Cambriolage : soyez dissuasif !

Cambriolage : soyez dissuasif !

Un cambriolage a lieu toutes les 90 secondes en France. De quoi inciter à s'en protéger au mieux. Portes blindées, vitres anti-effraction, système d'alarme, télésurveillance... Tour d'horizon des dispositif anti-cambriolage.

Face à la recrudescence des cambriolages et des tentatives d’effraction, le marché de la sécurité est en plein essor, en particulier celui des alarmes et de la télésurveillance. Lutter contre les effractions commence par retarder l’intrusion des voleurs : la majorité d’entre eux abandonne la tentative au bout de deux à quatre minutes d’essais infructueux.

L’alarme n’est qu’une alerte. Elle nous avertit quand le cambrioleur est déjà là ! Avant de s’équiper, mieux vaut passer en revue les points faibles de son habitation et chercher à les sécuriser efficacement, note Julien Benoît, concepteur du site Protecthome (solutions de protection pour les logements).

Limiter les risques de cambriolages par de la prévention

Plusieurs erreurs courantes sont à éviter :

  • rendre votre absence visible par le courrier qui s’entasse dans la boîte aux lettres ;
  • laisser une fenêtre ouverte, même si elle semble difficile d’accès ;
  • abandonner des outils ou surtout une échelle dans le jardin ;
  • laisser de grandes haies dissimuler votre maison.

Pour éviter que les cambrioleurs ne repèrent votre absence, demandez au voisin de relever le courrier, d’ouvrir les volets régulièrement ou de mettre du linge à sécher dans le jardin.

Des dispositifs permettent de programmer la mise en marche du téléviseur, de l’éclairage ou de vérifier le verrouillage de la porte.

Vous pouvez installer un système qui détecte les mouvements (de 20 à 80 €) dans les zones d’ombre de votre jardin ou équiper certaines pièces de l’habitation de prises qui s’allument automatiquement à certaines heures (à partir de 7 €).

Signalez éventuellement votre absence à la police ou à la gendarmerie pour qu’elle surveille votre domicile au cours de ses patrouilles quotidiennes. C’est un service désormais courant.

Sécuriser son logement avec un bloc porte certifié

Pour offrir une bonne résistance, une porte d’entrée doit réunir deux conditions :

  • un encadrement scellé dans la maçonnerie,
  • un ouvrant d’une épaisseur d’au moins 40 mm.

Divers équipements peuvent la renforcer.

  • Les paumelles où viennent se fixer les gonds de la porte peuvent être tridimensionnelles, ce qui protège contre tout risque de forçage, de soulèvement, d’enfoncement ou de relèvement.
  • On peut installer, côté intérieur, des plaques qui maintiennent la porte contre le châssis, pour éviter tout espace entre le bâti et la porte.
  • Les blocs porte certifiés A2P (assurance prévention protection) sont classés en quatre niveaux : porte vitrée, BP1, BP2 et BP3. La sécurité maximale étant assurée avec les portes blindées BP3 (de 2 000 à 4 500 €).
  • Les serrures elles aussi peuvent être certifiées A2P. Elles comportent trois niveaux de sécurité (de 1 à 3 étoiles) selon l’outillage utilisé et le temps de résistance à l’effraction (de 300 à 700 €).

Protection contre le cambriolage : renforcer les points d’entrée

Selon les statistiques, les portes d’entrée sont les points les plus vulnérables d’une habitation, suivies par les fenêtres puis les portes de garage. Mais les chiffres peuvent être trompeurs. Ainsi, sur 100 maisons équipées de baies coulissantes, les cambrioleurs sont passés dans 95 cas par ces baies, tant elles sont faciles d’accès. De même pour les Velux. Julien Benoît, Protecthome

  • Vous pouvez équiper vos baies vitrées d’un verrou (30 € environ), fixé dans l’un des vantaux : il réunit les éléments de la baie en un seul bloc et les lie à l’encadrement. Il existe des protections similaires pour les fenêtres de toit.
  • Munissez éventuellement vos fenêtres de vitres anti-effraction (entre 300 et 500 € /m2), composées de plusieurs vitrages assemblés. Elles sont classées en fonction de leur résistance : la protection P6B correspond à un triple vitrage de 15 mm d’épaisseur résistant à 30 coups minimum de hache ou de masse.
  • Les volets s'équipent de barres de sécurité (de 15 à 80 €). Préférez les volets en bois plein plutôt qu’à claire-voie. Sur les fenêtres sans volets, posez des grilles de protection.
  • Les portes de garage peuvent aussi être dotées de barres de sécurité, renforcées de serrures antisoulèvement (de 50 à 200 €).

Installer un système d’alarme

Local ou général

  • Les petites alarmes autonomes (à partir de 20 €), munies d’un détecteur de mouvement ou d’ouverture, sont destinées à protéger une seule pièce.
  • Des systèmes plus complexes et évolutifs comprennent des détecteurs de mouvements, d’ouverture ou de bris de glace, qui transmettent les informations à une centrale. Le boîtier déclenche des avertisseurs dissuasifs pour le cambrioleur – signaux lumineux, messages vocaux, sirènes… En parallèle, le sytème peut envoyer une alerte sur un ou plusieurs numéros de téléphone (habitants du logement, voisins, famille…), sur un ordinateur, une tablette…

Radio ou filaire

  • Certains systèmes fonctionnent par radio. Plus simples à poser, ils fonctionnent sur batterie mais sont coûteux à l’achat : 500 € au minimum.
  • Les systèmes filaires (à partir de 300 €, hors travaux de câblage) sont plutôt adaptés aux maisons en construction ou en rénovation.

Le coût d’un système dépend aussi de la surface de l’habitation, du nombre d’ouvertures à protéger et des options choisies : transmetteur GSM, caméra de surveillance…

Les systèmes d’alarme évolutifs doivent être certifiés NF et A2P. Ils sont classés en trois catégories, symbolisées par des boucliers, selon le degré de protection assuré, précise Florence Morice, du département certification du Centre national de prévention et de protection (CNPP).

La télésurveillance, efficace contre la cambriolage ?

Un système d’alarme peut être couplé à une télésurveillance : l’alerte est alors transmise à une centrale, qui va d'abord vérifier s’il ne s’agit pas d’une fausse alerte.

Si le propriétaire des lieux ne répond pas ou si l’opérateur de télésurveillance entend des bruits suspects, la procédure est enclenchée selon le contrat : appel de plusieurs correspondants désignés ou envoi d’un agent de sécurité.

Pour choisir votre prestataire, privilégiez un système qui comporte une certification Apsad, une marque délivrée par le Centre national de prévention et de protection (CNPP). Le plus souvent, vous aurez le choix entre :

  • l’achat du matériel (comptez entre 500 et 2 000 €)
  • et sa location (de 15 à 30 € par mois).
  • S’y ajoute l’abonnement au système de télésurveillance (de 25 à 40 € par mois).

Les compagnies d’assurances et les banques proposent aussi des systèmes englobant la mise à disposition du matériel, sa maintenance, la liaison 24 h/24 et 7 jours/7 avec un centre de veille et l’intervention d’agents de sécurité en cas d’effraction.

Ce sujet a été traité par l'émission : Les Experts d'Europe 1, d'Helena Morna avec la participation de Ignace Manca, directeur de la rédaction de Dossier Familial

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