Les règles d'une bonne isolation

Les règles d'une bonne isolation

Une maison individuelle mal isolée est une véritable passoire à calories. Inutile de forcer sur le chauffage, la facture va s’alourdir… en pure perte. Il vaut mieux s’attacher à limiter les gaspillages. Voici des conseils pour choisir les bons matériaux d'isolation.

Premier objectif : le toit et les murs, principales sources de fuites. L’Ademe chiffre à 25 à 30 % les pertes dues au seul toit et à 20 à 25 % celles qui sont dues aux murs. La suite est dictée par la configuration même de la maison. Existe-t-il des murs froids, des ponts thermiques, des combles aménagés ou perdus, des terrasses sur vide sanitaire ou des planchers sur des locaux non chauffés ? À chaque problème il existe un isolant adapté.

La réglementation thermique

Depuis 1974, tous les cinq ans, à peu près tous les cinq ans, une nouvelle réglementation thermique (RT) est applicable à la construction des logements neufs, collectifs et individuels. Son objectif est de réduire d'un facteur 4 la consommation d'énergie d'ici à 2050. En France, le chauffage représente environ 43 % de la facture énergétique globale.

La RT 2000 a imposé l'emploi des mêmes techniques d'isolement utilisées pour le neuf et pour les logements collectifs anciens. Aujourd'hui, cette normalisation sert de référence technique pour l'amélioration de l'isolation des maisons individuelles. Pour mémoire, l'instauration du Diagnostic Performance Énergétique n'oblige en rien les propriétaires à réaliser des travaux d'isolation. En revanche, l'achat de matériaux isolants définis par la RT ouvre droit à des crédits d'impôt.

La RT 2005 prend en compte l’orientation de la maison : 40 % de vitrages au sud (20 % sur les autres points cardinaux). Elle incite à l'installation de chaudières à condensation, de chauffe-eau solaires, de panneaux rayonnants au lieu des convecteurs. Côté isolation thermique, cette réglementation inclut un renforcement de 10 % sur les parois (murs, planchers, toits) et les portes et fenêtres extérieures ainsi qu'une réduction supplémentaire de 20 % des ponts thermiques, en particulier sur les liaisons entre les planchers des étages et les murs extérieurs.

Le RT 2012 va encore plus loin. Il prévoit de diviser par trois la consommation d’énergie des bâtiments. Ils doivent par exemple être mieux pensés grâce à une analyse bioclimatique dès les premiers stades de leur conception.

L'isolation d'une maison doit être cohérente. Il ne sert à rien de sur-isoler les murs si l'on mégote sur la protection des combles. Il faut aussi tenir compte de la situation géographique du logement. Il existe trois zones climatiques distinctes en France : H1, H2, H3. À chaque zone correspond une norme d'isolants. La zone H1 nécessite la plus forte isolation.

Les caractéristiques des produits d’isolation

Une large gamme de matériaux traditionnels ou plus écologiques permet d'isoler l'ensemble de la maison. Afin d'éviter toute mauvaise surprise sur la qualité, la performance et la fiabilité des matériaux, il convient d'acheter (ou de faire acheter par l’entreprise) des produits certifiés. La certification Acermi (association pour la certification des matériaux isolants) a été mise en place pour apporter aux consommateurs une information objective et vérifiée dans le domaine des isolants du bâtiment. La certification se présente concrètement sous la forme d'une étiquette qui comporte la valeur de la résistance thermique (R) mais aussi le code Isole dont les lettres correspondent à d'autres propriétés.

La résistance thermique R est exprimée en m2 x C/W où C exprime la température en degrés et W des watts. R s'obtient par le rapport de l'épaisseur (en m) sur la conductivité thermique (lambda qui s’exprime en W/m x C). La résistance thermique varie de 1 à 6,5. Plus R est importante, plus le produit est isolant. L'isolation d'une surface peut se réaliser ainsi en superposant plusieurs matériaux selon les impératifs d'encombrement ou de décoration. L’objectif n’est pas d'obtenir R le plus élevé mais le mieux adapté à la zone à isoler.

Le code Isole décrit d’autres propriétés. Là aussi, plus le chiffre est élevé, meilleures sont les qualités :

  • I : propriétés mécaniques en compression (I1 à I5)
  • S : comportement aux mouvements cisaillement (S1 à S4)
  • O : comportement à l'eau (O1 à O3)
  • L : propriétés mécaniques au pliage (L1 à L4)
  • E : perméabilité à la vapeur d'eau (E1 à E5)
  • L’étiquetage peut également comporter la lettre M qui caractérise la résistance au feu (M1 à M4), M4 signifiant très inflammable.

Les isolants écologiques alternatifs

Leur utilisation arrive progressivement pour des raisons environnementales malgré un coût supérieur par rapport à celui des matériaux traditionnels. Leur fabrication et leur recyclage provoquent en effet moins d'émission de CO2. Ces matériaux peuvent être d'origine végétale ou animale. Certains comme la ouate de cellulose ont reçu la certification Acermi.

La fibre de bois en panneau. Cette fibre est issue de chutes de bois des scieries qui mélangent plusieurs essences liées par de la polyoléfine, substance également naturelle. La fibre de bois s'utilise souvent pour isoler des combles.

La ouate de cellulose. Elle est fabriquée à partir de papiers journaux recyclés, triés, broyés, puis traités naturellement pour la protéger contre les insectes et rongeurs et l'ignifuger.

Le chanvre. Il est plébiscité comme "éco-isolant" et se cultive sans pesticide avec un minimum d'engrais et sans apport d'eau. Sa transformation est purement mécanique par séparation de la tige et des fibres. Le chanvre se présente sous la forme de panneaux, de rouleaux ou en vrac. Il doit être traité (ignifugé) au carbonate de soude ou au sel de bore.

Le liège. Dommage qu'il soit onéreux. Le coût du transport – il vient en majorité du Portugal - justifie le montant du tarif. Il s'utilise pour les murs, les sols, les toitures, l’intérieur comme l’extérieur. C'est aussi un bon isolant acoustique, imputrescible en milieu humide.

Qu’est-ce que le diagnostic de performance énergétique ?

À l’image de ce qui se pratique en électroménager, le diagnostic de performance énergétique (DPE) évalue les biens immobiliers. Outre une étiquette énergie comprenant sept classes, de A à G, une étiquette climat permet de connaître la quantité de gaz à effet de serre émise. Les classes C et D correspondent en moyenne au niveau réglementaire d’un bâtiment neuf, la A à une basse consommation (50 kWh/m2/an) et la G à un bâtiment énergivore (plus de 450 kWh/m2/an).

Financé par le propriétaire (entre 90 et 200 €) et réalisé par un diagnostiqueur professionnel certifié, indépendant de ce dernier, le DPE est actuellement valable dix ans. Bien qu’il ne constitue pas une garantie contractuelle, il doit désormais être fourni à la vente comme à la location. Il présente des recommandations de travaux à réaliser pour améliorer la performance énergétique et s’accompagne d’informations pouvant faciliter la décision : estimation du coût, des économies réalisables, retour sur investissement…