Comment choisir un détecteur de fumée

Comment choisir un détecteur de fumée

L’intoxication par la fumée est la première cause de décès chez les victimes d’incendies. Équiper son logement d’un détecteur de fumée peut préserver des vies.

Alors que les incendies domestiques provoquent 500 morts et 10 000 brûlés chaque année, la France est l’un des derniers pays occidentaux à ne pas avoir rendu obligatoires les détecteurs de fumée dans les lieux d’habitation.

Ce devait être chose faite début 2009 avec la loi de mobilisation pour le logement, mais l’article a été censuré par le Conseil constitutionnel pour des raisons de procédure.

Des détecteurs de fumée bientôt obligatoires

Les détecteurs avertisseurs autonomes de fumée (DAAF) devraient cependant entrer sous peu dans les habitations. "Les pouvoirs publics y sont favorables, explique Jean-Philippe Cicurel, secrétaire général de la Commission de sécurité des consommateurs. Ce n’est qu’une question de délai."

Une alarme se déclenche

Ces détecteurs émettent une alarme dès qu’ils perçoivent de la fumée. Une aide salutaire la nuit, quand la surveillance humaine fait défaut : les feux nocturnes sont responsables de 70 % des décès dans les incendies d’habitation.

En France, le seul détecteur autorisé est le modèle optique, qui fonctionne grâce à une cellule photoélectrique.

Certains sont interconnectables : l’alarme est déclenchée simultanément par tous les détecteurs de l’habitation, reliés par fil ou par radio.

Des détecteurs à pile ou sur secteur

Les détecteurs de fumée sont alimentés soit sur le secteur, soit par pile. Les détecteurs à pile ont l’avantage de la simplicité lors de l’installation, mais certains modèles réclament davantage de vigilance : en effet, il suffit que la pile soit épuisée pour que le détecteur devienne inutile et crée, de surcroît, un sentiment de fausse sécurité chez l’utilisateur.

"La nouvelle norme européenne EN-14 604, entrée en vigueur en mai 2008, règle ce problème de pile, explique Vianney Bossut, responsable commercial chez Domoprotect, à Roubaix. Désormais, les appareils sont conçus de manière qu’on ne puisse pas les fixer s’il n’y a pas de pile. Et si celle-ci est usée, l’appareil bipe et clignote jusqu’à ce qu’on la change."

Cette norme impose aussi la présence d’un bouton de test, pour vérifier le bon fonctionnement de l’appareil.

"Pour une protection optimale, il faut installer un détecteur dans chaque pièce à vivre, précise Vianney Bossut, c’est-à-dire le salon et les chambres, mais on peut aussi en mettre dans le couloir et l’escalier. En revanche, inutile d’équiper la cuisine, la salle de bains et le garage : la présence d’un peu de fumée ou de buée dans ces pièces est normale. S’ils se déclenchent trop souvent de manière intempestive, on finit par les déconnecter."

Préférer la marque NF

Vendus dans les drogueries, les grandes surfaces de bricolage et les entreprises spécialisées dans la sécurité, les appareils coûtent en moyenne de 20 à 40 €, mais on trouve des modèles à partir de 10 € et jusqu’à 150 € !

Les détecteurs doivent être changés tous les dix ans et la pile, s’il y en a une, remplacée tous les ans. N’oubliez pas de les dépoussiérer régulièrement avec un chiffon humide ou à l’aide de l’aspirateur. Enfin, vérifiez leur fonctionnement chaque mois.

La fiabilité des détecteurs de fumée passée au crible

La fiabilité des détecteurs de fumée a longtemps été sujette à caution. En 2006, l’association UFC-Que choisir a testé douze appareils et n’en a retenu que quatre ("Que choisir" n° 441, septembre 2006) !

Trois s’étant montrés inopérants, l’association a saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes pour obtenir leur retrait.

Deux mois plus tard, "60 millions de consommateurs" publiait à son tour un essai comparatif aux résultats proches : sur dix appareils, quatre seulement étaient jugés satisfaisants ("60 millions de consommateurs" n° 410, novembre 2006).

Saisie, la Commission de sécurité des consommateurs a testé en avril 2008 une dizaine d’appareils en conditions réelles d’incendie. Elle a qualifié elle-même ses résultats de "contrastés".

La norme NF 292 : une garantie supplémentaire

"Les détecteurs mis sur le marché depuis l’adoption de la norme européenne en mai 2008 sont soumis à suffisamment de contraintes pour fonctionner efficacement, rassure Jean-Philippe Cicurel. Si l’on cherche une garantie supplémentaire, il faut choisir les modèles portant la marque NF 292 : elle n’est pas obligatoire, c’est une démarche volontaire de la part du fabricant qui, pour la décrocher, doit soumettre ses produits à des tests sévères."

Tous les professionnels insistent sur le fait qu’un détecteur de fumée n’est pas un outil d’évacuation de la fumée. Le début d’incendie repéré, encore faut-il savoir l’étouffer ou quitter les lieux sans prendre de risques. L’installation de détecteurs de fumée doit impérativement s’accompagner d’un minimum de formation.

Détecteurs en tous genres

Les détecteurs de fumée ne fonctionnent pas pour le monoxyde de carbone, ce gaz inodore qui est la première cause de mortalité par toxique en France.

Si vous possédez une installation à risque (chauffage au gaz, poêle, cheminée…), vous pouvez installer un détecteur de monoxyde de carbone (40 à 80 €).

Les détecteurs de chaleur (autour de 60 €) font retentir leur sirène lorsque la température de la pièce dépasse les 54 °C, et peuvent être installés dans un garage, par exemple. Enfin, il existe des détecteurs de fumée destinés aux personnes sourdes, qui vibrent et émettent des flashes stroboscopiques (250 à 360 €).

A savoir sur les détecteurs de fumée

  • À télécharger, le dépliant de l’Inpes "Risque d’incendie : à la maison, un réflexe en plus, c’est un risque en moins !" sur www.inpes.sante.fr, rubrique "Accidents".
  • Liste des détecteurs certifiés sur le site de la marque NF, www.marque-nf.com : cliquer sur "Recherche avancée", puis, dans "Type de marque", sélectionner "Poduits industriels et grand public" et choisir "NF292".