Portraits de maison : la maison du bon sens

Portraits de maison : la maison du bon sens

Premier concept de maison individuelle en série, certifiée Haute qualité environnementale et labellisée basse consommation, cette maison a bénéficié d'un parrainage très médiatique.

Malgré son allure ordinaire, ce pavillon aura fait couler beaucoup d’encre. À Boutigny-Prouais, petite commune d’Eure-et-Loir, le prototype de la Maison du bon sens, aussi surnommée La Bonne maison, a attiré bien des curieux. Et pour cause, elle fut l’an passé la vedette de l’émission de Yann Arthus-Bertrand, à l’origine du défi lancé au constructeur Phénix et à l’agence Coste Architecture : "Concevoir une maison respectueuse de l’environnement, confortable, à basse consommation, dans des délais et des prix raisonnables".

Commercialisée depuis avril, cette demeure est la première maison individuelle en série certifiée NF Haute qualité environnementale et labellisée Effinergie, c’est-à-dire basse consommation. Avec une consommation énergétique de 50 kWh/m2/an (jusqu’à 80 % d’économies d’énergie par an par rapport à la Réglementation thermique 2005, selon les régions et le mode de chauffage), elle anticipe ce qui volumes : plain-pied, étage et combles). devrait être la norme d’ici à 2012. Et ce à un tarif compétitif, son prix d’appel étant fixé à 1 250 € TTC le mètre carré (disponible de 98 à 121m2, avec 3 ou 4 chambres, suivant trois types de

Une isolation renforcée

Ces qualités thermiques, liées à une conception bioclimatique, n’en font pas pour autant une maison écologique en raison de la nature des matériaux choisis (ossature acier, laine de verre, dalle de béton fibré de bois certifié), énergivores et polluants durant leur fabrication. L’innovation vient notamment d’une isolation continue renforcée. "Dans une maison traditionnelle, la réglementation thermique autorise une déperdition d’air qui équivaut au diamètre d’un ballon de foot, explique Edouard Onfroy, ingénieur responsable de bureau d’étude chez Geoxia. Ici, ce serait un trou de 10 cm."

L’essentiel de la surface vitrée se trouve sur la façade sud. Au cœur de la maison, un mur en brique accumule la chaleur du soleil qui s’immisce par les fenêtres du toit. "Cette chaleur est ensuite diffusée dans la pièce par rayonnement. C’est le principe de l’inertie, commente-t-il, qui permet à la maison de se refroidir moins vite l’hiver et de se réchauffer plus lentement l’été."

Des panneaux solaires thermiques, bien intégrés à la toiture, assurent au moins 50 % de l’énergie nécessaire à la production d’eau chaude sanitaire. Pour la version Optimale, plusieurs solutions de chauffage sont proposées : chaudière à condensation, pompe à chaleur air/air ou air/eau, chaudière à granulés de bois.

Dans sa version intégrale, La Maison du bon sens comporte en plus un spot solaire (éclairage des WC par lumière naturelle) et un puits de lumière dans le séjour, grâce à quatre fenêtres sur le toit. Des options permettent d’aller encore plus loin dans les économies d’énergie : récupérateur d’eau de pluie de 5 000 litres, poêle à bois… Une petite révolution dans le pavillon.

En réhabilitation aussi

Le constructeur Geoxia a mis au point un outil de diagnostic de rénovation des maisons individuelles, Odmir 4, afin de réduire par quatre les dépenses énergétiques. Il propose aux particuliers de prendre conscience des gains énergétiques obtenus grâce à des solutions classiques ou innovantes, et de calculer leur retour sur investissement. Une réhabilitation a été déjà expérimentée dans un pavillon de Saint-Fargeau, dans l’Yonne (avec chauffe-eau solaire, récupérateur d’eau, isolation extérieure…). Site du projet Geoxia-Maisons Phénix : www.maisondubonsens.com.