoupli sa position ; si aucun des deux parents concubins n’a seul la charge principale de l’enfant, les deux peuvent se partager la demi-part et les avantages fiscaux liés à l’enfant. Chacun d’eux bénéficie du crédit d’impôt pour frais de garde des jeunes enfants pour un montant égal à la moitié des sommes versées, dans la limite de la moitié du plafond. « Une solution appréciable lorsque vos revenus respectifs ne vous permettent pas de profiter de la demi-part de l’enfant jusqu’au plafond », explique Aïda Kammoun.

Votre enfant a eu 18 ans en 2019

- Vous pouvez le compter comme un enfant mineur une partie de l’année

Vous bénéficiez ainsi de sa demi-part – ou même d’une part si, grâce à lui, vous avez trois enfants ou plus à charge – pour toute l’année. Vous devrez déclarer les revenus qu’il a encaissés entre le 1er janvier et sa majorité, mais il déclarera de son côté ceux perçus entre sa majorité et le 31 décembre. « Cette solution est intéressante s’ils sont importants, car vous profiterez de sa demi-part sans ajouter à votre revenu imposable la totalité de ses revenus », relève Céline Roux. En revanche, une pension alimentaire versée après sa majorité ne sera pas déductible de vos revenus.

- Rattacher votre enfant à votre foyer fiscal

Vous conservez la demi-part ou la part qu’il représente et la réduction d’impôt pour frais de scolarité. Mais, cette fois, il n’a pas à faire sa propre déclaration. Vous devez donc déclarer les éventuels revenus qu’il a perçus – s’ils sont imposables –, même après sa majorité. Ce qui n’est pas pénalisant s’il en a très peu reçu ou s’ils sont exonérés. Si vous êtes divorcé, seul le parent qui comptait déjà à charge l’enfant mineur peut le rattacher l’année des 18 ans.

- Détacher votre enfant du foyer fiscal

L’enfant fait dans ce cas sa propre déclaration de revenus pour tout ce qu’il a perçu en 2019. Vous n’avez plus droit à la demi-part ou à la part dont il vous faisait profiter. En contrepartie, vous pouvez déduire une pension alimentaire, ce qui est souvent plus avantageux. Cette option est donc surtout retenue par des parents qui souhaitent déduire une telle pension ou lorsque l’enfant a déjà des revenus car il a, par exemple, hérité d’un patrimoine important.

- Verser une pension alimentaire à un enfant peut être plus rentable que le rattacher

Si l’enfant majeur fait sa propre déclaration de revenus (il n’est donc plus rattaché à votre foyer fiscal) mais a de trop faibles revenus pour vivre, vous pouvez lui verser une pension alimentaire (qu’il vive ou non chez vous) déductible de vos revenus, dans la limite de 5 947 euros pour 2019. « L’économie d’impôt obtenue est d’autant plus forte que vous êtes taxé dans une tranche élevée du barème de l’impôt. Si vous êtes imposé dans la tranche à 30 %, le gain peut être supérieur à celui d’une demi-part de quotient familial, qui est plafonné à 1 567 euros sauf pour les parents vivant seuls », rappelle Aïda Kammoun, avocate fiscaliste. S’il habite chez vous, vous pouvez déduire des frais d’hébergement (sans justificatif) et de nourriture à hauteur de 3 535 euros en 2019, puis ajouter d’autres frais, comme ceux de scolarité ou une somme virée sur son compte, pour atteindre les 5 947 euros autorisés. De son côté, votre enfant doit déclarer cette pension qu’il reçoit et qui est imposable après un abattement de 10 %. Mais s’il n’a pas d’autre revenu, elle sera trop faible pour qu’il soit imposable.

Votre enfant majeur est célibataire

Les enfants âgés de 18 ans au moins au 1er janvier 2019 doivent, en principe, remplir leur propre déclaration. S’ils n’ont pas de revenus, vous pouvez déduire des vôtres la pension alimentaire que vous versez éventuellement. Mais, jusqu’à 21 ans (25 ans, s’ils suivent des études supérieures), il est permis de les rattacher à votre foyer fiscal. Ainsi, vous continuez à bénéficier de leur demi-part ou part entière et de la réduction d’impôt pour frais de scolarité. Mais vous devez déclarer ses revenus avec les vôtres. Si vous rattachez votre enfant (case J à cocher dans la déclaration 2042), celui-ci doit rédiger sur papier une demande de rattachement, un document à conserver.

Votre enfant majeur a perçu un revenu

« Vérifiez que ce revenu n’est pas exonéré car, jusqu’à certains plafonds, les indemnités de stage ou les salaires des petits boulots étudiants, par exemple, n’ont pas à être déclarés », conseille Céline Roux.

Le rattacher est envisageable seulement s’il avait moins de 21 ans au 1er janvier 2019 ou 25 ans s’il fait des études. Comme avantages, vous conservez sa demi-part ou sa part et la réduction d’impôt pour frais de scolarité. Mais vous devez déclarer ses revenus – s’ils sont imposables – avec les vôtres dans les cases prévues (elles ne sont pas préremplies).

Cela peut alourdir votre propre impôt et vous priver de certains avantages en gonflant votre revenu fiscal de référence (lire l’avis d’expert en fin d'article). Les revenus de l’enfant risquent en outre d’être taxés dans une tranche nettement supérieure à celle appliquée s’il les déclarait séparément. Si ses revenus sont trop importants, il est donc souvent préférable qu’il remplisse sa propre déclaration de revenus. Peu importe qu’il vive avec vous ou pas.

Votre enfant est étudiant ou apprenti et il a arrêté ses études

Il vous reste possible de le rattacher à votre foyer fiscal s’il avait moins de 25 ans au 1er janvier 2019 et qu’il est titulaire d’une carte d’étudiant ou d’un autre document justifiant de la poursuite des études au 1er janvier (fin des études en cours d’année) ou au 31 décembre 2019. En revanche, vous n’avez droit à la réduction d’impôt pour frais de scolarité que s’il suivait encore ses études au 31 décembre 2019. Dans la plupart des cas, il s’avère finalement plus intéressant qu’il fasse sa propre déclaration. Soit parce qu’il est sans revenu (il cherche un travail), ce qui vous permet de verser une pension alimentaire déductible, soit parce qu’il a commencé à travailler et qu’il touche trop de revenus.

Le rattachement d’un enfant majeur handicapé

S’il est célibataire et ne peut subvenir seul à ses besoins, vous pouvez le rattacher à votre foyer fiscal quel que soit son âge, même s’il ne vit pas chez vous, qu’il soit ou non titulaire de la carte d’invalidité ou mobilité inclusion, mention invalidité. Il majore votre quotient familial comme un enfant, sauf s’il dispose de l’une de ces cartes qui donnent droit à une demi-part de plus. « En général, il vaut mieux rattacher l’enfant handicapé plutôt que de lui verser une pension alimentaire, car cette dernière compte dans les revenus pris en compte pour le calcul de l’allocation adulte handicapée (AAH), ce qui risque de la diminuer », précise Céline Roux. Si votre enfant est marié, pacsé ou chargé de famille, il peut aussi être rattaché, ainsi que sa famille, s’il en fait la demande.

L’avis d’expert : Céline Roux, consultante chez Fidroit

Les choix fiscaux jouent sur la taxe d’habitation, les crédits d’impôt et les allocations

Si votre enfant étudiant a son propre logement et qu’il est rattaché à votre foyer fiscal, il n’a pas à régler de redevance télé (une seule redevance est due par foyer fiscal), même s’il paie une taxe d’habitation pour son studio d’étudiant. Vos revenus ne seront pas non plus pris en compte pour les aides au logement, seules ses propres ressources comptent.

Le rattacher peut même avoir un effet positif sur votre propre taxe d’habitation si vous n’en êtes pas exonéré. Chaque enfant à charge donne droit en effet à 10 % d’abattement (ou 15 % à partir de la troisième personne à charge). Enfin, pour chaque personne à charge, vous bénéficiez également d’une majoration des plafonds de certains avantages fiscaux, comme la prime pour travaux d’économies d’énergie. A contrario, si votre enfant a des revenus que vous ajoutez aux vôtres en le rattachant, cette hausse du revenu du foyer peut vous conduire à payer cette taxe d’habitation au lieu d’en être exonéré, ou l’alourdir, et vous priver des aides liées au revenu de votre foyer fiscal, comme vos propres aides au logement.

 

df
Pauline Clément
Publié le

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