Propreté : linge et vaisselle en machine

Propreté : linge et vaisselle en machine

Mieux conçus qu’auparavant, la plupart des lave-linge et lave-vaisselle d’aujourd’hui sont plus économes en énergie. Et pour optimiser leurs performances, adoptez de bonnes habitudes d’utilisation.

Pour traiter le linge d’une maisonnée, beaucoup de ménages disposent d’une machine à laver et d’un fer à repasser. Lave-vaisselle et surtout sèche-linge sont moins répandus, même s’ils apportent une aide non négligeable.

Des lave-linge moins gourmands

La majeure partie (80 %) de l’électricité consommée par les lave-linge (ou les lave-vaisselle) sert à chauffer l’eau. Pour diminuer la facture d’électricité, il suffisait donc aux fabricants de trouver les moyens de réduire la consommation d’eau de ces appareils tout en garantissant d’excellents résultats de nettoyage.

La plupart des machines sont classées A, de plus en plus de  modèles A+. Il semble donc relativement aisé d’éviter celles qui sont moins bien notées. Les lave-linge actuels consomment en moyenne 47 à 50 litres d’eau et 0,7 kWh à 1,05 kWh d’électricité (0,84 € à 1,17 € par machine pour un kWh à 0,12 €)), avec cependant une faiblesse soulignée par les associations de consommateurs qui testent les appareils : l’efficacité du rinçage pèche sur bon nombre de modèles.

On notera que l’alimentation directe du lave-linge sur un circuit d’eau chaude économe en énergie et respectueux de l’environnement peut se révéler une fausse bonne idée. "Elle est en effet techniquement compliquée car la température de l’eau varie avec la nature du linge à traiter alors que l’eau chaude domestique sort à environ 55°. Pour bien faire, il faudrait installer un système de thermostat très sophistiqué. Mieux vaut la réserver au lave-vaisselle", explique Hervé Lefebvre de l’Ademe.

Les gros modèles pouvant laver 6 ou 7 kg de linge au lieu des 3,5 à 5 kg habituels ne sont recommandés que pour les grandes familles. La lessive moyenne des ménages est plus proche de 3 à 4 kg.

Priorité aux petites températures et aux cycles courts

On adoptera quelques bons réflexes pour ne pas gaspiller de kilowatts. Remplacer les lavages à 90 °C ou même 60 ° par des cycles à 40 ou 30 °C, moins longs. En effet, en même temps que les progrès enregistrés en matière de consommation d’eau des appareils, l’efficacité des lessives s’est nettement améliorée. Ainsi, avec la plupart d’entre elles, on obtient des très bons résultats à basses températures, voire à froid pour les plus performantes. Il est important d’adopter ces nouvelles habitudes car un lavage à 30 °C consomme trois fois moins d’énergie qu’un lavage à 90 °C. Quant à un lavage à froid, il consomme deux fois moins qu’un lavage à 40 °C.

Mieux vaut attendre le plein de linge sale avant de faire tourner la machine. Un tambour bien rempli (le linge peut même être tassé pour atteindre la capacité annoncée, par exemple, 5 kg de linge sec) rentabilise l’opération. Un cycle de lavage avec une machine pleine consommera toujours moins que deux cycles de lavage "éco" ou "demi-charge".

De surcroît, contrairement à l’idée reçue qui prétend que le linge qui a la place de bouger dans le tambour est mieux lavé, plus c’est serré, mieux c’est… Avec une machine bien remplie, les résultats seront en effet meilleurs, car le linge est lavé grâce à l’eau et la lessive mais aussi à l’action mécanique du frottement des articles entre eux.

Enfin, on n’utilisera qu’exceptionnellement la fonction prélavage (linge vraiment très souillé) et "rinçage plus" qui devrait, elle, être réservée aux personnes allergiques ou à la peau particulièrement sensible.

Lessives : la main légère

Les lessives étant de plus en plus efficaces, mieux vaut toujours limiter la dose de détergent en ne dépassant jamais les prescriptions des fabricants. Le choix de la lessive aussi est important. Pour éviter des rinçages supplémentaires, il faut réserver les poudres et tablettes au linge plus sale, aux températures élevées et opter pour des lessives liquides (elles se diluent plus rapidement) pour le linge peu sali qui n’a besoin que d’un cycle court à basse température.

Quand l’eau est très calcaire, l’utilisation d’un produit antitartre maintient l’efficacité du lavage tout en prolongeant la durée de vie de la machine. Une dépense régulière qui sur le long terme se traduit par une économie appréciable. Les boules de lavage (15 à 20 € les 10 balles) promettent par leur action mécanique de diminuer le besoin de lessive d’environ 20 % pour une efficacité semblable. Des tests réalisés par l’Institut national de la consommation confirment les résultats avancés par les fabricants.

Des sèche-linge voraces

Même si leur nombre croît, les sèche-linge sont moins répandus que les lave-linge ou les lave-vaisselle. Mieux vaut s’en passer quand on a la chance d’avoir un jardin et de pouvoir tendre un fil à l’extérieur, car cet appareil demeure un luxe tant il consomme d’électricité.

Qu’ils soient à évacuation (l’air humide est expulsé vers l’extérieur via une gaine d’évacuation) ou à condensation (la vapeur d’eau produite lors du séchage se condense et est recueillie dans un bac), ces appareils figurent au palmarès des équipements ménagers énergivores. D’ailleurs aucun d’entre eux ne mérite la classe A pour son étiquette énergie. Les plus sobres sont classés en B, mais nombreux encore sont ceux qui affichent la classe C.

Le choix entre un modèle à évacuation et un modèle à condensation dépend davantage de la configuration du logement (une évacuation externe est-elle possible ?) que de la décision du consommateur. Il faudra toujours privilégier la première solution car les cycles d’un sèche-linge à évacuation sont plus courts que ceux d’un appareil à condensation. La majorité des modèles est actuellement équipée de capteurs qui mesurent le taux d’humidité dans le tambour. Quand le linge est sec, le sèche-linge s’arrête automatiquement. Il suffit donc de sélectionner le programme et de se fier à la sonde.

Plus le linge à sécher aura été bien essoré (de préférence 1 000 à 1 200 tours) par le lave-linge, plus rapide sera le séchage et donc moins il sera énergivorace. Contrairement au lave-linge que l’on a intérêt à remplir au maximum, il ne faut pas bourrer le sèche-linge mais respecter ce qui est prescrit par le fabricant. Pour bien sécher, le linge a besoin de bouger dans le tambour. Sans oublier que le filtre doit être nettoyé régulièrement pour être assuré d’obtenir une performance maximale.

À toute vapeur…

Pour limiter le temps de repassage choisir des textiles dits infroissables est une bonne solution. On optera soit pour un fer classique avec petit réservoir incorporé, soit pour une centrale vapeur avec réservoir séparé d’une plus grande capacité. Côté facture, les premiers, moins chers à l’achat, affichent une puissance moindre (environ 1 500 W contre 2 500 W). Même s’ils consomment moins, le repassage risque donc d’être finalement plus fastidieux et long, donc aussi onéreux.

L’absence d’étiquette énergie pour comparer les appareils entre eux, se comprend car, dans une même catégorie (fers classiques ou centrales), tous consomment à peu près la même chose. Quel que soit le matériel adopté, pour limiter la corvée et la note, mieux vaut repasser du linge légèrement humide que totalement sec et ne pas oublier de débrancher une fois la tâche accomplie ! Cette étourderie représente près d’un dixième de la consommation de ce type d’appareils.

Les nouveaux placards défroissants munis de tringles pour recevoir des vêtements sur cintres sont censés sécher et repasser. Mais le séchage est long (3 h 30 pour 5 kg de linge) et il consomme 5 kWh (toujours pour 5 kg), soit le double d’un sèche-linge pour un résultat final discutable. Seuls les articles en polyester s’en sortent bien, ceux qui sont en coton ont encore besoin du fer à repasser. Selon l’Union fédérale des consommateurs, le coût à l’achat (plus de 2 000 €) et à l’usage ne vaut pas le détour.

La belle sobriété des lave-vaisselle

Incontestablement, ils "boivent" moins ! À titre de comparaison, un lave-vaisselle absorbait 60 litres d’eau, il y a trente ans, contre 14 à 15 litres aujourd’hui. Beaucoup de machines peuvent donc sans complexe afficher une classe A sur leur étiquette énergie puisque, comme pour les lave-linge, la majorité de l’électricité consommée sert à chauffer l’eau. À présent, faire la vaisselle à la main (selon ses manies, on laisse couler l’eau ou on la fait tremper) peut n’être donc pas plus économique que de la confier à la machine.

"Si l’eau chaude du logement est produite par un système économe en énergie, on peut prévoir une alimentation directe du lave-vaisselle sur le circuit d’eau chaude. En effet, l’eau chaude domestique est à environ 55 °C et la température moyenne de l’eau d’un lave-vaisselle, entre 55 °C et 69 °C, est donc vite atteinte", conseille Hervé Lefebvre de l’Ademe.

La machine doit être bien remplie. Comme pour un lave-linge, deux programmes demi-charge (seule la partie haute du lave-vaisselle est garnie) consommeront davantage qu’un seul programme d’une machine pleine.

Les plats et casseroles maculés par de la nourriture qui accroche seront en revanche lavés à la main car, non seulement ils prennent de la place mais, en plus, le résultat est souvent décevant en machine. Si la vaisselle n’est pas très sale, le choix d’un programme économique à 45 ° fait baisser la consommation à 1,162 kWh contre 1,465 kWh en moyenne pour un lavage à 65 °C. Enfin, pour raccourcir les cycles et diminuer la note, il est possible de se passer de la fonction séchage. Cependant aucun appareil ne prévoyant de s’arrêter automatiquement juste avant cette phase, il faudra être près de l’appareil pour arrêter le programme au bon moment…