Optimisez votre installation de chauffage

Optimisez votre installation de chauffage

Inutile de pousser les radiateurs au maximum pour obtenir une ambiance chaleureuse chez soi. Il vaut mieux chasser les déperditions d'énergie et utiliser correctement son installation de chauffage, que l’on vérifiera régulièrement.

Chacun de nous dispose d’une réelle marge de manœuvre pour réduire sa consommation d’énergie. Baisser la température d’un seul degré, c’est déjà économiser 7 % sur la facture de chauffage. S’offrir un pull vaut mieux pour le portefeuille que d’élever le curseur du thermostat.

Si le code de la construction fixe à 18 °C la température au centre des pièces d’un logement (article R.111-6), il stipule également que les équipements de chauffage doivent être pourvus de dispositifs de réglage permettant d’obtenir une température inférieure.

En effet, quand les pièces sont inoccupées ou dans les chambres pendant la nuit, la température ne devrait pas excéder 16 ou 17 °C. Les recommandations de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) vont dans le même sens.

"Parmi les premières causes de gaspillage d’énergie, on trouve la surchauffe des logements et l’utilisation immodérée d’eau chaude sanitaire, notamment pour remplir la baignoire. Un bain nécessite cinq fois plus d’eau qu’une douche ! Les systèmes vétustes de production de chaleur et d’eau chaude et les appareils mal entretenus occasionnent des dépenses énergétiques excessives. On a toujours intérêt à changer pour un système performant, à l’entretenir soigneusement et à bien réguler le chauffage et l’eau chaude. La seule vigilance permet de réduire sa facture d’un tiers", explique Michel Carré, ingénieur spécialiste en chauffage à l’Ademe. Un gain indicatif, qui varie en fonction de la qualité de l’isolation, de l’orientation et de la configuration de chaque logement.

Ne pas gaspiller la chaleur

Traquer les pertes thermiques et maintenir les appareils en bon état de marche devraient figurer au nombre des préoccupations prioritaires. Ainsi, disposer d’une cheminée, c’est agréable, encore faut-il penser à l’équiper d’un volet d’obturation pour empêcher l’air extérieur de s’engouffrer dans le conduit quand elle n’est pas en service. Sinon, cela revient à vivre avec une fenêtre ouverte.

Dans le même ordre d’idée, fermer les volets et tirer les rideaux dès que la nuit tombe limite la perte de chaleur et l’abaissement de la température intérieure.

Par ailleurs, afin d’en obtenir un meilleur rendement, les convecteurs ont besoin d’être dépoussiérés régulièrement (un coup d’aspirateur appareil éteint) et l’on s’abstiendra de recouvrir les radiateurs à eau. Enfin, comme son nom l’indique, un chauffage d’appoint ne s’utilise que de façon intermittente et jamais la nuit.

Entretenir les chaudières

Rien de plus exaspérant qu’une chaudière qui tombe en panne. Depuis 2009, les appareils dont la puissance est comprise entre 4 et 400 kW doivent être entretenus chaque année. A cette occasion, une attestation du vérificateur doit être remise au client. Ce dernier devra la produire en cas de contrôle.

La souscription d’un contrat de maintenance permet de prévenir l’incident. Ces contrats sont réputés assurer à une chaudière une durée de vie deux à trois fois plus longue, 5 % de pannes en moins et 8 à 12 % d’économie de combustible. Le nettoyage de tout le circuit afin d’évacuer les boues qui s’y forment, la purge des radiateurs et, bien entendu, l’isolation des tuyaux entraînent une optimisation du rendement.

Le ramonage du conduit de fumée et le contrôle des conduits tubés seront effectués par une entreprise qualifiée. Il appartient au maire, ou au préfet, de réglementer, par arrêté, leur périodicité (généralement deux fois par an pour les conduits en fonctionnement).

La température sous contrôle

Rien ne vaut un système de régulation et/ou de programmation pour piloter un système de chauffage dans des conditions optimales. Sous leur contrôle, une température adéquate est délivrée quand il faut, là où il faut, de façon constante et sans à-coups énergivores. Leur utilisation peut réduire de 10 à 25 % la consommation d’énergie.

La régulation sert à maintenir la température ambiante à un niveau choisi (température de consigne) en prenant en compte les apports gratuits de chaleur (celle des appartements mitoyens, du soleil, des appareils de cuisson, etc.).

Le système peut prendre en compte soit la totalité des besoins de l'habitation grâce à un thermostat d'ambiance et/ou une sonde extérieure, soit seulement ceux d'une pièce en particulier au moyen de robinets thermostatiques installés sur les radiateurs. La production d'eau chaude sanitaire peut éventuellement être pilotée par la régulation et fonctionner en harmonie avec le chauffage.

Trois systèmes de régulation de la température

Thermostat d’ambiance. Il convient bien dans un logement "ramassé" (un seul niveau, pas d’extension, de couloirs multiples ni de décrochements). Il mesure la température dans une pièce de référence (pièce de séjour, par exemple) et l’adapte à la température de consigne. Pour qu’il rende le meilleur service, on l’installera à environ 1,50 m du sol, loin d'une source de chaleur (cheminée, radiateur, télévision, etc.), à l'abri des courants d'air et du soleil direct. La plupart sont programmables. Attention, le thermostat d’ambiance agit a posteriori, c’est-à-dire après que l’abaissement ou la hausse de la température extérieure se fasse ressentir sur la température intérieure. Mieux vaut supporter le léger délai pour que la température intérieure s’adapte aux variations météorologiques plutôt que de rectifier manuellement le réglage. Manipulé souvent, le thermostat d’ambiance devient consommateur d’énergie !

Sonde extérieure. Elle intervient a priori, c’est-à-dire avant que les variations extérieures n’influent sur la température intérieure. Elle est mieux adaptée pour un logement peu "ramassé" dont les pièces sont susceptibles de connaître d’importantes différences de température (maison à étage, avec une grande surface au sol, des extensions, etc.). Elle mesure la température de l'air extérieur et permet à l'installation de chauffage d'anticiper les variations météorologiques : la chaudière réagit avant que le logement ait eu le temps de se refroidir ou de se réchauffer.

Robinets thermostatiques. Avec eux, on règle la température de chaque pièce, on la module et l’on valorise les apports gratuits de chaleur. Attention : les robinets thermostatiques ne doivent pas être installés dans la pièce où se trouve le thermostat d’ambiance pour que ce dernier fonctionne correctement.

Utiliser la programmation

La programmation complète la régulation. Elle permet de faire varier la température souhaitée en fonction du moment de la journée (jour, nuit, présence, absence) et du jour de la semaine (jours ouvrables, week-end). Comme il se doit, le "programme" est établi à l’avance, mais il est modifiable au moyen d’une manipulation simple en période de vacances et pour faire face à un mode d’occupation inhabituel.

Le pilotage par téléphone se révèle particulièrement intéressant pour ceux qui ont des horaires irréguliers, car il leur donne la possibilité de moduler le chauffage à distance. Ils composent leur numéro de téléphone, puis un code qui correspond à une instruction de fonctionnement du chauffage. Ce système existe pour tous les types de chauffage (central ou individuel électrique).

Conjuguer bon confort et facture allégée

Maintenir un logement à température constante n’est pas une obligation. En cas d’absence de plus de deux heures, on amènera le thermostat de 19 ° à 16 ° ; pour un déplacement important, on descendra à 14 °, voire à 12 °. Si l’absence dure plusieurs jours, 8 ° suffisent pour maintenir les conduits hors gel.

La température idéale d’une salle de bains se situe à 22 ° quand elle est utilisée. En revanche, il n’est pas nécessaire de dépasser 17 ou 18 ° lorsque personne ne l’occupe. Avec un chauffage central au fioul ou au gaz, un radiateur biénergie maintient la pièce à la température de base, l’électricité prenant le relais pour la réchauffer rapidement au moment voulu et fournir du chauffage en intersaison quand la chaudière est arrêtée.