Les prix de l’immobilier sont susceptibles de baisser au second semestre 2018

Les prix de l’immobilier sont susceptibles de baisser au second semestre 2018
Les prix ont crû dans huit des onze villes françaises les plus peuplées. - © 3283197d_273

Thomas Lefebvre, directeur scientifique de MeilleursAgents, anticipe cette tendance en raison de la remontée des taux de crédit.

Devez-vous reporter votre achat ? Les prix dans l’ancien sont susceptibles de reculer au second trimestre 2018, en raison de la hausse des taux d’intérêt d’emprunt proposés par les banques pour financer les transactions, à en croire Thomas Lefebvre, spécialiste du marché immobilier.

« Depuis 2016, les taux d’intérêt ont plongé, sous l’effet de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), conçue pour soutenir les économies de la zone euro », nous indique vendredi 2 mars le directeur scientifique du site MeilleursAgents. « Cette politique a contribué à une augmentation généralisée des prix de l’immobilier, qui a accéléré en 2017 », ajoute Thomas Lefebvre. L’année dernière en effet, de nombreux Français, craignant l’élection à la présidence de la République d’un candidat hostile à l’Union européenne (UE), ont précipité la mise à exécution de leur projet d’achat. Ce qui a fait bondir le nombre de transactions dans l’ancien, proche du « million » en 2017, rappelle l’expert.

La reprise économique pousse le président de la BCE, Mario Draghi, à réduire ses « injections de liquidités ». « La question n’est donc pas de savoir si les taux de crédit vont remonter en 2018, mais quand », souligne le cadre de MeilleursAgents.

Interrogée en janvier, Sandrine Allonier, directrice des relations banques du réseau de courtage en crédit Vousfinancer.com disait s’attendre à « une stabilité des taux en 2018 ».

En janvier, les taux fixes d’emprunt immobilier ont diminué pour le quatrième mois consécutif, à 1,48 % en moyenne, d’après l’Observatoire Crédit Logement/CSA.

« Sur les deux premiers mois de 2018, les prix sont toujours orientés à la hausse », précise Thomas Lefebvre. En février, les montants ont progressé dans huit des onze villes françaises les plus peuplées, selon le baromètre publié jeudi par MeilleursAgents*.

Taux stables au premier semestre

« Au premier semestre, les taux devraient rester stables, d’autant qu’en début d’année les banques font des offres commerciales agressives pour conquérir des clients », estime Thomas Lefebvre. Mais « au second semestre, nous constaterons le résultat du changement de cap de la BCE : les taux d’emprunt à 20 ans devraient remonter au-delà de 2 %, ce qui pourrait entraîner une diminution des prix »

Le spécialiste ne se risque pas à prévoir le niveau de ce repli, dépendant du niveau de la hausse des taux ainsi que de l’attractivité économique des territoires. « La baisse des prix devrait être plus forte dans les villes où le taux de chômage est élevé, comme Saint-Etienne, que dans des zones géographiques plus attractives, par exemple Bordeaux ou Lyon », anticipe Thomas Lefebvre. Le marché immobilier n’est décidément pas uniforme.

* Les prix ont crû à Paris, Marseille, Lyon, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Lille et Rennes. Ils ont stagné à Bordeaux et baissé à Toulouse et Nice.