Logement : faire un bilan énergétique

Logement : faire un bilan énergétique

Avant même de commencer les travaux de rénovation, il est indispensable de faire réaliser une étude thermique de son logement par un professionnel certifié. Choisissez ensuite de préférence des artisans qualifiés et des matériaux labellisés.

 

Le Grenelle de l’environnement a fait des économies d’énergie dans l’habitat l’une de ses priorités : pas moins de 31 millions de logements sont concernés par des travaux d’amélioration. Si elles répondent à des préoccupations écologiques - le bâtiment consomme 43 % de l’énergie (30 % pour l’habitat) et génère 23 % des émissions de gaz à effet de serre -, ces économies permettent avant tout d’alléger une facture énergétique de plus en plus lourde, tout en bénéficiant d’un meilleur confort et d’une valeur ajoutée sur son logement.
Les économies d’énergie passent d’abord par des gestes simples pour chasser le gaspillage au quotidien. Mais seuls des travaux plus ou moins lourds - isolation, changement des fenêtres, remplacement d’une chaudière - se révèlent vraiment efficaces.

Bilan énergétique : investir pour moins consommer

Depuis 2007 (arrêté du 3 mai 2007), la réglementation thermique impose des exigences minimales sur les équipements mis en œuvre pour ce type de rénovation. En parallèle, certains avantages fiscaux sont accordés, plus ou moins intéressants selon le type de travaux.
Pour relativiser le coût d’investissement, il est nécessaire d’anticiper la totalité des coûts d’usage et d’entretien : un investissement qui réduit les charges sur la durée devient une économie. Dans tous les cas, on ne s’engage pas sans avoir fait un véritable état des lieux, pour obtenir un maximum d’efficacité. Améliorer l’isolation des murs ou de la toiture avant de remplacer son installation de chauffage permet de réduire la puissance nécessaire et donc de limiter l’investissement.

Commencer par un diagnostic thermique du logement

L’autodiagnostic via Internet trouvant vite ses limites, un état des lieux des déperditions énergétiques du logement doit être effectué par un professionnel certifié, capable de préconiser des travaux d’amélioration adaptés. On s’assurera avant toute demande que le professionnel choisi est indépendant de tout groupement d’artisans et de tout fournisseur d’énergie.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) - désormais obligatoire en cas de vente ou de location d’un logement - constitue un premier pas. Son contenu est défini par un arrêté du 15 septembre 2006. Le DPE mesure la consommation d’énergie primaire du logement et le niveau d’émission de gaz à effet de serre.

En France, la consommation moyenne des logements se situe autour de 240 kWh par mètre carré et par an. Comme sur les étiquettes énergie de l’électroménager, le niveau A signale les logements les plus économes et le niveau G les plus énergivores (voir le schéma page 37). Facturé entre 100 et 250 €, le DPE donne droit à un crédit d’impôt égal à 45 % de la dépense jusqu’à fin 2012.

Quels travaux dans une copropriété ?

 Il faut compter deux à quatre ans pour mener à bien une rénovation énergétique en copropriété. Votée à la majorité absolue, elle passe par un audit énergétique, un plan pluriannuel de travaux, un plan de financement… Des interventions ponctuelles pouvant s’avérer inefficaces, il est important de privilégier une approche globale et d’agir sur les parties communes (toiture, ventilation, éclairage, chauffage…). Règle n° 1 : toujours améliorer l’isolation avant de changer une chaudière. À la suite de la loi Grenelle 2, de nouvelles mesures seront applicables courant 2011 pour voter des travaux d’économies d’énergie en copropriété.

Bilan énergétique : recourir à des artisans qualifiés

Toutefois, pour obtenir un bilan plus précis, dans le cadre d’un projet de rénovation, une véritable étude thermique sera nécessaire. « Le DPE n’est pas chiffré et ne tient pas compte du retour sur investissement, explique Éric Talpin, thermicien au cabinet Eneryia. Une étude thermique est certes plus onéreuse - entre 700 et 1 250 € -, mais elle inclut un diagnostic poussé du logement et une modélisation sur logiciel permettant d’établir différents scénarios chiffrés. Nous pouvons aussi vérifier les devis pour nous assurer que le matériel retenu ouvre bien droit aux aides financières attendues », précise ce spécialiste.

Pour réussir la mise en œuvre d’un projet de rénovation, qui représente 80 % du budget total des travaux d’isolation et de ventilation, il importe de bien choisir ses artisans, d’être vigilant aux labels qualitatifs et d’opter pour des matériaux certifiés. Devant la multiplication des démarches commerciales en matière de rénovation thermique, il peut être judicieux de faire appel à des artisans certifiés. C’est le cas des Éco-Artisans ®, marque regroupant des professionnels indépendants certifiés par l’organisme Qualibat (www.eco-artisan.net). Ou encore des Pros de la performance énergétique, artisans et entrepreneurs ayant signé la charte « Bâtir avec l’environnement » de la Fédération française du bâtiment, et certifiés là aussi par Qualibat (www.ffbatiment.fr). Tous ces professionnels sont formés aux économies d’énergie et engagés dans une démarche de recherche de la performance énergétique.