Cuisson : l’innovation paie

Cuisson : l’innovation paie

A gaz ou électriques, plaques de cuisson et four affichent de vraies différences de performances énergétiques. Mais êtes-vous prêt à bousculer vos habitudes culinaires ?

Contrairement aux idées reçues, grille-pain et cafetière représentent une faible part des factures d’électricité. En revanche, les plaques absorbent la moitié de l'énergie totale du poste cuisson et les fours 42 %. Or, il faudra se fier aux tests comparatifs des associations de consommateurs et aux conseils des vendeurs pour choisir un bon appareil et, surtout, la bonne énergie car seuls les fours classiques électriques bénéficient d’un étiquetage énergie.

De façon générale, l’innovation, l’induction pour les plaques de cuisson, la chaleur tournante pour les fours, même si elle renchérit le prix d'achat de l’appareil, se révèle un choix avantageux pour la facture finale.

Plaques de cuisson : quelle énergie ?

Brûleurs à gaz ou plaques électriques classiques, tables vitrocéramiques, à induction, le choix est vaste pour celles et ceux qui veulent mijoter des bons petits plats. Les adeptes de la cuisine au gaz ne troqueraient pour rien au monde leurs bons vieux brûleurs contre une plaque à induction. Ils sont moins chers à l’achat, de plus en plus esthétiques et faciles à entretenir. Revers de la médaille, ils brûlent beaucoup de gaz et, comme le prix de cette source d’énergie augmente, ils deviennent de moins en moins intéressants à l’usage.

Les tables à induction détrônent au fur et à mesure les plaques électriques classiques en fonte (ces dernières consomment 30 % d’énergie de plus par rapport à l’induction) et les tables vitrocéramiques (+ 10 % par rapport à l’induction).

Le fonctionnement des tables à induction (dont le prix commence à baisser – on en trouve à partir de 200 €) repose sur un principe simple. Un champ magnétique est produit par des bobines placées sous le foyer de la plaque. Il traverse le verre de la plaque et se transforme en chaleur au contact du récipient. Il n’y a aucune déperdition de chaleur et la surface du foyer reste froide. Résultat, plus rapides que les brûleurs à gaz, plus précises (elles ne chauffent que le récipient et rien autour), elles sont donc énergétiquement plus sobres.

À quel four se vouer ?

Four à gaz ou électrique (chaleur tournante ou à convection), là encore la gamme est large. Comme pour les tables de cuisson, le four à gaz demeure le moins coûteux à l’achat, mais son usage auparavant bon marché souffre de la hausse du prix du gaz. Pour les modèles électriques, l’étiquette énergie constitue une aide au choix indiscutable. Il faudra cependant se décider entre un système à convection (une résistance en bas et en haut du four) et un système à chaleur tournante (l’air chaud est brassé). Le premier se montre à l’usage plus gourmand que le second car la répartition de la chaleur est moins uniforme et les temps de cuisson plus longs.

Autre critère de choix d’un four électrique qui peut influer sur la note d’énergie, le mode de nettoyage : à catalyse ou pyrolyse. Pour le premier, les parois sont couvertes d’un matériau poreux qui transforme les graisses projetées en gaz carbonique et eau. Un simple coup d’éponge suffit pour nettoyer l’appareil, mais les parois deviennent de moins en moins poreuses à l’usage. Pour un four à pyrolyse, c’est la forte chaleur qui détruit les salissures. Il faut alors porter à environ 500 ° pendant 1 heure 30 la température de l’appareil, puis, une fois refroidi, passer l’éponge.  Ce cycle de nettoyage pompe environ 3,50 kWh et revient à près de 0,42 € (pour un kWh à 0,12 €).

Enfin, quand on possède un four à chaleur tournante, il ne faut pas hésiter à enfourner plusieurs plats à la fois, les odeurs ne se mélangeront pas. À l’inverse, avec un four classique, il est conseillé d’enchaîner les différentes cuissons. Pour éviter toute déperdition de chaleur, on vérifiera l’étanchéité du joint du four et on le fera changer au moindre doute.

Histoire de casseroles

Pour éviter des déperditions d’énergie, on adaptera la batterie de casseroles et les marmites aux plaques pour que leur matériau conduise bien la chaleur. Même si le gaz accepte tout, il est préférable d’éviter l’émail et le Pyrex, peu performants. Plus sélectives, les plaques électriques en fonte ou halogènes, rendent incontournables les ustensiles à fond épais.

Pour les halogènes, les fonds mats absorbent mieux la chaleur que les brillants qui, au contraire, la réfléchissent. Pour une table à induction, les fonds seront impérativement ferromagnétiques (si un aimant les attire, c’est bon). En dehors des plaques à induction dont la chaleur s’adapte au récipient, on veillera à utiliser une casserole plus grande que le foyer. Dans le cas contraire, on chauffe l’air ambiant au lieu du récipient.

Pour réchauffer l’équivalent d’une tasse d’eau pour préparer un thé, mieux vaut utiliser le micro-ondes ou la bouilloire électrique (à condition de ne pas la remplir plus que nécessaire). L’utilisation d’une bouilloire ou d’une casserole sur le gaz ou une plaque électrique est à éviter : l’énergie serait d’abord utilisée pour réchauffer l’ustensile, puis le liquide. Une perte d’argent et de temps à éviter.