Protéger les murs à l’intérieur comme à l'extérieur

Protéger les murs à l’intérieur comme à l'extérieur

L’isolation de son logement passe par une bonne protection des murs de l’extérieur et de l’intérieur. Voici comment choisir les bonnes solutions, en fonction des caractéristique de votre habitation.

Isolation extérieure : le ravalement

Lorsque le ravalement s’impose (enduit extérieur défectueux, injonction), cette solution se met utilement en œuvre. Elle est plus onéreuse qu'une isolation intérieure mais elle permet de traiter un plus grand nombre de ponts thermiques et de ne pas modifier les surfaces habitables. Enfin, elle protège les murs des variations climatiques. Rappelons que toute modification de façade nécessite que l’on effectue une déclaration préalable de travaux ou si l’on réside en secteur sauvegardé ou classé monument historique un permis de construire.

L'enduit mince sur isolant. Une couche fine de polystyrène expansé est collée directement sur le mur à isoler. Si le support ne le permet pas, la fixation mécanique s'impose. On recouvre ensuite cet isolant d'un enduit spécifique armé de tissu de fibres de verre puis d'un enduit de finition. Une peinture finale donne son aspect définitif à la façade. Son coût varie de 40 à 60 €/m2. On prévoira un entretien plus technique dû aux contraintes mécaniques de l'ensemble.

L'enduit hydraulique sur isolant. La technique est proche de la précédente. L’enduit se compose d'un mortier isolant appliqué par projection. Son entretien est plus facile. Il revient de 10 à 20 €/m2 posé par un professionnel suivant le nombre d'ouvertures à protéger sur la façade.

Les parements sur isolants. Cette technique très performante fait appel à un doublage de pierres minces, des panneaux de bardage ou des contre-murs en briques. Elle offre l'avantage d'accroître l'inertie thermique du mur et par conséquent d'absorber davantage les variations de températures extérieures. Tabler sur un coût de 60 à 120 €/m2 posé, peu d'entretien à part le ravalement régulier.

Isoler les murs de l’intérieur : un compromis économique

Cette méthode présente l'avantage de ne pas modifier l'aspect extérieur du logement, mais pénalise l'espace habitable. C'est la seule envisageable par un copropriétaire qui souhaite isoler son logement individuellement. L'état initial du mur guide le choix du mode d'isolation. La première opération consiste à mettre un pare-vapeur afin d’éviter la formation de condensation et le développement de moisissure.

Le pare-vapeur est placé sur la face intérieure de l’isolant. La face intérieure de l’isolation (côté chaud) doit être munie d’un film étanche à l’air qui remplit deux fonctions : celle de pare-vapeur et celle de coupe-vent. Ce film étanche fonctionne donc dans les deux sens :

  • il interdit à l’air chaud et chargé de vapeur d’eau de pénétrer dans l’isolant et d’y provoquer de la condensation ;
  • il empêche le vent de s’infiltrer par la toiture, au travers de l’isolation, dans le volume chauffé.

On veillera à poser le pare-vapeur avec soin pour éviter de créer des ponts thermiques. En effet, certaines constructions comportent des points où l’isolation présente des faiblesses, ce sont les ponts thermiques. Ils se situent par exemple entre le plancher et un mur extérieur, entre un balcon et la pièce attenante. Ces "fuites" de chaleur atteignent parfois jusqu'à 5 % de la déperdition totale d'une maison. Une isolation intérieure et extérieure bien conçue permet d'en minimiser les effets. Les calories se déplacent par conduction. Pour limiter les ponts thermiques, on peut installer des briques creuses en façade, ou revêtir la paroi froide d’un isolant extérieur complet.

Murs réguliers ou irréguliers : quelles solutions ?

Les isolants semi-rigides composés d’un parement de plaque de plâtre cartonné et d’une plaque d’isolant (laine minérale, végétale ou encore PSE ou polyuréthane) sont une bonne solution pour les murs réguliers. Si le mur est totalement sain (absence de traces d’humidité), on colle cette plaque directement à l’aide d’un mortier adhésif. Elle sera ensuite peinte ou habillée d’un revêtement.

En présence d’humidité même faible, le choix se porte sur un complexe désolidarisé du mur et vissé sur une ossature bois ou métallique. Ces travaux peuvent être réalisés par un bon bricoleur. L'empilement des matériaux mesure environ 5 cm d'épaisseur, soit une perte d'1 m2 au sol pour une pièce de 20 m2. Coût de 6 à 10 €/m2.

Deux solutions sont généralement proposées pour les murs irréguliers. Il s'agit d'un montage sur ossature ou derrière une contre-cloison. Premier cas, on glisse le panneau d’isolant entre deux ossatures, sachant que la seconde servira à visser la plaque de plâtre. Cette méthode permet de faire passer les gaines électriques.

La contre-cloison offre l'avantage de fixer au mur des charges plus lourdes. Des panneaux d'isolant sont collés sur le mur en dur et assemblés avec des bandes adhésives spéciales. Puis on monte une contre-cloison en briques, carreaux de plâtre ou béton cellulaire, et ce de préférence sur une semelle pour éviter les éventuelles remontées d'humidité. Cette solution très technique sera réalisée de préférence par un professionnel.

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