Huit conseils pour financer vos travaux de rénovation

Huit conseils pour financer vos travaux de rénovation
Se lancer dans des travaux ne s’improvise pas. - © demaerre

Rénover ou réaménager son logement fait vite grimper la facture ! Nos solutions pour réaliser vos projets à moindres coûts grâce aux prêts aidés, subventions et coups de pouce fiscaux.

Que devez-vous faire en premier ?

Se lancer dans des travaux ne s’improvise pas. Il faut commencer par faire établir des devis auprès de professionnels pour chiffrer précisément le budget. Ces devis vous serviront à étudier les aides dont vous pouvez bénéficier, comme un prêt à taux avantageux ou une subvention. Ils s’imposeront également si vous prévoyez de souscrire un crédit travaux auprès de votre banque ou d’un organisme spécialisé.

Obtenir un prêt sans apport, est-ce envisageable ?


Tout dépend de vos emprunts existants, de votre épargne et de vos rentrées d’argent à venir. Si vous êtes peu endetté, il est possible de souscrire un crédit pour la totalité de votre budget. Si vous disposez d’une épargne de précaution, vous pouvez y puiser une partie et emprunter le reste, afin de conserver des liquidités en cas de besoin.

Avez-vous droit à un prêt subventionné ?


Soyons clairs : les aides accordées pour les travaux de rénovation classique se révèlent moins nombreuses que celles concernant la rénovation énergétique. Cependant, vous pouvez bénéficier de quelques coups de pouce sous condition. Le prêt d’accession sociale (PAS) destiné aux ménages modestes finance des travaux d’un minimum de 4 000 euros.
 Son taux, plafonné par l’État, varie d’une banque à l’autre. Pensez aussi, en cas de ressources limitées, au prêt à taux zéro (PTZ) de l’État permettant d’acheter un logement ancien à rénover. Pour des travaux dans un bien dont vous êtes déjà propriétaire, la Caisse d’allocations familiales (CAF) propose un prêt
 à l’amélioration de l’habitat accessible aux bénéficiaires d’une prestation familiale (allocations familiales, allocation de soutien familial, prestation d’accueil du jeune enfant, etc.).

« Les travaux éligibles à ce prêt sont identiques à ceux éligibles aux subventions de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH). Hors rénovation énergétique, il s’agit principalement de travaux d’adaptation du logement à la perte d’autonomie ou au handicap, ou encore destinés à lutter contre l’habitat indigne », précise Mariette Daval, responsable du département Insertion et Cadre de vie à la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF).

Concrètement, le prêt de la CAF couvre jusqu’à 80 % des travaux dans la limite de 1 067,14 euros. Ne finançant qu’une fraction de vos dépenses, il est donc indispensable de trouver une solution pour le solde soit en puisant dans votre épargne, soit en souscrivant un crédit. De son côté, la subvention de l’ANAH pour l’adaptation du logement à la perte d’autonomie s’établit à 35 % des travaux d’un montant plafonné à 20 000 euros (hors taxes) pour les ménages aux revenus modestes, soit une subvention de 7 000 euros maximum. Pour les ménages très modestes, la subvention s’élève à 50 % des travaux de 10 000 euros maximum.

En tant que salarié, pouvez-vous prétendre au prêt Action Logement ?


C’est « LE » prêt subventionné ouvert au plus grand nombre : le prêt travaux amélioration d’Action Logement (anciennement 1 % Logement) s’adresse aux salariés des entreprises du secteur privé non agricole qui comptent au moins dix salariés.

Autre critère à respecter : être propriétaire de sa résidence principale. Ce prêt est soumis 
à l’accord de l’entreprise selon une enveloppe annuelle définie réglementairement. Particulièrement souple, il couvre une très large palette de travaux, comme le remplacement des sanitaires ou des revêtements de sol, la peinture, la pose de papiers peints, etc. Son montant s’établit à 10 000 euros maximum, au taux de 1 %, remboursable sur dix ans maximum. Autre avantage, ce prêt finance jusqu’à 100 % de vos dépenses. À noter, Action Logement accorde également aux propriétaires un prêt pour l’agrandissement de leur résidence principale. À étudier si vous remplissez la condition de ressources exigée.

Faut-il souscrire un prêt personnel ou un crédit immobilier ?


Rien ne vous empêche de financer vos travaux par un crédit bancaire classique, au-delà des éventuels prêts subventionnés et de votre apport. Les particuliers achetant un bien immobilier nécessitant des travaux importants sont autorisés à consacrer une poche de leur prêt immobilier classique au financement de ces travaux. Les sommes seront débloquées sur présentation des factures, au fur et à mesure de l’avancement du chantier. Vous bénéficierez alors d’un taux avantageux, comme pour votre crédit immobilier actuellement. Mais cela limite votre capacité d’emprunt puisque celle-ci est calculée sur la somme globale empruntée (prix d’acquisition + travaux).

Si les travaux concernent un bien dont vous êtes déjà propriétaire, vous pouvez demander un crédit à votre banque. Celle-ci peut vous accorder un crédit immobilier travaux et – c’est nouveau – un crédit à la consommation, quel que soit le montant, y compris au-delà de 75 000 euros, dès lors que l’opération ne fait pas l’objet d’une garantie hypothécaire ou d’un cautionnement. Attention, si le crédit à la consommation se révèle plus souple, son taux est supérieur à celui d’un crédit immobilier, et la durée de remboursement plus courte. Comptez par exemple 3,50 % sur soixante mois pour un crédit à la consommation, contre 1,50 % en moyenne sur vingt ans pour un crédit immobilier.

Vous réalisez les travaux vous-même. Un prêt est-il possible ?


Oui. Demandez alors un prêt à la consommation non affecté à votre banque. Dans ce cas, aucun devis n’est exigé, contrairement au crédit travaux. Une fois la somme reçue, vous pouvez rénover votre logement sans demander l’intervention de professionnels. Une solution idéale pour financer une cuisine à monter soi-même, par exemple. À noter, les travaux subventionnés par l’ANAH, eux, doivent obligatoirement être effectués par un professionnel du bâtiment. En revanche, ceux financés par un prêt travaux amélioration d’Action Logement incombent soit à un professionnel, soit à vous-même, à condition de fournir les factures d’achat de matériel.

Vous êtes locataire, à quoi êtes-vous éligible ?


La plupart des aides nationales au financement des travaux s’adressent aux propriétaires, à l’exception du prêt à l’amélioration de l’habitat de la CAF, également destiné aux locataires dès lors qu’ils remplissent les conditions de ressources et de travaux. Certains départements, en revanche, accordent, sous conditions de ressources, des aides locales aux locataires.

Vous avez déjà un CEL ou un PEL. Un crédit épargne logement est-il intéressant ?

Les détenteurs d’un plan d’épargne logement (PEL) peuvent demander à souscrire un prêt épargne logement après une phase d’épargne de quatre ans. Objectif : financer des travaux d’amélioration de leur résidence principale pour un total de 92 000 euros maximum sur deux à quinze ans.

Le taux de ce crédit dépend de la rémunération du PEL, donc de sa date d’ouverture. Pour les plans ouverts entre le 1er août 2003 et le 31 janvier 2015, dont 
une grande partie a d’ores et déjà plus de quatre ans, le taux du crédit s’élève à 4,20 %, ce qui n’est pas attractif aujourd’hui. Mais la roue tourne : les plans ouverts depuis le
 1er août 2016 permettront d’emprunter à
 2,20 % dans quatre ans. Ce niveau sera peut-être inférieur, alors, à celui des emprunts classiques. Pour le CEL, le même raisonnement s’applique, avec un prêt plafonné à 23 000 euros. Mais cette fois, le taux du prêt dépend du taux de rémunération de la phase d’épargne, qui évolue dans le temps. Il faut donc demander à votre banque de calculer le taux du crédit qui vous sera proposé avant de vous décider. À noter, l’octroi d’un crédit épargne logement permet de bénéficier d’une prime d’État sur la rémunération de votre PEL et de votre CEL.

Emprunter auprès de sa mutuelle ou de sa caisse de retraite

N’hésitez pas à faire feu de tout bois :
 certaines mutuelles et caisses de retraite complémentaires proposent des prêts travaux à taux préférentiels. Ainsi, renseignez-vous auprès des organismes auxquels vous êtes affilié. Autre piste à explorer si vous
 êtes salarié d’un grand groupe : le comité d’entreprise. Enfin, la Caisse nationale d’Assurance vieillesse (CNAV) peut prendre en charge, sous conditions, une partie des travaux d’amélioration ou d’adaptation du logement, afin de prévenir la perte d’autonomie pour les retraités du régime général.

Des aides spécifiques pour la rénovation énergétique

Installer une chaudière à haute performance énergétique, réaliser des travaux d’isolation ou encore changer ses fenêtres : les travaux de rénovation énergétique bénéficient de très nombreuses aides. Pour mémoire, vous pouvez solliciter l’éco-prêt à taux zéro, une aide fiscale par le biais du crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), les aides de l’ANAH, des collectivités locales ou encore des fournisseurs d’énergie.