Vide greniers, brocantes, dépôts-vente : revendez ce qui vous encombre

Vide greniers, brocantes, dépôts-vente : revendez ce qui vous encombre

Les placards débordent, le grenier croule sous les meubles et objets superflus : c’est le moment de faire un bon ménage de printemps, de gagner de la place et… un peu d’argent ! Plusieurs solutions existent. À vous de choisir !

Pour échapper à la surcon­sommation et ne garder que l’essentiel, un blogueur américain, Dave Bruno, a fait le pari de vivre avec cent objets, pas un de plus, et d’en donner le mode d’emploi dans un livre à succès (« The 100 things challenge », Kindle Edition) ! Sans aller jusque-là, il n’est pas rare de ressentir le besoin de faire place nette.

Entre les vêtements à peine portés, les chaussures si jolies mais tellement douloureuses, l’armoire ancienne bien trop encombrante, et les jouets des enfants oubliés au fond d’un coffre, les objets inutiles sont nombreux chez vous. Or il existe plusieurs façons de vous en débarrasser et d’en retirer un peu d’argent. Tout dépend du temps que vous avez à y consacrer.

Vendre grâce aux sites Internet

Version virtuelle des vide-greniers, les sites Internet PriceMinister, eBay, Leboncoin.fr, 2xmoinscher ou encore Amazon permettent aux particuliers de vendre toutes sortes d’objets : livres, DVD, jeux vidéo, ordinateurs, téléphones, appareils photo, électroménager, mobilier, vêtements, jouets, articles de sport ou même voiture…

La plupart d’entre eux vous offriront les frais d’insertion de votre annonce sur le site, à l’exception d’eBay (0,10 à 0,35 € par objet). Certains, comme Leboncoin.fr, ou les « Petites annonces » d’eBay, se contentent de mettre en relation vendeurs et acheteurs, leur laissant le soin de régler les modalités de la transaction, sans garantie de livraison ou de paiement de la part du site. Sur Leboncoin.fr, votre annonce restera visible pendant soixante jours avant d’être automatiquement supprimée. Pour vendre plus vite, le site propose des options payantes qui permettent de donner à votre objet une meilleure visibilité. Ainsi, la faire monter en tête de liste vous coûtera 6 € la semaine. Sur les autres sites, vous gérez votre annonce comme vous le souhaitez.

Plus formalistes, 2x­moinscher, Price­Minister, Amazon et le service de vente à prix fixes d’eBay organisent la transaction et prélèvent, sur chaque vente, une commission. Celle-ci est généralement composée d’une partie fixe (0,40 à 1,90 € sur PriceMinister, 0 à 5 € sur 2xmoinscher) et d’une partie variable (de 1 à 17 % selon les sites et le prix de l’objet). Amazon prélève en outre des frais de gestion (moins d’1 €) sur les produits culturels. Les frais de livraison sont à votre charge, mais PriceMinister et 2xmoinscher vous en remboursent une partie, pour un montant forfaitaire, variable selon le mode d’expédition (2,20 à 6,50 € chez Priceminister pour l’envoi d’un livre ou DVD, 8 à 12,30 € pour un ordinateur portable). 2xmoinscher propose également la livraison gratuite en Point Relais.

Côté paiement, la plupart de ces sites agissent comme des tiers de confiance, c’est-à-dire qu’ils prélèvent eux-mêmes l’argent chez l’acheteur, avant livraison, et vous le reversent au plus tard trois semaines après la transaction. Une vraie garantie pour le vendeur.

Brocantes et vide-greniers : choisissez votre emplacement pour vendre vos objets

Ils fleurissent dès le début du printemps et plusieurs sites Internet comme vide-greniers.org, brocabrac.fr ou info-brocantes.com les répertorient. Attention, la participation à une brocante ou à un vide-grenier est réglementée : en tant que vendeur particulier, vous pouvez installer votre étal deux fois par an maximum et uniquement dans la commune, l’intercommunalité ou l’arrondissement de votre lieu de résidence principale ou secondaire (article L. 310-2 du Code du commerce).

Pour bénéficier d’un espace sur le lieu de la manifestation, vous devrez vous inscrire auprès de la mairie avec une pièce d’identité et un justificatif de domicile (quittance de loyer, facture d’électricité…). Réfléchissez à l’espace que vous jugez nécessaire pour installer votre stand car vous devrez décider quelle longueur de trottoir vous allez louer. Le prix de cette location est calculé en fonction de la notoriété de l’événement et de l’importance du stand, à partir de 2 € le mètre linéaire. Une exception notable : la braderie de Lille, gratuite pour les exposants. Elle attire, chaque année, le premier week-end de septembre, deux millions de visiteurs.

« Il est important d’avoir un bon emplacement et, pour cela, il faut s’inscrire tôt, explique Nicolas, ancien décorateur de cinéma et brocanteur professionnel. De même, le jour J, il vaut mieux arriver de bonne heure pour installer son stand : entre 6 et 8 heures, surtout si vous avez des objets susceptibles d’intéresser les collectionneurs et les professionnels, toujours matinaux. » Il faut donc tout préparer la veille.

« Vous pouvez installer votre marchandise par terre, mais il est préférable d’avoir une table et des tréteaux, pour éviter aux chineurs d’avoir à s’accroupir ou à se plier en deux. Cela rendra votre stand plus agréable et plus visible, conseille Nicolas. Pensez aussi à bien vous équiper car la journée sera longue : fauteuils, boissons, casse-croûte et, selon le temps, parasol ou bâche. L’idéal est de venir à plusieurs, c’est plus convivial et cela permet d’assurer un roulement. »

Si vous vendez des objets fragiles, comme de la vaisselle, pensez à apporter du papier journal pour les emballer. Quant aux sacs en plastique, ils permettront à vos acheteurs d’emporter facilement de gros objets qu’ils hésiteraient peut-être à acheter sans cela. Plusieurs semaines auparavant, commencez à mettre de côté votre petite monnaie, elle vous sera utile.

Un stand bien organisé facilite la vente.

Ainsi, les vêtements d’enfant font partie des classiques des vide-greniers, mais les acheteurs n’ont pas forcément envie de retourner des brassées de bodies pour trouver la bonne taille. Classez-les par taille dans des cageots ou des paniers et rangez-les souvent. Inscrivez un prix sur chaque objet, cela permettra aux acheteurs timides de se renseigner sans avoir besoin de vous interpeller. « Bien sûr, la négociation fait partie du jeu, fait remarquer Nicolas, n’hésitez pas à discuter avec les clients éventuels. » Si vous ne savez pas combien demander pour vos marchandises, un petit tour sur Internet ou dans un vide-grenier la semaine précédente vous donnera une idée des prix qui se pratiquent.

Les meilleures ventes en vide-grenier

 Les objets susceptibles d’intéresser les collectionneurs : albums de timbres, fèves, cartes téléphoniques, cartes postales anciennes, figurines, jouets Kinder… Ménagez-leur un petit coin à part sur votre stand.  Les jouets, en bon état et si nécessaire équipés de piles pour que les acheteurs éventuels
puissent les tester.  Les vêtements d’enfant, propres et bien triés. Le linge ancien, draps brodés, dentelles et articles de mercerie.

Dépôts-ventes : à condition de pouvoir attendre

Le principe est connu : vous apportez vos marchandises au magasin et le commerçant les met en vente, à un prix convenu ensemble et sur lequel il prélèvera une commission de 30 à 50 %. Il doit vous faire signer un contrat de dépôt sur lequel il décrit les objets que vous lui confiez et le prix auquel il les propose. Vous serez payé une fois l’objet vendu. S’il ne trouve pas preneur, l’objet peut être soldé.

« C’est une bonne solution pour les gens qui ont le temps, estime Nelly, au dépôt-vente Les Folies de Romy spécialisé dans les vêtements féminins à Sceaux (Hauts-de-Seine). Mais il ne faut pas confondre dépôt-vente et friperie, nous ne prenons jamais de vêtements usés ou démodés qui seraient invendables, précise Nelly. Nos clientes veulent de beaux vêtements, de marque et en parfait état. Le tout-venant se vend plutôt en brocante. » Ce qui part bien : les vestes, les pantalons et les accessoires, surtout les sacs, les chaussures et les bottes.

Mais les dépôts-ventes ne concernent pas que les vêtements. Meubles, électroménager, hi-fi… peuvent aussi y trouver une nouvelle vie, souvent à travers des réseaux de franchises comme La Trocante, La Caverne des particuliers ou encore Troc.com. La plupart de ces enseignes vous donnent le choix entre le dépôt-vente (vous ne recevez l’argent qu’une fois l’objet vendu) et l’achat-vente (vous êtes payé immédiatement, avant même que l’objet ne soit mis en rayon). Ce dernier système a l’avantage de la rapidité, mais les prix d’achat sont souvent très bas : entre 25 et 60 % de la valeur de l’objet en achat-vente contre 50 à 70 % en dépôt-vente.

« Le dépôt-vente est plus long, mais plus rentable, confirme David Guichard, gérant de l’enseigne Troc.com à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). D’autant que nos marchandises se renouvellent vite : 80 % des objets qu’on nous confie sont vendus dans les deux mois. » Ceux qui n’ont pas été vendus au terme de ce délai peuvent être repris gratuitement par leur déposant ou rester au magasin. à ce moment-là, une décote de 10 % par mois sera appliquée.

Selon David Guichard, « les petits meubles d’appoint de style moderne ou en bois exotique, les jeux vidéo, les DVD et les disques vinyles partent très bien, contrairement à la vaisselle qui suscite peu d’intérêt chez nos acheteurs ». Pour ne pas déplacer pour rien le buffet de la cuisine et tout son contenu, demandez au magasin une estimation, généralement gratuite. Pratique : les grandes enseignes vous permettent de suivre l’évolution de vos ventes sur leur site Web. Une fois l’objet vendu, vous recevez votre chèque directement dans votre boîte aux lettres.

À noter : les magasins du type Cash Converters (www.toutcash.com) ou Cash Express (www.cashexpress.fr) pratiquent exclusivement l’achat-vente, avec un paiement immédiat mais avec des prix d’achat plus faibles qu’en dépôt-vente.

Ventes aux enchères : tenez compte des frais

Point n’est besoin de découvrir des tableaux de maître ou des meubles de collection dans son grenier pour entrer dans une salle des ventes. « Selon la loi, tout meuble, livre, vêtement, matériel hi-fi ou appareil électroménager, peut faire l’objet d’une vente publique », rappelle Henry de Danne, directeur du Syndicat national des maisons de vente volontaires (Symev). Comme dans tous les secteurs, les ventes aux enchères connaissent des modes. « Le mobilier xviiie classique et les armoires normandes sont devenus invendables. En revanche, tout ce qui date des années 1950 et au-delà part très bien ! » À méditer avant de donner votre table de cuisine en Formica aux encombrants.

Pour savoir si vos objets sont susceptibles de trouver preneur dans une salle des ventes, contactez un commissaire-priseur (www.interencheres.com) pour estimer leur prix. Cet acte est en principe gratuit si vous vous déplacez (à l’hôtel des ventes ou à la société de vente du commissaire-priseur) et payant si le commissaire-priseur se rend chez vous (pour une évaluation importante).

Celui-ci se charge ensuite de transporter les marchandises et vous fait signer un mandat de vente - ou réquisition - comportant une description des objets et éventuellement le prix de réserve en deçà duquel vous n’êtes plus vendeur. Le mandat indique aussi les frais de vente : rémunération du commissaire-priseur (15 à 18 % en moyenne), honoraires de l’expert s’il y a lieu (3 à 5 %), transport, magasinage, catalogue et taxe. Ces frais sont libres et peuvent parfois se négocier. Leur montant total peut représenter plus de 20 % du prix de la vente. Pensez-y lorsque le commissaire-priseur vous livre son estimation, car sur un bien vendu 100 €, vous toucherez au final moins de 80 € ! La somme ainsi obtenue vous sera ensuite payée dans un délai de deux mois maximum.

Antiquaires et brocanteurs : faites jouer la concurrence

Ces professionnels offrent les mêmes services qu’un commissaire-priseur (estimation, enlèvement…), mais la vente et son paiement seront plus rapides… souvent moins intéressants aussi. « Estimer la valeur commerciale d’un objet ancien est un métier, remarque Emmanuelle Kerdrain, antiquaire spécialisée dans les xviiie et xixe siècles à Versailles (Yvelines).

Cela n’a rien à voir avec la valeur sentimentale que l’on peut lui donner. » Les estimations sont généralement gratuites et les professionnels peuvent conseiller les vendeurs sur les tendances du marché, très fluctuant. « Il ne faut surtout pas se fier à une estimation ancienne, recommande Emmanuelle Kerdrain. Les modes changent. Par exemple, le mobilier rustique, qui était très recherché voici quelques années, ne vaut plus rien aujourd’hui. En revanche, les objets de décoration, sculptures, horlogerie, bois dorés ont la cote. »

Une fois un accord trouvé sur les objets et leur prix, l’antiquaire peut vous régler immédiatement et se chargera ensuite de l’enlèvement. Renseignez-vous : certains professionnels sont généralistes, d’autres très spécialisés. Enfin, n’hésitez pas à multiplier les avis de façon à faire jouer la concurrence, car les prix varient beaucoup de l’un à l’autre.

Personne n’en veut ? Donnez-les !

Si vous n’avez pas réussi à vendre certains objets, vous pouvez en faire don. Ils intéresseront sans doute les compagnons d’Emmaüs (liste des 117 communautés sur le site www.association.emmaus.fr) ou le Secours populaire (www.secourspopulaire.fr). Vous pouvez aussi les proposer à l’antenne la plus proche du réseau des Ressourceries, dont l’objectif est de créer des emplois en récupérant des objets pour les remettre en état et les revendre (www.ressourcerie.fr). Même principe chez Envie : les appareils électroménagers sont réparés puis revendus en magasin (www.envie.org). Des sites Internet permettent aussi de signaler tout ce que vous avez à donner : www.donnons.org et www.recupe.net, par exemple. Enfin, si vos objets sont vraiment inutilisables, déposez-les à la déchetterie la plus proche ou faites appel au service des encombrants de votre commune : la collecte est gratuite.

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