Bricolage et jardinage : louer du matériel en toute sécurité

Bricolage et jardinage : louer du matériel en toute sécurité

Pour poncer un parquet ou tailler une haie, la location de l’outillage est plus économique que l’achat. Mais il importe de vérifier l’état du matériel pour éviter les accidents et de bien lire le contrat.

Les Français raffolent du bricolage : 40 % d’entre eux déclarent bricoler, jardiner ou décorer avec assiduité (sondage Ifop de mars 2010). Les femmes sont passionnées : 90 % d’entre elles assurent s’adonner à cette activité. Compte tenu de l’investissement, le recours à la location fait de plus en plus adeptes. Louer un motoculteur coûte de 80 à 150 € la journée, alors qu’il faut compter environ 2 000 € à l’achat. Résultat : près de 50 % des contrats de location sont aujourd’hui conclus avec des particuliers.

Mais le prix n’est pas tout. Il faut également être vigilant sur le choix et l’état du matériel proposé, et savoir que le loueur est tenu à des obligations de sécurité et d’information. On peut louer du matériel dans des magasins de bricolage ou de jardinage (Castorama, Leroy Merlin, M. Bricolage, M. Jardinage…) ou chez les loueurs spécialisés (Locoutils, Loxam, Kiloutou…), en se faisant aider par un conseiller.

Location du matériel : un chèque de caution sera demandé

Le matériel doit obligatoirement porter le marquage CE, garantissant la conformité du produit aux exigences communautaires, notamment en matière de sécurité. Seules les personnes âgées de plus de 18 ans et pouvant justifier, documents à l’appui, de leur identité et de leur résidence, peuvent louer du matériel.

En plus du prix de la location, il faut verser un chèque de caution ou un dépôt de garantie qui sera rendu lors du retour du produit loué.
La plupart des appareils peuvent être emportés immédiatement. Pour un matériel plus spécifique (chariot porte-plaques, foreuse sur bâti…), il est préférable d’effectuer une réservation deux à trois jours à l’avance.

L’assurance et le contrat pour louer du matériel de bricolage

Le loueur doit remettre au particulier un contrat précisant les conditions de la location (identification détaillée du matériel, durée et tarif de la location), le montant du dépôt de garantie et les conditions de sa restitution. Il indique si le client est assuré par l’intermédiaire du loueur contre les risques de vol, perte ou casse du matériel (garanties, franchise).

Dans le cas contraire, les conditions de remboursement doivent être mentionnées. Le contrat précise encore que le fonctionnement et les conditions d’utilisation du matériel ont été expliqués au client par le loueur. Il doit être signé par les deux parties et accompagné du certificat de conformité de la machine, établi par le loueur.

Ce dernier doit rappeler au particulier qu’il lui faut disposer d’une assurance de responsabilité civile - associée à son assurance multirisque habitation -, couvrant les dommages causés à autrui. Le client s’engage à utiliser le matériel conformément à son usage et à respecter les consignes d’utilisation et de sécurité. Il doit enfin rapporter l’outil nettoyé, accompagné de ses accessoires et de sa notice d’utilisation, et signaler tout problème de fonctionnement, même minime, afin que ce point soit vérifié à titre préventif.

Jardinage, bricolage : les loueurs sont tenus d’informer les clients

S’il n’existe pas en France de réglementation spécifique sur la location de matériels de bricolage et de jardinage pour les particuliers, les loueurs doivent respecter, depuis 2003, la norme NF S 55-500. Celle-ci fixe plusieurs obligations techniques et un cadre minimal de bonnes pratiques.

Les loueurs sont notamment tenus de vérifier le matériel après chaque location, de consigner les opérations d’entretien et de contrôle, d’informer leurs clients et de leur remettre certains documents. « Le client est en droit d’exiger que le matériel soit fourni avec un mode d’emploi en langue française, précise Micaëlla Moran, coauteur d’une enquête de l’UFC-Que Choisir sur la sécurité des appareils de location. Cette notice, ou sa photocopie, doit être obligatoirement remise par l’enseigne. »

Vous pouvez aussi demander au loueur de procéder devant vous à une démonstration du matériel. « Le client saura ainsi comment utiliser l’outil de manière efficace, poursuit Micaëlla Moran. Savez-vous, par exemple qu’il faut vérifier la tension de la chaîne d’une tronçonneuse avant de s’en servir ? Cette démonstration est très utile pour éviter de se blesser.

Même chose pour éviter de se brûler en maniant une décolleuse à papier peint. » Une telle démonstration permet aussi de vérifier si l’appareil est bien en état de marche. « Si l’appareil est sale, le client peut en demander un autre, car l’enseigne doit procéder à l’entretien et à la révision entre deux locations. »

Demandez également au loueur s’il existe un numéro d’assistance joignable en cas de problème avec le matériel et s’il est accessible le dimanche. En cas de panne ou de casse, vous devez l’en avertir dans les plus brefs délais, et surtout ne pas intervenir vous-même pour tenter de réparer la machine.

L'équipement de sécurité minimal pour bricoler

Enfin, l’utilisation de ces appareils étant souvent dangereuse, il est important de disposer d’un équipement de sécurité minimal. Les activités de bricolage représentent environ 5 % des admissions aux urgences, soit 225 000 accidents par an. Sur 1,4 million d’accidents de la main recensés chaque année, les deux tiers sont liés au bricolage et au jardinage.

Parmi les matériels les plus dangereux : les engins de levage (échafaudages, échelles…), les décolleuses de papier peint, les déboucheurs de canalisations ou les shampouineuses de moquette. L’usage de lunettes, de chaussures de sécurité et, surtout, de gants protecteurs doit être systématiquement recommandé par les loueurs. Un casque avec visière et des protections auditives sont également conseillés, notamment pour l’utilisation d’une tronçonneuse, d’une débroussailleuse ou d’un taille-haie.

La location du matériel de bricolage et de jardinage entre particuliers

La location de matériel de bricolage et de jardinage entre particuliers permet de bénéficier de tarifs plus avantageux que chez les loueurs professionnels. Mais les particuliers ne sont tenus à aucune obligation d’information, de conseil ou d’entretien du matériel entretenu. De ce fait, le consommateur ne dispose à travers cette formule d’aucun filet de sécurité.

Lancée en 2008, la plateforme de location sur Internet entre particuliers Zilok.com inclut dans la commission qu’elle perçoit une assurance contre la casse et le vol (sauf pour les tondeuses autoportées, les machines de levage, de manutention, de construction et de terrassement). Néanmoins, Zilok.com dégage toute responsabilité concernant les conflits qui pourraient surgir après la signature du contrat.

"En cas de problème, le client dispose de peu de recours"

 "Si un consommateur rencontre un problème avec un loueur de matériel de bricolage et de jardinage, il ne dispose que de recours limités. Le code de bonne conduite mis en place par les professionnels n’a en effet aucune valeur réglementaire. Cependant, les loueurs sont tenus à des obligations d’information.

Si le consommateur pense avoir été victime d’une infraction, c’est-à-dire s’il a reçu du loueur une mauvaise information, ou si le produit loué n’est pas conforme à sa description, il peut porter plainte auprès de la direction départementale de la protection des populations", indique Marie Taillard, chargée de la communication à la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).