Vers une sobriété énergétique

Vers une sobriété énergétique

Préoccupation partagée par tous, économiser l’énergie s’affirme comme la toute première urgence. Plus de 40 % de la consommation française provenant du logement, les pouvoirs publics ont déployé un vaste programme de mise à niveau de l’habitat.

En France, 31 millions de logements – souvent mal isolés – rejettent plus de 60 millions de tonnes de dioxyde de carbone chaque année, soit 16 % des émissions de CO2 du pays. C’est là que se situe la principale source d’économie d’énergie. Le chauffage, assuré à 44 % par le gaz dans les résidences principales (devant l’électricité et le fioul), représente à lui seul la moitié de la facture. Pétrole et gaz se raréfient et leur poids sur notre budget ne cesse d’augmenter.

Dans un contexte planétaire où la consommation d’énergie croît de 2 % par an, l’Union européenne se met en situation de répondre à un double défi : réduire de 20 % d’ici à 2020 sa consommation d’énergie et ses émissions de gaz à effet de serre, et porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation totale.

Rattraper le retard

La France, en onzième position européenne pour la part des énergies renouvelables (6 %), a pris du retard en la matière. De récents sondages montrent que les Français, devenus "écolo-nomes", se disent prêts à payer plus cher pour y recourir et intéressés par des équipements économes en énergie, donc mûrs pour une certaine sobriété énergétique.

Plus que jamais, l’avenir se pare des couleurs de l’efficacité énergétique : ce rapport entre la production d’un service – éclairage, chauffage – et la quantité d’énergie nécessaire à cette production, a augmenté d’environ 1,5 % en trente ans dans les pays de l’OCDE. Tout le monde y gagnera : les entreprises qui se développeront au travers de technologies innovantes, les ménages qui paieront moins de charges, et l’Etat qui respectera ses engagements en matière de lutte contre l’effet de serre. La meilleure énergie reste celle qu’on ne consomme pas !

Développer les énergies renouvelables

C’est pourquoi, ceux qui font appel aux énergies renouvelables dans leur habitat sont encouragés. "Le recours aux énergies renouvelables est déjà soutenu dans le neuf et dans l’existant par le meilleur taux de crédit d’impôt (50 %). Les énergies fossiles vont s’épuiser dans les prochaines décennies, donc toutes les filières – bois, solaire… – doivent être encouragées pour développer ces énergies renouvelables. Il faut limiter tous les obstacles à leur mise en place et définir de nouvelles règles de construction et d’urbanisme qui leur soient plus favorables", déclare Pierre Hérant, chef du département "Bâtiment et urbanisme" de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Des équipements plus sobres en énergie

Le Grenelle de l’environnement prévoit d’étendre l’étiquetage énergétique à tous les appareils de grande consommation (téléviseurs, ordinateurs) et d’interdire la vente des équipements les plus énergivores. Les lampes à incandescence, par exemple, doivent disparaître des rayons en 2010. Une réglementation devrait aussi voir le jour pour rendre les régimes de veille plus sobres et pour renforcer progressivement les exigences de performance énergétique des appareils.

L’évolution de la réglementation thermique dans l’ancien

Une nouvelle réglementation thermique s’applique désormais à l’amélioration et la rénovation des bâtiments existants. Elle vise notamment, depuis le 1er avril 2008, les bâtiments de plus de 1 000 m2 faisant l’objet de travaux de réhabilitation importants (plus de 25 % de la valeur du bâtiment hors foncier).

D’autres exigences de performances minimales se rapportent, équipement par équipement, depuis le 1er novembre 2007, aux autres types de bâtiments et, en particulier, aux logements. Elles concernent la résistance thermique minimale pour l’isolation, un double vitrage peu émissif, les menuiseries avec rupture de ponts thermiques, les niveaux de performance minimale pour les équipements de chauffage, d’eau chaude, de climatisation et de ventilation…

Qu’est-ce que le diagnostic de performance énergétique ?

À l’image de ce qui se pratique en électroménager, le diagnostic de performance énergétique (DPE) évalue les biens immobiliers. Outre une étiquette énergie comprenant sept classes, de A à G, une étiquette climat permet de connaître la quantité de gaz à effet de serre émise. Les classes C et D correspondent en moyenne au niveau réglementaire d’un bâtiment neuf, la A à une basse consommation (50 kWh/m2/an) et la G à un bâtiment énergivore (plus de 450 kWh/m2/an).

Financé par le propriétaire (en moyenne 200 €) et réalisé par un diagnostiqueur professionnel certifié, indépendant de ce dernier, le DPE est actuellement valable dix ans. Bien qu’il ne constitue pas une garantie contractuelle, il doit désormais être fourni à la vente comme à la location. Il présente des recommandations de travaux à réaliser pour améliorer la performance énergétique et s’accompagne d’informations pouvant faciliter la décision : estimation du coût, des économies réalisables, retour sur investissement. Selon un sondage Ifop publié par le secrétariat d’Etat à l’Ecologie, seulement 19 % des propriétaires interrogés envisageaient de conduire les travaux suggérés par le DPE…

Plus d’infos

Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

Web : www.ademe.fr

Agence nationale de l’habitat

0826 80 39 39 (0,15 €/min depuis un poste fixe)
Web : www.anah.fr

Espace Info Énergie

0810 060 050 (prix d’un appel local depuis un poste fixe)

Campagne gouvernementale 2008

Web : www.faisonsvite.fr

Association négaWatt

Web : www.negawatt.org

Terre vivante

Web : www.terrevivante.org