Résidence secondaire : de lourdes charges

Résidence secondaire : de lourdes charges

Séduisante, l’idée de s’offrir une résidence secondaire ! Mais elle implique forcément des dépenses supplémentaires qu’il vaut mieux ne pas mésestimer.

Pour en finir avec les locations saisonnières

Quand arrivent les beaux jours, on rêve de grands bols d’air et de loisirs champêtres. On se dit qu’être propriétaire d’une résidence secondaire serait l’idéal. Finie la course aux locations saisonnières ! Et pourtant, le rêve peut vite virer au cauchemar.

Certes, à raison de 500 à 600 € par semaine en haute saison pour un petit deux-pièces en bord de mer, on économise facilement 2 500 à 3 000 € par an. Mais l’entretien d’une résidence secondaire rend ce plaisir coûteux.

Résidence secondaire : attention au gouffre financier

L’euphorie des premiers instants passée, on prend vite la mesure des factures. Au crédit éventuel, il faut ajouter les dépenses que l’on avait minimisées mais qui, mises bout à bout, creusent un gouffre financier : assurance-habitation, impôts, abonnements et consommations (eau, électricité, téléphone), mobilier, décoration, etc.

Les charges d’entretien et de réparation courantes sont, elles, plus difficiles à évaluer. En immeuble collectif, celles-ci se partagent entre tous les copropriétaires et, sauf à réaliser des travaux importants, on peut assez aisément les estimer.

En maison individuelle, selon le site Web residence-secondaire.fr, les charges d’entretien atteindraient de 1 à 2 % du prix d’achat par an, sachant qu’une propriété de bord de mer, exposée aux embruns et à l’humidité, se dégrade plus vite. Il en va de même d’un appartement ou d’un chalet à la montagne, soumis aux chutes de neige et à des écarts importants de température. Avec un jardin ou une piscine, les charges s’envoleraient même à 4 %.

Prévoir les travaux de sa résidence secondaire

Quant aux travaux, leur liste s’allonge dangereusement : huisseries qui laissent passer l’air froid, murs qui suintent, toitures qui fuient…, figurent au palmarès des maisons de campagne. Des défauts qu’il faut corriger au plus vite. Procéder à la réfection d’une toiture et à son isolation coûte cher. Et, selon la région, il peut exister des contraintes de matériaux.

Selon que l’on couvre avec de la tuile mécanique ou plate, de la tuile canal ou de l’ardoise, les prix diffèrent sensiblement, indique Didier Fontaine, courtier en travaux dans la région de Rennes.

Plusieurs devis seront nécessaires pour se faire une idée, surtout si on en profite pour aménager des combles, une demande très fréquente, selon les professionnels.

Remettre l’électricité aux normes, aménager une salle de bains, refaire la plomberie, poser un carrelage…, autant de frais sans commune mesure avec un budget location.

Créer une salle de bains nécessite un budget minimal de 5 000 € qui peut vite atteindre 8 000 à 10 000 €, voire 15 000 €, avec des matériaux plus sophistiqués, précise Didier Fontaine.

Réduire les consommations d’énergie de sa maison secondaire

Quant au changement ou à l’installation d’une chaudière, le chantier nécessite un budget de 3 000 à 7 000 € selon l’équipement choisi. Car, outre les travaux de réfection ou d’entretien, on veillera à maîtriser ses consommations d’énergie. Notamment en matière de chauffage. Si les particuliers isolent de plus en plus leurs murs, c’est aussi parce qu’ils utilisent très souvent l’électricité.

"Généralement, ils ne voient pas l’intérêt de s’impliquer dans de gros travaux, d’autant qu’une chaudière nécessite de l’entretien, pas des radiateurs", constate le courtier. Or, pour deux ou trois mois d’occupation dans l’année (été et hiver), la facture s’avère salée : 300 à 400 € rien qu’en chauffage et en eau chaude pour une maison de 130 m2 accueillant six à huit personnes. Et si la cheminée procure une source de chaleur complémentaire agréable en hiver, le bois coûte entre 50 et 80 € le stère, et le ramonage annuel 70 € au moins.

Un conseil : pour économiser l’énergie, il est utile d’équiper la maison d’une centrale programmant la température de chaque pièce en fonction de son usage, ce qui permet d’abaisser la température la nuit et de l’augmenter dans la journée. Et lorsque l’on s’absente pour une longue période, de mettre les radiateurs en position "hors gel" pour maintenir la maison en bon état durant la mauvaise saison.

Récupérer les eaux de pluie

Un jardin nécessite 15 à 20 litres d’eau par mètre carré. Cependant, si le prix du mètre cube d’eau s’établit à 3 € en moyenne, certaines communes facturent le mètre cube jusqu’à 6 €. D’où l’intérêt de prévenir toute fuite d’eau qui alourdirait considérablement la facture si le précieux liquide s’écoulait goutte à goutte pendant plusieurs mois d’absence. Au jardin, mieux vaut arroser au pied des plantes et préférer celles qui résistent à la sécheresse.

On cherchera aussi à récupérer les eaux de pluie. Selon l’Ademe, une surface de toit de 100 m2 reçoit 65 m3 d’eau à Paris, 80 à Nice ou encore 110 à Brest. Ce qui suffit à l’arrosage du jardin. L’installation d’une citerne équipée d’une pompe peut même alimenter un réseau d’arrosage automatique, qu’il est d’ailleurs possible d’installer soi-même pour 300 ou 400 €. Quant au renouvellement de l’eau de la piscine, il absorbe environ 40 m3 pour un bassin de 8 x 4 m, sans compter la remise à niveau constante et les frais d’entretien pendant la saison estivale.

Une avalanche d’abonnements : gaz, électricité, téléphone

En matière d’eau, le prix de l’abonnement est fixé par la commune. Les tarifs de l’électricité sont eux fixes, mais dépendent de la puissance du compteur et de l’option choisie, il faut compter environ 100 € annuels (30 A) pour un bon niveau d’équipement. Même ordre de prix pour un abonnement au gaz. Sans oublier le téléphone !

Une astuce : l’option "résidence secondaire" que propose France Télécom à ses abonnés résidence principale. Le montant de l’abonnement est facturé quand la ligne secondaire est en service, mais il n’est pas dû si le client l’a suspendue temporairement. Mais cette option comporte des restrictions (limitation du nombre de suspensions, durées de présence, etc.) à étudier attentivement.

Si vous souhaitez vous abonner à Internet, vous pouvez coupler votre abonnement téléphonie avec celui-ci. Les opérateurs proposent une offre globale comprenant l'accès à Internet, la télévision et le téléphone.

Dernier poste enfin, le transport. Si l’on a fait le choix d’une résidence secondaire, c’est pour y séjourner fréquemment. D’où des allers-retours en voiture ou en train. Certes, la SNCF propose des tarifs préférentiels, mais, pour les familles nombreuses, le voyage en voiture (essence et péage compris) revient finalement moins cher… mais prend plus de temps et pénalise les courts séjours.

Quelles que soient les solutions choisies, on n’oubliera pas de les inclure dans le budget de la résidence secondaire !

Comment vivre sans Internet ?

Même dans une résidence secondaire, il devient difficile de se passer d’une connexion à Internet. Or, si pratiquement tout le territoire est désormais couvert par le haut débit (un peu plus de 98 %), il subsiste 2 % de lignes téléphoniques en "zone blanche DSL", par exemple dans certains secteurs d’Auvergne. Le haut débit mobile (la connexion est portée par le réseau de téléphonie mobile) apporte ponctuellement une réponse.

À en croire les opérateurs, une clé 3G/4G donnerait accès au Web partout (compter de 20 à 70 €, hors promotion et hors formules de connexion). Mais là encore, tous les territoires ne sont pas à égalité et, même dans les zones couvertes, les lieux éloignés d’une antenne "captent" mal et souffrent d’un débit extrêmement faible. Un service qui revient donc très cher pour une connexion d’une lenteur parfois désespérante.

Parallèlement, l'accès à Internet à très haut débit se développe avec la fibre optique. Mais tout le territoire n'est pas encore équipé. La fibre optique devrait couvrir 50 % du pays d'ici 2017 et 100 % en 2023.

Compter en moyenne 650 € par an pour le jardin

Si un espace vert est porteur de plaisir, de bien-être et… de plus-value à la revente, il nécessite - on l’oublie généralement un peu vite lors de l’acquisition - du temps et de l’argent. Le coût moyen de conception et de réalisation d’un jardin par un professionnel (terrassement, plantation, arrosage automatique et éclairage) s’élève à environ 50 €/m2. Raison pour laquelle beaucoup de particuliers s’en chargent eux-mêmes.

Mais engazonner, fleurir, faire livrer de la bonne terre…, représente tout de même un budget non négligeable. À titre d’exemple, sur un terrain rocailleux, l’achat de terre végétale coûte l’équivalent de 100 €/m3. Un beau pied de rosier revient entre 10 et 15 € ; des plants de fleurs (pensées, véroniques, capucines, sauge…), de 1 à 5 € le pied.

Pour un massif de 2 m2 planté tous les 10 à 20 cm, le budget grimpe vite, explique Yann Guilloux, du site jardipedia.com. Tout dépend du type de jardin souhaité.

Il va de soi qu’un jardin abondamment planté nécessite un budget plus important qu’un jardin engazonné. "Un arbre de 1 à 1,20 m de haut occupe une surface aérienne plus importante que des fleurs, mais coûte entre 100 et 120 €", poursuit-il. Il table sur un budget de 1 000 € pour fleurir 400 à 500 m2.

Quant à l’entretien, Yann Guilloux évalue la dépense moyenne à 650 € par an. D’autant qu’elle ne se résume pas à l’achat de plantes ! Engrais, pesticides et désherbants… coûtent cher. Un conseil, écologique de surcroît : avec de l’ortie, de la prêle, de la consoude, on peut réaliser d’excellents engrais. Le savon noir s’utilise aussi comme pesticide.

Les limites de l’assurance habitation contre le vol

Posséder une résidence secondaire implique évidemment la souscription d’une multirisque habitation. Dans ce domaine, toutes les compagnies ne pratiquent pas de la même manière.

Certains assureurs proposent une extension du contrat lié à la résidence principale, d’autres présentent un autre contrat. Dans ce cas, on vérifiera qu’on ne paie pas deux fois la responsabilité civile, une garantie qui n’est pas liée à l’habitation mais à la personne assurée. La multirisque couvre évidemment les risques d’incendie, d’explosion ou de dégât des eaux, de même que les catastrophes naturelles.

Quant au vol, son indemnisation est soumise à la clause d’inhabitation. Les conditions générales prévoient habituellement la suspension de cette garantie au-delà d’un certain temps d’absence (de 30 à 90 jours consécutifs, selon le contrat). Or les périodes d’habitation inférieures à 3 jours ne constituent pas une interruption de l’inoccupation, le contrat ne les comptabilisant alors pas.

D’où l’intérêt de prêter aussi souvent que possible les clés aux enfants ou aux amis afin qu’ils y séjournent une semaine de temps à autre…