Froid : les bonnes combines

Froid : les bonnes combines

Sur la facture énergétique, réfrigérateur et congélateur pèsent de façon conséquente. D'où l'intérêt de sélectionner des appareils performants, de les placer judicieusement dans la cuisine et de les utiliser intelligemment à chaque ouverture.

"Produire du froid grâce à un réfrigérateur et un congélateur représente de 7 à 14 % de la facture énergie d’un ménage", constate Patrick Bayle, directeur délégué du marketing sur les marchés des particuliers d’EDF Bleu Ciel. Ces appareils fonctionnent en effet sans trêve ni repos, 365 jours par an.

Au moment de s’équiper ou de renouveler un appareil défaillant, il s’agit de faire le bon choix, dans la bonne catégorie. Si la plupart des appareils produisant du froid arborent une étiquette A, on peut encore mieux faire en s’équipant d’un appareil classé A+, voire A+++. Ces derniers restent cependant plus chers à l’achat.

Si les appareils à froid ventilé (l’air réfrigéré est propulsé grâce à une turbine ; il passe sur un évaporateur qui le débarrasse de son humidité) séduisent parce qu’ils installent des températures plus homogènes, plus stables, qu’ils limitent le mélange des odeurs, produisent moins de givre et permettent un retour à la température initiale plus rapide après l’ouverture des portes, cette médaille a un revers. Ils consomment plus d’électricité que les appareils classiques à froid statique (le froid se répartit comme il peut dans l’habitacle).

Combiné ou séparés ?

Quand on dispose d’espace, l’acquisition séparée d’un congélateur et d’un réfrigérateur est plus avantageuse que l’achat d’un combiné (réfrigérateur et congélateur dans le même équipement), pour une capacité de rangement beaucoup plus grande. Cependant, si on doit opter pour un combiné, il sera plus économique de le choisir avec le congélateur dans la partie basse plutôt que haute car, ici aussi, la chaleur "monte".

Un congélateur horizontal consomme moins qu’un congélateur vertical, même si le système des tiroirs minimise les fuites de froid lors de l’ouverture de la porte. Dans tous les cas, un combiné utilise mieux l’énergie s’il est équipé de deux compresseurs indépendants plutôt que d’un seul. En cas d'absence prolongée, les deux compartiments fonctionnant de façon totalement séparée, on peut arrêter le réfrigérateur tout en laissant en marche le congélateur.

Les yeux plus gros que le ventre

Inutile de se suréquiper : plus un réfrigérateur est grand, plus il dépense d’électricité. Outre la taille disponible dans la cuisine, on tiendra compte de la composition de la famille. Tabler sur une contenance de 100 à 150 litres pour un célibataire, de 150 à 250 litres pour une famille de 2 ou 3 personnes, de 250 à 350 litres pour 3 ou 4 personnes et de 350 à 500 litres pour plus de 4 personnes.

Les imposantes (jusqu’à 750 litres) armoires à froid à double porte (un côté réfrigérateur, un côté congélateur), branchées sur une arrivée d’eau, avec distributeur encastré dans la porte de glaçons ou d’eau fraîche (les réfrigérateurs dits américains) sont très énergivores.

Une puissante résistance (800 W) dégivre automatiquement l’évaporateur et le distributeur de glaçons, ouverture supplémentaire sur la porte, entraîne automatiquement des déperditions de froid. Résultat, ils consomment en vingt minutes ce qu’un réfrigérateur classique de 350 litres classé A dépense en une journée !

Sur une année, ce sont ainsi plus de 1 500 kWh qui partent en… froid, soit près de 180 € (pour un kWh facturé 0,12 €).

L'emplacement idéal

Réfrigérateurs et congélateurs ne fonctionneront pas correctement dans des pièces trop froides (le compresseur des appareils pourrait ne pas se mettre en marche) ou trop chaudes (le compresseur démarrera souvent, or 5 °C de plus entraînent une envolée de la consommation d’environ 40 %). Ces appareils préfèrent les pièces tempérées : entre 16 °C et 32 °C maximum.

Un réfrigérateur sera donc posé de préférence dans une arrière-cuisine peu chauffée mais bien sèche. Dans la cuisine, il sera installé le plus loin possible de toute source de chaleur (y compris des rayons du soleil). Si faute de place, il doit voisiner avec un four, des plaques de cuisson ou un radiateur, on prévoira des matériaux isolants entre les deux appareils.

Un congélateur pourra être placé dans un cellier ou un garage, toujours bien sec et correctement ventilé.

Attention à ne pas coller l’un et l’autre à un mur et de laisser un espace suffisant à une bonne ventilation du moteur, situé à l’arrière de l’appareil. Le conseil vaut particulièrement pour les encastrables ou les intégrables. Sans cette précaution leur durée de vie sera limitée (ils "chaufferont").

Dégivrer et bien ranger

Pour réduire encore la facture énergétique, on pensera à dégivrer régulièrement l’appareil : une épaisseur de 4 cm de givre multiplie la consommation électrique par deux. Les appareils à froid ventilé sont dispensés de cet entretien puisque le givre n’a pas le temps de se former. En revanche, quel que soit le type d’appareil, la grille arrière du réfrigérateur devra être nettoyée une fois par an. Son encrassement, en empêchant la chaleur extraite du réfrigérateur d’être évacuée correctement dans la pièce, double sa consommation électrique.

Afin de limiter la formation de givre et pour ne pas réchauffer l’intérieur de l’appareil, on laissera refroidir les aliments avant de les y ranger. Il est aussi préférable de les couvrir car l’évaporation de l’eau favorise la formation de givre. De même, à l’heure des repas, on se souviendra que l’ouverture répétée de la porte fait grimper la facture d’électricité de l’appareil de 10 %.

S’organiser pour regrouper les ouvertures, ranger les aliments de façon à ne pas perdre de temps à tout déplacer pour trouver le yaourt relégué au fond de la clayette, penser à ce qu’on doit prélever du réfrigérateur ou du congélateur avant d’en ouvrir les portes, etc. Autant de réflexes qui permettent aussi de réaliser des économies d’électricité appréciables.

La température d’un réfrigérateur n’a pas besoin de passer en dessous de 5°, celle d’un congélateur de descendre en dessous de – 18 °C. Un thermomètre placé à l’intérieur permet de contrôler ces niveaux.

Faire décongeler les aliments dans le réfrigérateur permet de récupérer de l’énergie (le produit qui décongèle fabrique gratuitement du froid et offre ainsi une pause à l’appareil) et de ne pas en gaspiller en utilisant la fonction décongélation d’un micro-ondes. Enfin, l’étanchéité d’un appareil mérite d’être surveillée. Si le joint n’est pas étanche, la facture s’envole. Pour contrôler, il suffit de fermer la porte sur une feuille de papier et de tirer. Si elle glisse facilement, il faut changer le joint. Si elle résiste, c’est bon.

Confort : la clim., exceptionnellement

Bon marché, les ventilateurs avec des pales ou en forme de tour ont l’avantage de consommer peu d’électricité. Ils donnent une impression de fraîcheur en brassant l’air, mais n’abaissent pas réellement la température d’une pièce. De dix à trente fois plus chers, les climatiseurs, plus efficaces, consomment vingt fois plus d’électricité que les ventilateurs. Il en existe de deux sortes : monobloc (un seul appareil relié à un manchon branché sur l’extérieur) ou "Split" (deux unités reliées par un tuyau, une dans la pièce, l’autre à l’extérieur).

Si on fait fonctionner un ventilateur pendant cent heures, on dépensera en moyenne entre 0,40 et 1,50 €. L’utilisation d’un monobloc ou d’un Split, pour la même durée, reviendra à 11 €. De plus, les climatiseurs contiennent un fluide frigorigène très polluant qui rend l’appareil dangereux si, en fin de vie, il est jeté n’importe où.

Avant de courir acheter un climatiseur dès les premières chaleurs d’été, mieux vaut apprendre à préserver la fraîcheur d’un logement en utilisant au mieux les températures basses de la nuit et en favorisant la circulation de l’air. Ainsi, dès que le soleil chauffe les fenêtres, avant de s’absenter en journée, il faut penser à baisser les stores et à fermer les volets.

Quand la température extérieure dépasse celle du logement, les fenêtres doivent être maintenues fermées. Pour rafraîchir l'atmosphère, la terrasse et les plantes peuvent être arrosées le soir (en respectant les consignes de restriction en période de grande sécheresse).

En revanche, la nuit, quand la température extérieure s'abaisse au-dessous de celle de la maison, les fenêtres seront ouvertes pour faire circuler l'air et évacuer la chaleur stockée dans les murs et les sols…