Changer de chaudière pour économiser !

Changer de chaudière pour économiser !

La chaudière donne des signes de fatigue et votre facture d’énergie s’envole. Et s’il était temps d’investir dans un appareil plus performant ? Voici comment faire vos comptes.

Votre chaudière a plus de 15 ans ? L’heure de la retraite a peut-être sonné pour elle ! Lors de la visite annuelle d’entretien, votre chauffagiste vous a probablement mis en garde : du fait de son grand âge, malgré les soins qu’il lui prodigue, elle risque de vous faire faux bond à l’improviste, et en plein grands froids. Vous hésitez pourtant à la remplacer, car c’est un investissement lourd. Et, même si elle n’est plus de prime jeunesse, elle fonctionne encore bien.

Rien ne presse, mais cela ne vous interdit pas de vous préparer. La chaudière rend l’âme le plus souvent lorsqu’elle fonctionne à plein régime, en hiver. Et, lorsqu’il faut la remplacer d’urgence, le temps manque pour étudier les solutions techniques, comparer les modèles, leurs performances et leur coût, et choisir le meilleur compromis entre le prix d’achat et les économies d’énergie à venir.

N’attendez plus, préparez cette étape dès aujourd’hui. Quelques calculs simples vont vous éclairer sur la stratégie à adopter le moment venu.

Estimer la consommation de votre chaudière

Si les nouvelles chaudières sont qualifiées de « plus performantes », c’est parce qu’elles consomment ­beaucoup moins d’énergie pour un pouvoir de chauffage équivalent. C’est en particulier le cas des chaudières à basse température (l’eau ne chauffe pas au-delà de 50 °C, au lieu de 90 °C pour les modèles anciens) ou, mieux encore, des modèles à condensation (en récupérant la vapeur d’eau des gaz de combustion, elles gagnent de l’énergie, ce qui améliore leur rendement).

Dans certains cas, l’impact sur votre facture se révélera si important que vous aurez peut-être envie de dire tout de suite adieu à votre vieille chaudière. Comment procéder ?

  • Réunissez vos factures pour évaluer votre consommation annuelle (en litres de fioul, en kilowattheures de gaz ou en tonnes de propane). Établissez la moyenne de votre consommation sur les trois dernières années. Si vous ne regardez qu’une année, vos calculs risqueraient d’être influencés par les conditions météo des douze mois précédents (hiver rigoureux ou, à l’inverse, clément).
  • Estimez votre consommation avec une chaudière plus performante (à l’aide du tableau ci-dessous qui indique en pour­centage les économies d’énergie à attendre par rapport à une chaudière classique ancienne). Selon le type de chaudière et le combustible utilisé, ces économies oscillent entre 25 et 30 %, indique l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).
  • Chiffrez en euros la baisse de votre facture en tenant compte du coût actuel du combustible que vous utilisez. Réalisez éventuellement votre simulation en tablant sur une hausse du coût de l’énergie (par ­rapport aux prix actuels) dans les ­prochaines années. C’est une hypothèse assez probable, et plus l’énergie est chère, plus il est rentable d’opter pour une chaudière moins gourmande
  • Comparez le gain réalisé sur la facture avec le coût de l’instal­lation projetée.

Vous aurez ainsi la possibilité de savoir en combien d’années les économies réalisées sur votre consommation auront remboursé votre investissement.

Faites des économies grâce à une chaudière performante

Nous avons demandé à Luc Carpentier, conseiller à l’Espace Info Énergie d’Amiens, de réaliser des simulations. Nous avons pris l’exemple de la consommation d’une famille de quatre personnes, installée dans une maison d’environ 100 m2, construite dans les années 1980-1990.

Pour vous donner des repères sur l’économie à espérer selon le combustible, trois situations ont été étudiées. Les simulations ne prennent en compte que le coût du combustible et excluent, par exemple, le coût de l’abonnement au gaz.

COMBUSTIBLE FIOUL PROPANE GAZ NATUREL
Chaudière actuelle      
Consommation annuelle 2 520 litres 1,89 tonne 24 590 kWh (1)
Tarif moyen constaté en septembre 2011(2) 0,9014 € le litre 1 670 € la tonne 0,0524 € le kWh
Facture annuelle 2 272 € 3 156 € 1 289 €
Chaudière basse température      
Prix d'achat et d'installation 3 000/7 000 € 2 000/3 500 € 2 000/3 500 €
Consommation annuelle estimée 1 900 litres 1,37 tonne 18 080 kWh (1)
Facture annuelle estimée (3) 1 713 € 2 288 € 947 €
Economie annuelle estimée (3) 559 € 868 € 342 €
Temps pour amortir l'installation 5,5 - 12,5 ans 2,5 - 4 ans 6 - 10 ans
Chaudière à condensation (4)      
Prix d'achat et d'installation 4 000/8 000 € 3 000/4 500 € 3 000/4 500 €
Consommation annuelle estimée 1 830 litres 1,32 tonne 17 115 kWh (1)
Facture annuelle estimée (3) 1 650 € 2 204 € 897 €
Economie annuelle estimée (3) 622 € 952 € 392 €
Temps pour amortir l'installation 6,5 - 13 ans 3 - 5 ans 8 - 11 ans

(1) Le compteur mesure des mètres cubes, mais GDF calcule l’énergie fournie en kilowattheures (kWh).
Le coefficient de conversion figure sur la facture. (2) Ministère de l’Écologie. (3) À tarif d’énergie constant.

(4) Simulation effectuée hors crédit d’impôt éventuel.

Pensez à remplacer votre vieille chaudière

En remplaçant votre chaudière installée avant les années 1980, vous réaliserez d’importantes économies d’énergie.
• Entre 13 et 23 %, si vous optez pour un modèle standard d’aujourd’hui.
• De 25 à 34 %, avec une chaudière à basse température.
• Jusqu’à 30, voire 40 %, avec une chaudière à condensation.

A contrario, si la chaudière a seulement 10 ans, il est beaucoup moins rentable d’en changer, même pour un modèle basse température ou à condensation, précise Jean-François Battoue, responsable Efficacité énergétique au sein de GDF Suez.

Demander des devis

Vous ne vous reconnaissez pas dans nos exemples ou vous souhaitez, avant de prendre votre décision, disposer d’une estimation plus précise en fonction de votre installation, de l’isolation de votre maison ou de votre consommation ? Plusieurs spécialistes peuvent vous aider. Avant tout rendez-vous, demandez des devis à plusieurs chauffagistes, afin de vous faire une idée des solutions disponibles, du budget à prévoir et de comparer les prix. Voici trois pistes pour trouver des conseils.

- Rendez-vous dans un Espace Info Énergie. Mis en place par l’Ademe en partenariat avec les collectivités locales, ils sont équipés d’un logiciel qui leur permet de réaliser une simulation personnalisée gratuite. Le conseiller vous donnera aussi son avis sur les devis que vous lui montrerez.

- Tournez-vous vers l’antenne locale de l’Agence nationale pour l’information sur le logement. Certaines disposent de conseillers spécialisés pour vous aider à évaluer l’opportunité de changer de chaudière ou à examiner avec vous les devis.

- Cherchez les conseils de spécialistes dans les Pact, un réseau associatif au service de l’habitat.

Tous ces conseillers vous aideront à améliorer la performance de votre installation de chauffage, mais plus généralement celle de toute votre habitation. Car c’est par là qu’il faut commencer.

Isoler sa maison se traduit par des ­économies encore plus importantes que celles offertes par une nouvelle chaudière. Et si la maison est bien isolée, cette chaudière pourra être moins puissante, et donc moins coûteuse à l’achat, souligne Anne Lefranc, ingénieur au service Bâtiment de l’Ademe.

Enfin, sachez que si vous investissez dans une chaudière à condensation pour votre résidence principale, vous bénéficiez d’un crédit d’impôt égal à 13 % du prix de l’appareil, dépense retenue dans la limite de 8 000 € (16 000 € pour un couple), majorée de 400 € par personne à charge.

Attention, il s’agit d’un dispositif pluriannuel (2005-2012).

Si vous avez déjà profité de l’avantage fiscal pour des travaux d’économies d’énergie ces dernières années, vous avez peut-être déjà « consommé » tout ou partie de ce plafond. Dans tous les cas, plus que l’avantage fiscal, c’est la perspective de réaliser de substantielles économies d’énergie qui doit être votre première motivation.

Des aides de l’Anah

L’Agence nationale de l’habitat (Anah) accorde, sous conditions de ressources, des subventions aux propriétaires (occupants ou bailleurs) pour le remplacement d’une chaudière vétuste par une chaudière basse température ou à condensation.

En outre, les ménages rencontrant des difficultés pour se chauffer car ils consacrent plus de 10 % de leurs ressources à payer leur facture d’énergie (on dit qu’ils sont en situation de « précarité énergétique ») ont accès au programme « Habiter Mieux », qui consiste en une prime de 1 100 à 1 600 €.

En savoir plus

« Les travaux de rénovation thermique les plus efficaces » : un guide édité par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), disponible sur la page d’accueil de son site internet.

« Chaudières performantes » : cette rubrique du site de l’Ademe donne accès à des informations pratiques sur les équipements.