Insectes, acariens, rongeurs... comment s'en débarrasser

Insectes, acariens, rongeurs... comment s'en débarrasser

Puces, chenilles, moustiques, rats... Ces nuisibles prennent d'assaut les lits, empoisonnent les maisons, colonisent les jardins et menacent parfois notre santé. Voici comment s'en débarrasser.

Le réchauffement climatique et le dévelop­pement des transports aériens – voyageurs et marchandises – ont favorisé la propagation de parasites hématophages (suceurs de sang ou piqueurs).

Les interventions des professionnels de la lutte contre ces nuisibles ont doublé en dix ans, comme le constate Marc Esculier, président de la Chambre syndicale désinfection, désinsectisation, dératisation.

Les nuisibles transportent virus et bactéries

Porteurs de bactéries ou de virus, les nuisibles transmettent à l’homme des infections bénignes, qui débouchent parfois sur des complications respiratoires, hépatiques ou rénales.

 Les victimes de ces parasites souffrent d’allergies, de démangeaisons, d’infections, voire de dépression tant la cohabitation avec des punaises ou des puces est pénible , témoigne Pascal Delaunay, parasitologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice.

Car ces insectes deviennent résistants aux produits censés les détruire.

Découvrez nos conseils pour se débarrasser de ces envahisseurs.

Les punaises de lit : attention aux boutons

Punaises, puces ou acariens provoquent des allergies et des démangeaisons.

  • Où ? Dans toutes les habitations, les hôtels, les hôpitaux ou les crèches.
  • Comment les repérer ? Ces punaises ont la taille d’un pépin de pomme. Elles laissent des déjections noires sur le matelas, les draps. On les détecte aussi grâce à des traces de sang sur les draps.
  • Impact sur la santé. Leurs piqûres provoquent des boutons par paquets, visibles sur les bras, les jambes ou le dos. Les démangeaisons apparaissent peu après. Une réaction allergique – des boursouflures localisées, rouges et douloureuses – peut survenir. Les punaises ne sont pas vecteurs de maladies.
  • Se soigner. Éviter de se gratter. Nettoyer la peau au savon et étendre une crème antiseptique. Les démangeaisons disparaissent sous dix jours.
  • S’en débarrasser. Inspecter matelas, draps, vêtements et valises. Laver les vêtements et les draps à 60°. Passer l’aspirateur sur la literie et les fauteuils avec un bec suceur pour ramasser les œufs et les larves. Jeter le sac bien fermé puis nettoyer le conduit. Passer à la vapeur (120°) la literie. En cas d’échec, le service d’hygiène municipal peut procéder à une désinsectisation du mobilier et de la literie.

Les puces, sources d'infection

  • Où ? Les maisons habitées par des chats sans collier à puces sont souvent infestées de puces dites « de parquet », puisqu’elles y pondent leurs œufs et que les larves y survivent des mois.
  • Comment les repérer ? Les piqûres sont localisées par dizaines sur les chevilles et les jambes. Des taches de sang marquent parfois les draps.
  • Impact sur la santé. Ces piqûres provoquent des démangeaisons, voire des allergies. Les lésions cutanées peuvent donner de la fièvre.
  • Se soigner. Nettoyer la zone avec une lotion antiseptique. En cas de réaction allergique, appliquer une crème antihistaminique. Si une infection bactérienne se développe, la prise d’antibiotiques s’impose.
  • S’en débarrasser. Passer l’aspirateur et laver les sols avec un détergent pour éliminer œufs et larves. Appliquer un insecticide sur les vêtements et l’ameublement. En cas d’infestation grave, les services municipaux peuvent intervenir.

Les sarcoptes vecteurs de la gale

Le sarcopte, un acarien, transmet la gale, qui progresse de 10 % par an depuis dix ans.

  • Où ? La gale est provoquée par le sarcopte, un acarien qui vit dans l’épiderme – où il pond ses œufs. La contamination se fait par contact cutané rapproché, voire intime.
  • Comment le repérer ?  Des vésicules, des sillons, des nodules apparaissent sous la peau des mains, des pieds, des parties génitales, ou du dos chez les personnes alitées. Attention, pour éviter toute confusion avec l’eczéma, un diagnostic médical est conseillé.
  • Impact sur la santé. Le parasite provoque des démangeaisons, et ses excréments sont allergisants. La contagion dure environ quatre semaines.
  • Se soigner. Traiter localement avec une pommade (du type Ascabiol, non remboursée par la Sécurité sociale) à appliquer tout de suite, puis dix à quinze jours plus tard afin d’être certain d’avoir tué les larves.
  • S’en débarrasser. Prendre une douche quotidienne. Le linge des trois jours précédant l’apparition des symptômes sera lavé à 60°. L’ameublement doit être nettoyé à la vapeur (120°) puis vaporisé d’un acaricide.

Les chenilles processionnaires, allergisantes

Les chenilles processionnaires du pin ou du chêne sont couvertes de soies urticantes qui, dispersées par le vent, induisent irritations ou conjonctivites.

  • Où ? Les nids – de gros cocons blancs – se trouvent dans les pins sylvestres, cèdres, sapins… En France, ces chenilles sont implantées dans le Sud et jusqu’au nord de la Loire.
  • Comment les repérer ? Elles se déplacent en colonnes longues de plusieurs mètres.
  • Impact sur la santé. Au stade larvaire, elles sécrètent des soies qui libèrent un venin dans la peau au fort pouvoir urticant et allergisant.
  • Se soigner. Le prurit du visage ou des mains s’estompe par un lavage soigneux à l’eau froide. Appliquer une pommade corticoïde ou antihistaminique si les démangeaisons sont insupportables. Si les yeux ou les voies respiratoires sont touchés, consulter un médecin. Dans tous les cas, laver les fruits du jardin (les soies peuvent s’y déposer) et éviter de stationner ou d’étendre du linge sous un arbre infesté.
  • S’en débarrasser. Prélever les nids en hiver et pulvériser les arbres de produits phytopharmaceutiques. Placer des pièges à chenilles. Lorsque les papillons sont éclos, placer des pièges à phéromones ou des nichoirs à mésanges – cet oiseau est leur prédateur naturel. Les services municipaux
  • peuvent aussi intervenir.

Les moustiques tigres : porteurs du chikungunya

Les ­moustiques-tigres inoculent les virus du chikungunya et de la dengue.

  • Où ? Présents en Asie du Sud-Est, en Afrique et aux Antilles, les moustiques-tigres se sont propagés jusqu’en France métropolitaine.
  • Comment les repérer ? Ils affectionnent les points d’eau dormante, comme des pots de fleurs avec leur coupelle, dans lesquels pondent les femelles – rayées de blanc et noir.
  • Impact sur la santé. Le virus du chikungunya est inoculé à l’homme par la piqûre des femelles. Après une incubation de deux à dix jours apparaissent des maux de tête, des douleurs articulaires aux poignets, aux chevilles, aux genoux, des conjonctivites, des éruptions cutanées. Les raideurs articulaires durent des semaines, voire des mois.
  • Se soigner. Dans sa forme simple, la maladie se soigne avec des antidouleurs (du type Doliprane) et des anti-inflammatoires prescrits par un médecin.
  • S’en débarrasser. L’épandage collectif d’insecticide et l’élimination des points d’eau autour des maisons doit être accompagné du port de vêtements longs, de l’application de répulsifs sur la peau et d’insecticides sur les vêtements.

Les rongeurs véhiculent des bactéries

Les colonies de rongeurs (souris ou rats), en augmentation, sont susceptibles de véhiculer une bactérie provoquant fièvre et douleurs articulaires.

  • Où ? Les rongeurs – souris grises et rats – sont partout !
  • Comment les repérer ? Ils visitent placards et réserves de nourriture et consomment des ordures ménagères. Ils répandent des crottes de la taille d’un grain de riz (souris) ou d’un noyau d’olive (rats). Ils excrètent des bactéries, les leptospires, dans leurs urines, contaminant la nourriture et l’eau.
  • Impact sur la santé. Les bactéries passent dans le sang à la suite d’un contact par la peau ou les muqueuses. La leptospirose se manifeste par de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires. Dans sa forme la plus grave, elle peut atteindre les reins et les poumons.
  • Se soigner. Le traitement consiste en une antibiothérapie par voie injectable. Le Haut Conseil de la santé publique recommande le port de protections aux égoutiers, éboueurs et agriculteurs.
  • S’en débarrasser. Par des opérations de dératisation massives. Les interventions se sont démultipliées depuis dix ans. Un vaccin contre la leptospirose protège les travailleurs très exposés.

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