Economie d’énergie : quelle ampoule choisir ?

Economie d’énergie : quelle ampoule choisir ?

Halogènes, fluocompactes, néons… Parmi les différents types d’ampoules, certaines sont plus économiques que d’autres. Comment choisir les plus adaptées à votre logement ?

Au rayon luminaire, il existe un choix considérable d’ampoules : à incandescence (classiques et halogènes), à luminescence (fluocompactes, néons), à LED, de toutes puissances, formes, couleurs. Une profusion qui laisse le profane désemparé quand il cherche à équiper son luminaire de la façon la plus économique. Le prix d’achat ne devra pas être son seul critère de choix. Il faudra envisager son coût d’utilisation et sa durée de vie. L’étiquette énergie lui livrera des indications précieuses.

Des ampoules très classes

Comme pour les équipements électroménagers, l’étiquette énergie est obligatoire pour les lampes. Doivent y figurer à côté de l’efficacité énergétique (graduée de A pour les plus sobres à G pour les plus gaspilleuses), l’efficacité lumineuse exprimée en lumens par watt (lm/W ) et, facultative, la durée de vie exprimée en heures.

Il convient donc désormais de s’attarder davantage sur le nombre de lumens, c’est-à-dire le flux lumineux de l’ampoule plutôt que sur son nombre de watts. Une ampoule efficace est celle qui offre le plus de lumens pour peu de watts.

Les lampes fluocompactes et les tubes fluorescents sont classés entre B et G et les ampoules classiques entre E et G. Au 1er septembre 2016, il ne devrait plus y avoir sur le marché que des lampes classées A ou B, exception faites de celles à culot spécial équipant certains luminaires (par exemple, les petites ampoules halogènes en forme de cacahuète).

À incandescence : les plus rares

Les ampoules inventées à la fin du XIXe siècle produisent de la lumière en portant à incandescence un filament de tungstène (à l’origine, il s’agissait d’un filament de carbone), baigné dans une atmosphère gazeuse (argon, krypton ou xénon). Au nom de la protection de l’environnement, elles vont être interdites à la vente d’ici à 2010, même si elles ont encore largement droit de cité dans les rayons des magasins et qu’elles équipent encore bon nombre de luminaires.

Peu onéreuses à l’achat, elles diffusent une lumière d’une tonalité jaune, chaleureuse, très prisée, et existent sous de nombreuses formes, en verre transparent, dépoli, opalisé, de couleur… Revers de la médaille, elles produisent beaucoup plus de chaleur que de lumière : 5 à 7 % seulement de l’énergie utilisée par une ampoule à incandescence se transforme en lumière, les 93 à 95 % restants étant transformés en chaleur. Autre inconvénient majeur, son espérance de vie ne dépasse guère 1 000 à 1 200 heures.

Même si des ampoules classiques équipent encore bon nombre de luminaires, au nom de la protection de l’environnement, depuis 2009, elles disparaissent progressivement des rayons des magasins. Ainsi, depuis le 1er septembre 2012, c’est au tour des 25 W et des 40 W de ne plus être commercialisées (seuls les stocks peuvent être écoulés) en France.

Halogènes : les plus design

Les ampoules halogènes sont le produit d’une évolution de la technique des ampoules à incandescence. Pour réduire l'usure du filament, on remplit les ampoules de gaz halogènes (iode ou bromure de méthyle) qui ont la faculté de capturer les atomes de tungstène qui, à l’usage, se détachent du filament. Ainsi ces particules ne se déposent pas sur la paroi de l’ampoule, mais retournent sur le filament qui se retrouve épaissi à certains endroits et aminci à d'autres. Les zones effilées finissent par céder, mais deux à quatre fois moins vite que les filaments des ampoules classiques, soit au bout de 2 000à 4 000 heures.

Ces lampes plus puissantes, généralement entre 100 et 500 W pour les basses tensions (principalement les lampadaires), entre 5 et 100 W pour les très basses tensions alimentées par un transformateur (les petits spots, les lampes de bureau…), diffusent une lumière plus blanche et rendent mieux les couleurs. Elles présentent cependant l’inconvénient de chauffer davantage (pour résister à la chaleur, leurs parois sont d’ailleurs en quartz et non en verre), d'être fragiles, il faut les manipuler avec des gants et de ne pas les utiliser dans une atmosphère polluée) etet d’être très énergivores.

À titre d’exemple, un lampadaire halogène peut consommer à lui seul autant qu’un lave-linge ou un sèche-linge, soit 300 kWh en une année, plus de la moitié de ce qu’un ménage dépense pour un logement de 80 m2 (en moyenne 500 kWh). À noter que les nouvelles ampoules halogènes (on parle de lampes halogènes haute efficacité) sont moins gourmandes en énergie puisque, sans être aussi économes que les lampes basse consommation, elles consomment jusqu’à environ 30 % de moins que la première génération d’halogènes.

Même si encore de nombreux luminaires sont équipés d’halogènes forte puissance, aujourd’hui seules les ampoules classées A, B ou C et peuvent être vendues.

Fluocompactes ou néons : les plus économes

Les ampoules fluocompactes (on parle aussi d’ampoules basse consommation ou d’ampoules à économie d’énergie ou d ‘ampoules à luminescence, les tubes fluorescents (l’antique néon) font appel à une technologie différente de celle des ampoules à incandescence à incandescence (classiques ou halogènes). La paroi d’une ampoule fluocompacte ou d’un néon est recouverte d’une poudre fluorescente. L’intérieur est rempli d’un gaz et de mercure à basse pression. Une décharge électrique produit un rayonnement ultraviolet, transformé en lumière visible grâce à la poudre fluorescente. Un bouton déclenche l’allumage et une petite résistance stabilise le courant.

Elle dure huit fois plus longtemps et tout au long de sa vie (soit environ 8 000 heures), on économise environ 800 kWh, soit environ 96 € (pour 1 kWh à 0,12 €).

Allumée deux heures par jour pendant un an, elle permet d’économiser 4,24 € et dure huit fois plus longtemps. Multipliées par le nombre de luminaires d’un logement, on voit rapidement l’intérêt de passer aux ampoules fluocompactes, même si elles restent plus chères à l’achat.

On leur fait le grief de produire une lumière d’une blancheur qualifiée de "clinique" et de manquer d’élégance. Sur ce terrain, les ampoules basse consommation comme les néons ont fait des progrès, ce qui leur permet désormais d’équiper une lampe de chevet. Quant aux néons, ils se sont affinés, miniaturisés, colorés pour s’adapter à tous les décors.

Attention, afin d’éviter une exposition aux champs électromagnétiques, ces ampoules doivent être éloignées d’au moins 30 cm de tout être humain et, une fois usagées, il convient de les rapporter au distributeur ou dans une déchèterie car elles contiennent du mercure.

LED : les plus révolutionnaires

Encore mieux que les ampoules fluocompactes, les lampes à LED (pour light emitting diode : diode électroluminescente) sont utilisées depuis longtemps dans les télécommandes des appareils hi-fi, télé, vidéo, et les voyants lumineux rouge et vert des témoins d’allumage ou de veille des téléviseurs, des ordinateurs.

Elles consomment très peu, moins d'un watt, résistent aux chocs et durent très longtemps, environ 100 000 heures, soit plus d’une dizaine d’années ! On les trouve désormais dans des panneaux de sortie de secours, des feux de circulation, des phares de voiture et même des lampes de poche. Pour la maison, elles sont vendues au rayon décoration. Elles éclairent en effet de manière plutôt directive que diffuse, et sont donc plus adaptées à un usage décoratif, d’ambiance ou d ‘appoint, qu’à l’éclairage d’une pièce.

Encore difficiles à trouver en magasins et chères à l’achat, elles s’avèrent en revanche bon marché si l’on tient compte de leur durée de vie.

Une ampoule bien entretenue en vaut deux…

À puissance égale, une ampoule propre peut produire un flux lumineux 40 % supérieur à celui d’une ampoule sale. L’effort de nettoyage est donc récompensé à condition de prendre quelques précautions. Une fois refroidie l’ampoule devra être démontée.

Son globe sera passé à l’eau savonneuse additionnée d’alcool à brûler (attention, le culot doit rester sec). Une ampoule halogène ne doit pas être manipulée avec les doigts (le gras déposé sur la paroi en quartz va griller et fragiliser la lampe), mais avec un chiffon ou un papier absorbant.

À jeter dans la bonne poubelle

Le tri sélectif, et donc le recyclage des matériaux, existe désormais pour certaines lampes. C’est la raison pour laquelle une écocontribution (on parle aussi d’éco-participation, ou de contribution environnementale, parfois d’écotaxe) majore désormais le prix de toute ampoule fluocompacte, tube néon ou LED. Elle finance Recylum, la filière de traitement de ces produits à la fin de leur vie. Son montant, 0,14 € (0,12 € pour les lampes à LED), inclus dans le prix, doit cependant apparaître en clair sur l’étiquette.

Si les ampoules à incandescence (dont les halogènes) continuent à être mêlées aux ordures à incinérer, les fluocompactes, néons et LED seront ramenés au vendeur au moment de l’achat d’un nouvel équipement. Pour faciliter le retour de ces lampes dans le bon réseau de recyclage, des meubles de collecte comportant deux réceptacles, un pour les ampoules, un autre pour les tubes, sont progressivement installés dans les grandes surfaces et les magasins de bricolage.

À quelle lampe se vouer ?

Type d’ampoule

Incandescences classiques

Halogènes

Fluocompactes et néons

LED
Tension 230 V 230 V pour les basses tensions 6,12 ou 24 V pour les très basses tensions (avec transformateur) 230 V 110 à 260 V
Puissance 10 à 150 W 25 à 500 W pour les basses tensions 5 à 100 W pour les très basses tensions 5 à 55 W pour les ampoules 4 à 58 W pour les tubes 1 à 5 W
Efficacité lumineuse (*) 10 à 13 Im/W 15 à 25 Im/W 40 à 80 Im/W pour les ampoules 60 à 100 Im/W pour les tubes 20 à 100 Im/W
Ambiance Chaude, agréable Chaude, très agréable, plus blanche qu’avec les ampoules classiques Un peu "froide" Chaude ou froide, selon la couleur
Rendu des couleurs Très bon Très bon Bon (sauf pour les néons qui les modifient) Très bon

* lm/W = lumen/watt : façon d’exprimer l’efficacité lumineuse d’une lampe, c’est-à-dire le rapport de la quantité de lumière émise exprimée en lumen et la puissance électrique consommée exprimée en watt.