Des solutions contre l'humidité de votre logement

Des solutions contre l'humidité de votre logement

Inconfort, insalubrité, lente dégradation des murs… L’humidité est un ennemi insidieux qui peut coûter très cher. Nos conseils pour identifier son origine et choisir le bon traitement anti humidité.

Principale nuisance pour les ménages, tous logements confondus, citée par 20 % d’entre eux dans la dernière enquête sur le logement de l’Insee, l’humidité est une véritable source de gêne et d’insalubrité.

Problèmes d'humidité : cherchez les causes

Si vous êtes concerné, la première chose à faire est d’en déterminer les causes. D’autant que trop d’intervenants sur le « marché de l’humidité » vendent des produits ou proposent des travaux sans se préoccuper de savoir s’ils sont adaptés à votre problème. Le risque est alors d’avoir dépensé plusieurs milliers d’euros peut-être pour rien ou, pire, pour un traitement qui aggravera les choses.

Ludovic Dubo, de l’association Habitat et Développement, à Lille, est catégorique :

En présence de buée sur les fenêtres, de condensation sur toute la hauteur des murs extérieurs ou derrière des meubles, il faut penser en priorité à un problème d’aération et de renouvellement d’air. Par exemple, des bouches d’aération partiellement ou totalement obturées. »

Autre raison, les conséquences imprévues de travaux de rénovation, comme en témoigne Laurent Maindron, gérant de l’entreprise éponyme, experte dans les traitements spécialisés et située à la Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique) :

Quand on nous appelle pour un problème d’humidité, on constate souvent que les fenêtres ont été changées ou que les combles ont été isolées depuis peu. L’air ne circule plus comme avant. »

Selon les cas, les occupants devront alors modifier leur comportement en aérant davantage, ou encore réaliser un entretien de la ventilation ou son renforcement. Dernier point, l’intervention sur le chauffage lorsqu’il ne permet pas d’assurer une température correcte dans le logement : plus l’air est froid, plus la vapeur d’eau qu’il renferme se condense.

Contre les infiltrations d’eau, des travaux onéreux

Un logement peut aussi devenir humide parce que l’eau y pénètre en raison d’une étanchéité défectueuse de la toiture, des gouttières, des fenêtres, ou parfois à cause de murs fissurés ou d’un revêtement extérieur dégradé. Il faut alors rechercher les infiltrations d’eau et y remédier par des travaux de couverture, de maçonnerie, ou de remise en état ou de remplacement des menuiseries extérieures.

Mais attention, avertit Laurent Roudet, conseiller technique d’Habitat et Développement, à Grenoble, de simples taches d’humidité peuvent être annonciatrices d’une grosse facture de travaux :

Avant que l’humidité due à des voies d’eau devienne perceptible à l’intérieur du logement, elle a parfois déjà provoqué de gros dégâts sur le bâti, par exemple la pourriture de la charpente. »

D’autres entrées d’eau proviennent des murs en contact avec un sol humide, soit par leur paroi extérieure (murs enterrés), soit par leurs fondations. L’eau du sol y remonte alors par capillarité, comme dans une éponge ou un buvard, jusqu’à 1 m à 1,50 m environ.

Ces phénomènes affectent surtout des constructions anciennes datant d’avant les années 1940. Pour les murs enterrés, le seul traitement efficace consiste à réaliser une étanchéité ou un drainage par l’extérieur.

Contre les remontées capillaires par les fondations, il faut insérer une coupure étanche dans le mur, par tronçonnage horizontal. Il s’agit de travaux lourds et coûteux : de 35 000 à 40 000 € TTC, par exemple, pour la réalisation d’un drainage à 80 cm de profondeur et sur 80 mètres linéaires.

Absorbeurs d’humidité et déshumidificateurs, quelle efficacité ?

Il existe d’autres traitements, en principe moins chers, mais qui ne sont souvent que de simples palliatifs.

  • Absorbeurs d’humidité et déshumidificateurs : même s'ils peuvent améliorer votre sensation de confort, ils ne traitent pas la cause de l’humidité.
  • Revêtement imperméable : en cas d’infiltration, le constat est le même au sujet de la pose de papier peint, peinture ou enduit imperméable à l’intérieur du logement. Soit l’humidité finira tout de même par décoller le revêtement, soit, bloquée dans le mur, elle se fraiera un chemin et apparaîtra ailleurs.
  • Produits hydrofuges : en cas d'infiltrations dans des murs enterrés, certains préconisent l’injection, par l’intérieur du mur, de produits hydrofuges. Mais cette solution ne fait pas l’unanimité. Pour d’autres, il est plus réaliste de tolérer une certaine humidité, surtout si elle n’affecte pas les pièces à vivre, ou d’en limiter les effets par un bon renouvellement de l’air. Pour lutter contre les remontées capillaires par les fondations, l’injection de produits hydrofuges est aussi proposée, ainsi que des solutions par électro-osmose, électrophorèse ou électromagnétisme.

Difficile d'évaluer ces techniques, chaque entreprise n’utilisant qu’un type de procédé, présenté comme le seul valable. Or, aucune étude comparative impartiale n’a été menée. Seule une étude restreinte, réalisée en 2010-2011 sous l’égide de la Fédération française du bâtiment (FFB), conclut que l’injection de produits hydrofuges donne de meilleurs résultats.

Toujours est-il qu’aucun procédé ne fait l’objet d’un label officiel ou d’une certification NF, que ce soit en France ou à l’étranger. Les seules références dont se prévalent certains professionnels émanent de bureaux de contrôle privés.

Assécher les murs avant les travaux

Quel que soit le traitement retenu, entrepreneurs et experts indiquent qu’il faut d’abord assécher les zones à traiter. Le temps de séchage peut prendre de six à dix-huit mois.

Il faut aussi les assainir des sels que l’eau infiltrée y a déposés. Sinon, ces derniers dégraderont les enduits ou la peinture et favoriseront le retour de l’humidité. D’où des travaux de maçonnerie (piquetage, adjonction de mortier…) alourdissant la facture, qui peut atteindre 5 000 à 8 000 € selon la taille de la maison et l’ampleur du problème.

Pour optimiser les chances de résultats positifs, adressez-vous à une entreprise titulaire de la qualification 1542 « Assèchement des murs par traitement des remontées capillaires » dispensée par Qualibat, comme le recommande Marie-Dominique Monségur, directrice générale de Qualibat :

La qualification laisse l’entreprise libre d’appliquer tel ou tel procédé, mais lui impose d’effectuer un diagnostic préalable complet (gratuit ou payant), débouchant sur la prescription d’une solution technique adaptée, et de garantir la pérennité de ses travaux. »

Préférez une entreprise qui apporte cette garantie sous la forme d’une assurance spécifique – dont vous demanderez une attestation –, et qui donne les références de chantiers qu’elle a déjà exécutés.

Vous disposerez ainsi de recours en cas de traitement inefficace, qu’il ait été mal exécuté, incomplet ou inapproprié. La responsabilité de l’entreprise est alors engagée au titre d’un diagnostic erroné ou d’un manquement à son devoir de conseil.

Locataires, c'est au propriétaire d'intervenir

Si vous êtes locataire et confronté à des problèmes d'humidité, votre bailleur peut être tenu d’intervenir en vertu de son obligation légale de vous fournir un logement « décent », tel que défini par le décret du 30 janvier 2002.

Le logement doit être en particulier protégé contre les eaux de ruissellement, les remontées et les infiltrations d’eau, et comporter des dispositifs d’ouverture et de ventilation suffisants pour assurer le renouvellement de l’air. À condition que, de votre côté, vous usiez normalement du logement, en l’aérant correctement et ne gênant pas le bon fonctionnement du système de ventilation.