Protéger son logement contre les effractions

Protéger son logement contre les effractions

Sans transformer votre maison en bunker, quelques dispositifs peu onéreux et des mesures de bon sens vous permettront de décourager les tentatives d’effraction.

Chaque année, on déplore plus de 300 000 cambriolages : 312 000 en 2007 contre 432 000 en 2002, selon l’Observatoire national de la délinquance. S’il est impossible de rendre sa maison inviolable, certaines mesures permettent d’éviter les effractions, surtout lorsque votre logement est inoccupé.

"Le principe général est la dissuasion", affirme Jean-Louis Louaisil, responsable de Sécurithèque, une entreprise spécialisée dans la protection des biens installée à Chaville (Hauts-de-Seine). Effectivement, décourager l’intrus s’avère efficace, car les études montrent que le cambrioleur abandonne sa tentative lorsqu’il n’est pas parvenu à entrer au bout de cinq minutes.

Avant de faire un choix, il est préférable de prendre le temps de réfléchir, de demander différents devis et de consulter plusieurs spécialistes, de préférence ceux qui ont pignon sur rue dans le voisinage. Cela évite de surpayer un équipement dernier cri qui ne conviendra pas forcément à votre logement.

Sécuriser la serrure

Qu’il s’agisse d’une maison ou d’un appartement, dans 80 % des cas, selon la police, les cambrioleurs sont entrés… par la porte ! Aussi faut-il la sécuriser : "Une porte protégée est moins souvent attaquée qu’une porte d’aspect fragile", confirme Jean-Louis Louaisil.

Une serrure multipoints, qui verrouille la porte en trois ou cinq endroits différents, sera dissuasive. Choisissez un modèle portant le label A2P, plutôt qu’une serrure ordinaire. Cependant, le prix d’une serrure A2P trois points demeure élevé, entre 750 et 1 000 € pose comprise. Si vous achetez une serrure moins chère, choisissez un type peu connu, car les cambrioleurs s’entraînent sur les modèles standard.

Une porte blindée ou renforcée ?

Parfois, lorsque la serrure résiste, le voleur force la porte avec une pince-monseigneur ou la perce. Aussi, il est très efficace de blinder sa porte. Toutes les sortes de portes peuvent être blindées, même les très anciennes, qui sont alors conservées comme décor.

"Méfiez-vous si on vous propose de visser une feuille de tôle sur la porte, car les gonds ne tiendront pas. Ils ne sont pas conçus pour soutenir un tel poids !" conseille Jean-Louis Louaisil. Un blindage correct coûte de 1 500 à 2 500 €. Il est possible de trouver des blocs "portes sécurité" tout équipés labellisés A2P sensiblement au même prix que le blindage de votre ancienne porte.

Les entrebâilleurs présentent un point faible : parfois, les voleurs sonnent chez vous et essaient d’entrer en force lorsque vous leur ouvrez. Il est donc préférable d’opter pour un œilleton. N’ouvrez pas si vous ne voyez pas la personne qui sonne : les cambrioleurs attendent souvent l’extinction de la minuterie ou se tiennent en retrait du judas.

Protéger les ouvertures

Rien ne sert de blinder la porte si les fenêtres du rez-de-chaussée situées à l’arrière, à l’abri des regards, ferment mal. Les fenêtres à double vitrage offrent plus de résistance que celles munies de simples carreaux. Il existe aussi des vitrages retardateurs d’effraction portant le label Saflex Inside.

Ces fenêtres, composées d’un châssis renforcé, de ferrures de sécurité aux quatre coins et d’une poignée qui ferme à clé, coûtent 30 à 50 % plus cher qu’un double vitrage classique. Cependant, elles ne sont pas inviolables, car les crémones restent un point faible. Les baies coulissantes peuvent être équipées de verrous de sécurité bloquant le panneau en le solidarisant avec le cadre, ou encore de barres à poser dans le rail de coulissement rendant tout mouvement impossible.

Un moyen de protection moins onéreux consiste à poser des grilles ou des barreaux. Des volets roulants en PVC munis de serrures ou en bois équipés de barres et de crochets peuvent également convenir. Seul problème : il est fastidieux de fermer les volets à chaque fois qu’on s’absente.

Une fois tous les accès directs renforcés, il reste au cambrioleur un passage aisé : le garage ou la buanderie contigus à la maison, dont les portes de communication sont fragiles. Comme il est difficile de sécuriser les larges portes des garages, la seule façon de protéger ces accès reste de renforcer les portes de communication.

Simuler une présence

Pendant vos absences prolongées, plusieurs dispositions permettent de faire croire à votre présence dans la maison : basculer votre ligne téléphonique sur votre lieu de vacances ou chez un proche, déclencher l’éclairage de certaines pièces grâce à des prises programmables, suspendre les abonnements aux journaux… Vous pouvez également demander à un voisin de ramasser régulièrement le courrier, de garer sa voiture de temps en temps devant chez vous, d’arroser le jardin, d’étendre du linge ou de sortir les poubelles…

Installer un dispositif qui déclenche l’éclairage extérieur devant sa porte lorsqu’une personne passe est un bon moyen de dissuader les voleurs. Certains déclencheurs sont photosensibles : ils allument la lumière dès que le soleil décline. Vous pouvez également placer des caméras.

Il existe même de fausses caméras très bien conçues, pour un investissement inférieur à 10 € : à chaque fois qu'une personne entre dans le champ du capteur, la caméra bouge automatiquement et une diode électroluminescente (LED) rouge clignote, simulant un enregistrement.

Si vous souhaitez équiper tout votre logement d’un système d’alarme relié à des détecteurs de présence ou d’ouverture, il faudra bien sûr un budget plus élevé : 1 500 € pour un studio, et de 3 000 à 4 000 € pour une maison.

L’opération tranquillité vacances

Les voleurs recherchent essentiellement de l’argent liquide ou des objets faciles à transporter. Aussi, il peut être judicieux d’acquérir un petit coffre-fort (entre 200 et 300 €) et de le faire sceller dans le mur afin d’y enfermer vos objets précieux.

Enfin, vous pouvez bénéficier de l’Opération Tranquillité Vacances, ce service gratuit pour tous mis en place par le ministère de l’Intérieur. Avant de partir, il suffit de vous rendre au commissariat - ou à la gendarmerie - le plus proche de votre domicile et de communiquer vos dates d’absence, ainsi que les adresses des proches à prévenir en cas de problème. Des agents, en uniforme ou en civil, passeront régulièrement surveiller votre maison.

Des serrures certifiées A2P

Les sociétés d’assurances ont agréé une certification définie par l’Assemblée plénière des sociétés d’assurances dommages (Apsad). L’Apsad a confié au Centre national de prévention et de protection (CNPP) le soin de tester en laboratoire et de classer les serrures. Les modèles agréés disposent de l’appellation A2P (Assurance Prévention Protection). Les serrures sont classées en fonction de leur résistance aux tentatives d’ouverture par un cambrioleur. Deux types d’infractions sont testées : "en finesse" (crochetage, parapluie, fausses clés…) et "en force" (arrachage du cylindre, attaque à la perceuse…).

Un nombre d’étoiles est attribué en fonction du temps de résistance moyen de la serrure lors des tests.

  • A2P une étoile : résistance d’au moins cinq minutes.
  • A2P deux étoiles : résistance d’au moins dix minutes.
  • A2P trois étoiles : résistance d’au moins quinze minutes.