L'isolation de votre logement du sol au grenier

L'isolation de votre logement du sol au grenier

L’isolation s’impose comme le poste prioritaire de tout projet d’amélioration énergétique. Objectif : empêcher les calories de s’échapper, pour réduire les besoins en énergie. Une opération parfois coûteuse, mais rentable à terme.

Isoler un logement consiste à renforcer la performance thermique des parois, à éliminer les fuites d’air et à réduire les ponts thermiques, c’est-à-dire tous les points faibles et les discontinuités qui ap­paraissent à la jonction des murs et des planchers. La manière d’isoler dépend de nombreux paramètres, notamment du type de construction.

- 22 % (13 % pour les parois vitrées), c’est le taux du crédit d’impôt accordé sur les travaux d’isolation (matériaux + main-d’œuvre) réalisés avant le 31 décembre 2012 dans un logement de plus de deux ans, pris dans la limite de 8 000 € pour une personne (16 000 € pour un couple), plus 400 € par personne à charge.

Voir les conditions techniques sur www.ecocitoyens.ademe.fr. Les matériaux doivent également être certifiés : Acermi pour les produits isolants, NF et CSTBat pour les matériaux d’isolation porteurs.

Isoler une maison ancienne ou récente

Dans une maison ancienne. Les déperditions se font surtout par le toit et les défauts d’étanchéité à l’air. Toute intervention sur les murs nécessite des précautions particulières. « Réalisés avec des matériaux naturels, les murs ne se comportent pas de la même manière sur le plan hygrothermique qu’un bâti moderne, étanche à l’humidité, explique Frédéric Loyau, thermicien chez Fiabitat.

Dans un mur en pierre, l’eau contenue dans le sol remonte naturellement et s’évapore. Si on l’isole par l’intérieur avec un produit étanche, l’évaporation sera freinée et cela provoquera une augmentation forte du taux d’humidité dans le mur, sa fragilisation et la dégradation de l’isolant. Il faudra donc employer des matériaux perméables à la vapeur d’eau. »

Dans une maison récente. Une isolation par l’extérieur évite les ponts thermiques et permet de ne pas réduire les surfaces habitables. Plus coûteuse que l’isolation intérieure, elle exige une déclaration préalable de travaux ou un permis de construire.

Isolation : traiter d’abord les combles

L’air chaud s’élevant naturellement, les calories fuient massivement par le toit. On a donc intérêt à traiter les combles en priorité. Selon l’Agence nationale de l’habitat (Anah), ces travaux permettent généralement une réduction de la consommation supérieure à 25 %.

Avec des combles perdus. L’isola­tion se fait sur le plancher ou entre les solives, en déroulant des panneaux d’isolant ou en projetant l’isolant par soufflage. La réglementation exige un isolant d’une résistance thermique (R) supérieure ou égale à 5, soit de la laine minérale de 20 cm d’épaisseur. À proscrire : les produits minces réfléchissants (PMR), aussi appelés « isolants minces », très peu efficaces.

  • Budget (1) : entre 25 et 50 €/m2.
  • Gain sur les consommations : 27 % en moyenne.
  • Retour sur investissement hors subvention : 8 ans pour un chauffage au gaz, 5 ans au fioul, 6 ans à l’électricité.

Avec des combles habitables. C’est la solution la moins onéreuse consiste à dérouler des panneaux d’isolant sous la charpente.

  • Budget (1) : entre 40 et 60 €/m2 .
  • Gain sur les consommations : 27 %.
  • Retour sur investissement hors subvention : 12 ans pour un chauffage au gaz, 8 ans au fioul, 9 ans à l’électricité.

(1) Chiffres estimés par l’Agence nationale de l’habitat pour une maison ancienne de 100 m2 habitables, avec 15 m2 de surface vitrée (huit ou neuf fenêtres),en région parisienne, et équipée d’un système de chauffage de plus de quinze ans (base tarifs juillet 2010).

Les deux solutions pour isoler les murs

Il existe deux façons d’isoler les murs, soit par l’intérieur, soit par l’extérieur.

Isolation par l'intérieur. C’est une solution complexe en raison de la présence des canalisations, des radiateurs, des prises électriques… et qui implique de refaire la décoration ! En outre, elle ne permet pas de traiter tous les ponts thermiques. Dans tous les cas, les problèmes d’humidité doivent être résolus efficacement avant la pose de l’isolant.

Pour donner droit à un crédit d’impôt ou à une subvention de l’Anah, l’isolant doit présenter une résistance thermique supérieure ou égale à 2,8, soit au moins 10 cm de polystyrène expansé ou de laine minérale.

  • Budget (1) : pour la totalité des murs, entre 60 et 120 €/m2.
  • Gain sur les consommations : 20 %.
  • Retour sur investissement hors subvention : 25 ans pour un chauffage au gaz, 17 ans au fioul, 19 ans à l’électricité.

Isolation par l'extérieur. C’est la technique la plus coûteuse. Elle n’est pas toujours possible (bâti ancien, respect du patrimoine, emprise sur la voie publique…) et doit prendre en compte les grilles d’aération existantes (sauf nouvelle ventilation). Mais en renforçant l’inertie du bâti, elle améliore le confort thermique l’été.

Pour une isolation complète :

  • Budget (1) : entre 80 et 160 €/m2.
  • Gain sur les consommations : 25 %.
  • Retour sur investissement hors subvention : 24 ans pour un chauffage au gaz, 16 ans au fioul, 18 ans à l’électricité.

Pour l’isolation d’un seul pignon :

  • Budget (1) : entre 20 et 25 €/m2.
  • Gain sur les consommations : 10 %. - Retour sur investissement hors subvention : 21 ans pour un chauffage au gaz, 14 ans au fioul, 16 ans à l’électricité.

(1) Chiffres estimés par l’Agence nationale de l’habitat pour une maison ancienne de 100 m2 habitables, avec 15 m2 de surface vitrée (huit ou neuf fenêtres),en région parisienne, et équipée d’un système de chauffage de plus de quinze ans (base tarifs juillet 2010).

L’isolation complexe du sol

Difficile à mettre en œuvre, l’isolation du plancher dépend de sa nature.
Avec un plancher sur terre-plein... ou sur vide sanitaire, les travaux sont lourds, voire délicats, mais réduiront la sensation de sol froid. Attention aux remontées d’humidité du sol vers le bâtiment !

  • Budget (1) : entre 30 et 50 €/m2.
  • Gain sur les consommations : 20 %, soit 354 € par an avec un chauffage au gaz, 525 € au fioul, 477 € à l’électricité.
  • Retour sur investissement hors subvention : 25 ans au gaz, 17 ans au fioul, 19 ans à l’électricité.

Avec un plancher sur cave... ou en sous-sol, une isolation sous le plancher peut s’envisager si la hauteur sous plafond du local inférieur est suffisante (pose de panneaux, dalles, flocage…).

  • Budget (1) : entre 20 et 40 €/m2.
  • Gain sur les consommations : 7 %, soit 124 € par an avec un chauffage au gaz, 183 € au fioul, 167 € à l’électricité.
  • Retour sur investissement hors subvention : 32 ans au gaz, 22 ans au fioul, 24 ans à l’électricité.

(1) Chiffres estimés par l’Agence nationale de l’habitat pour une maison ancienne de 100 m2 habitables, avec 15 m2 de surface vitrée (huit ou neuf fenêtres),en région parisienne, et équipée d’un système de chauffage de plus de quinze ans (base tarifs juillet 2010).

Le choix d’un isolant naturel

Isoler son logement apporte un bénéfice environnemental grâce aux économies d’énergie réalisées. Mais tous les produits isolants ne présentent pas le même impact écologique. « En termes de performance thermique, les matériaux chimiques (laine de verre, mousses de polyuréthane et polyester…) sont plus efficaces », admet Éric Talpin, thermicien.

Les meilleurs matériaux isolants ont en effet des coefficients de conductivité thermique inférieurs à 0,03 W/m.K (watt par mètre d’épaisseur par degré Kelvin), tandis que les coefficients des isolants écologiques se situent entre 0,038 et 0,042. Or, plus ce coefficient est petit, plus le matériau est isolant.

« Mais si l’on intègre des paramètres tels que l’énergie grise [NDLR : énergie nécessaire à la fabrication, à la production, à l’utilisation, au recyclage des matériaux], les émanations de composés organiques et l’inertie, les matériaux naturels s’imposent », poursuit ce spécialiste. Leur fabrication requiert moins d’énergie et génère moins de gaz à effet de serre (s’ils n’effectuent pas un long transport !).

Leur impact sur la santé est moindre en termes d’émissions toxiques et ils procurent un meilleur confort l’été. Dans ce domaine, la ouate de cellulose, issue de papiers et cartons, et la fibre de bois sortent du lot. Elles permettent d’atteindre facilement les performances de la basse consommation, avec une conductivité thermique comprise entre 0,037 et 0,044.

Isoler son habitat : la ventilation est indispensable

L’installation d’une ventilation performante est le pendant indispensable d’une isolation renforcée, de façon à éviter les problèmes d’humidité, de moisissures et de pollution intérieure. Contrairement à la ventilation naturelle, à l’aide de grilles d’aération, un système de ventilation mécanique dispose d’un moteur électrique qui actionne un ventilateur. L’air frais est pris à l’extérieur au niveau des pièces de vie (chambres, séjour) et l’air vicié est évacué des pièces de service (cuisine, salle de bains, WC…).

Il existe différents systèmes de ventilation mécanique contrôlée (VMC), à tous les prix. Dans tous les cas, l’installation est plus onéreuse en rénovation que dans du neuf et doit consommer au maximum 0,25 Wh/m3 par ventilateur pour respecter la réglementation thermique. On peut privilégier les modèles avec VMC simple flux (autoréglable ou hygroréglable) pour leur plus grande simplicité de mise en œuvre, contrairement aux modèles double flux nécessitant le passage de nombreuses gaines.

Bien réglée, une VMC émet entre 30 et 35 décibels, soit un léger bruit de fond. Dans une pièce très calme, ce souffle peut être perturbant. L’inconfort sonore provient bien souvent d’un mauvais dimensionnement, d’un problème de mise en œuvre ou d’entretien. Il faut donc être vigilant quant aux normes du matériel (NF VMC double flux), aux compétences de l’installateur et à l’entretien du système (environ 130 € tous les trois ans).

L'avis de l'expert : Frédéric Loyau, thermicien chez Fiabitat

Quand on pense rénovation énergétique, il faut considérer l’enveloppe globale de sa maison et ne pas se focaliser d’emblée sur le chauffage. Inutile aussi d’isoler fortement un mur si on n’isole pas le toit. En revanche, dès que l’isolation est renforcée, un bon renouvellement de l’air est indispensable et le choix d’une ventilation adaptée crucial. Le remplacement du chauffage arrive en dernier, car le fait d’isoler diminue les besoins. Une chaudière obsolète mérite d’être remplacée par un modèle à bon rendement. Grâce à l’éco-prêt à taux zéro, on peut entrer dans une logique intéressante de bouquet de travaux. Les économies générées par la baisse des coûts de fonctionnement compensent au fil du temps l’investissement effectué.

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