Toit, murs, sol, fenêtres : bien isoler son logement

Toit, murs, sol, fenêtres : bien isoler son logement
Le toit constitue la priorité des priorités en matière d’isolation. - © brizmaker

Tous les travaux d’isolation n’ont pas la même performance. Nos conseils pour miser sur les plus rentables et éviter les erreurs.

LE TOIT : LA PRIORITÉ DES PRIORITÉS

L’air chaud monte... et s’échappe par la toiture si celle-ci n’est pas équipée pour le retenir. « C’est la plus grande source de déperdition d’énergie dans une maison, qui voit ainsi s’envoler 25 à 30 % de sa chaleur », rappelle Florence Clément, de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Même les logements isolés depuis quelques décennies sont concernés car « les matériaux s’usent et les épaisseurs d’isolants installées à l’époque étaient plus faibles que celles recommandées aujourd’hui », relève la spécialiste de l’Ademe.

Si les combles sont perdus (c’est-à-dire non aménageables), mais accessibles, il faudra y dérouler des matériaux isolants, ou les souffler à l’intérieur en les propulsant à l’aide d’une machine. « C’est une technique très utilisée en présence de charpentes légères industrielles », indique David Morales, artisan spécialiste de l’isolation, président UNA métiers et techniques du plâtre et de l’isolation. C’est l’une des techniques d’isolation les moins onéreuses, entre 18 et 60 euros par mètre carré isolé.


Vos combles sont aménageables ? Afin de préserver l’espace habitable, l’idéal est de disposer deux couches de matériaux isolants
 le long de la toiture, puis de les recouvrir d’un parement de finition (bois, plaques de plâtre...). Budget : 60 à 120 euros par mètre carré, sans compter les travaux de décoration... Même principe si les combles sont déjà aménagés.

Pour éviter de tout casser pour refaire l’isolation, une autre technique consiste à retirer les tuiles en vue d’isoler le toit par l’extérieur avant de les replacer. Le coût est nettement plus élevé : 120
 à 300 euros par mètre carré. Elle s’applique aussi à un projet d’isolation des combles perdus inaccessibles. Si vous êtes contraint de refaire la toiture, profitez-en d’emblée pour bien isoler et ne plus avoir à y revenir...

LES MURS : CHOISIR LA BONNE TECHNIQUE

C’est, après le toit, la plus importante source de déperdition : les murs peuvent laisser s’échapper 20 à 25 % de la chaleur, même s’ils sont très épais.

« L’épaisseur offre de l’inertie : les murs vont mettre davantage de temps à restituer le chaud ou le froid. Mais cela n’empêche pas les échanges de température. La preuve, au début de l’hiver, pour chauffer la maison, il faut d’abord chauffer les murs », précise Giovanni Lecat, porte-parole de l’association Thermorénov, qui rassemble des entreprises spécialisées dans la rénovation globale des maisons.

Pour isoler les murs, la solution la plus efficace, privilégiée notamment dans les pays du nord de l’Europe, est de les envelopper
 de matériaux isolants : le froid ne pénétrera pas dans la paroi. Cela évite aussi les ponts thermiques. Mais il est dommage de dissimuler ainsi, sous un isolant recouvert de crépi ou de bois, les belles façades en pierre ou à colombages des maisons anciennes. En outre, dans ces maisons traditionnelles, les murs ont souvent besoin de respirer : couper leurs échanges a pour effet de bloquer l’humidité à l’intérieur. Enfin, cette technique revient un peu plus cher (120 à 300 euros par mètre carré, le plus souvent) que l’isolation des murs par l’intérieur, plus répandue en France.

Cette autre solution consiste à doubler de l’intérieur les murs avec de l’isolant. Mais ils gagnent alors dix à quinze centimètres d’épaisseur, ce qui réduit la superficie de la pièce.

« C’est un inconvénient difficilement acceptable dans certaines maisons tout en hauteur où les pièces sont déjà très petites. Si on ne peut plus placer, par exemple, un grand
 lit dans une chambre, c’est pénalisant », avertit Jean-Jacques Barreau, délégué technique 
chez LCA FFB.

L’isolation par l’intérieur oblige aussi à quelques ajustements de plomberie et d’électricité. Les interrupteurs électriques, par exemple, doivent être reposés sur le mur doublé.

LE SOL, UN ATOUT POUR LE CONFORT

Seulement 7 à 10 % de la chaleur de la maison s’échappent par le sol. Mais la sensation de froid ressentie lorsqu’il est mal isolé incite parfois à surchauffer les pièces du rez-de-chaussée, ce qui alourdit inutilement la facture d’énergie. « Le vide sanitaire sur lequel sont construites beaucoup de maisons est un gouffre d’air froid qui remonte par le sol », explique Florence Clément. D’où l’intérêt d’installer des plaques isolantes au plafond du sous-sol. « S’il est possible d’y accéder, c’est assez simple. Prévoyez un budget de 4 000 à 8 000 euros environ pour une surface de 100 mètres carrés », explique Giovanni Lecat.

Mais certaines maisons, sans sous-sol ni vide sanitaire, souffrent aussi de déperdition par le sol. « Dans ce cas, la seule solution est de casser le carrelage ou le parquet existant, pour poser l’isolant avant de refaire une chape et d’installer un nouveau revêtement », explique le spécialiste de Thermorénov. Au prix de l’isolation elle-même s’ajoute le coût de l’évacuation des gravats, de la chape et des revêtements choisis. Le budget peut donc doubler, ou tripler, par rapport à l’isolation par le dessous.

LES FENÊTRES OU LES PORTES PALIÈRES ?

Si votre séjour profite d’une grande baie vitrée des années 1970 ou 1980, ou si votre maison compte de nombreuses fenêtres à simple vitrage qui joignent mal, les changer vous aidera à réaliser de réelles économies de chauffage. Selon les statistiques de l’Ademe, les fenêtres sont responsables de 10 à 15 % des déperditions de chaleur, et là encore, le froid ressenti à cause de ces parois froides incite à surchauffer la maison. De bonnes fenêtres, bien posées par un professionnel, assurent un meilleur confort et ôtent l’envie de pousser le thermostat. Mais attention à ne pas mégoter sur la qualité. Côté matériaux, le PVC est plus isolant que l’aluminium, par exemple. Mais vous devez surtout regarder le coefficient Uw, qui permet de juger de l’isolation de la fenêtre dans son intégralité. Plus il est faible, meilleure est l’isolation thermique.

Pour des fenêtres (le vitrage et la menuiserie), l’indice Uw ne doit pas dépasser 1,3 et il est même possible de descendre en dessous 
de 1 avec des triples vitrages. Surveillez aussi l’indice Sw qui mesure la capacité du soleil à chauffer la maison à travers la vitre. Excepté dans le sud, un Sw faible (0,6 par exemple) est utile.

« Attention, les vieilles fenêtres mal isolées ventilent aussi le logement. La pose de nouvelles fenêtres plus performantes peut déclencher des problèmes d’humidité dans le logement, si la ventilation n’est pas adaptée en conséquence », avertit Jean-Jacques Barreau. Si vos fenêtres sont déjà à double vitrage, il est parfois plus efficace de concentrer vos efforts sur les portes. « Celle de l’entrée est souvent une véritable passoire », souligne Jean-Jacques Barreau, comme celles qui séparent les parties chauffées de la maison des autres (la porte qui donne dans le garage ou la buanderie par exemple).

Pensez également aux volets non ajourés, qui peuvent apporter un supplément d’isolation pendant la nuit.

CHOISIR LES BONS MATÉRIAUX

Pour comparer efficacement des devis et obtenir une bonne isolation, surveillez la qualité des matériaux proposés. Quelques indicateurs vous aident.

Le coefficient de conductivité thermique lambda indique la capacité de l’isolant conduire la chaleur. Plus ce coefficient est élevé, plus le matériau est isolant. Les produits courants ont
 un coefficient compris entre 0,025 et 0,05 W/m.K.


La résistance thermique R exprime la performance de l’isolant. Plus le R
 est élevé, meilleure est l’isolation. Pour bénéficier du crédit d’impôt, vous devez faire poser des matériaux répondant à des critères techniques précis, imposés par la réglementation pour assurer
 une bonne isolation et que les artisans consciencieux respectent.

« Ces critères n’ont pas été choisis au hasard », rappelle David Morales. Mais, pour les fenêtres, qui n’entrent plus dans le champ du crédit d’impôt, vous devez lire attentivement 
le devis et vérifier la performance de 
la fenêtre que vous achetez, pour ne
 pas risquer de surpayer un produit de médiocre qualité.

Quel crédit d’impôt, aujourd’hui ?

Si vous isolez votre résidence principale, que vous soyez propriétaire ou locataire, vous bénéficiez du crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) égal à 30 % du prix des matériaux TTC. S’y ajoute le coût de la main-d’œuvre (pose) lorsque vous isolez le toit, les murs et les planchers bas. L’opération doit être réalisée par un professionnel qui a obtenu la qualification RGE pour les travaux que vous envisagez. Le montant des dépenses éligibles est plafonné à 8 000 euros pour une personne seule et 16 000 euros pour un couple soumis à imposition commune (majoration de 400 euros supplémentaires par personne à charge). Attention, désormais, les portes d’entrée, les fenêtres et les volets isolants ne sont plus éligibles à cet avantage fiscal.