Améliorer un chauffage existant

Améliorer un chauffage existant

Tout le monde n’a pas l’intention ou la possibilité de changer totalement de système de chauffage. Faute d’acquérir un système plus performant, on prendra des dispositions pour diminuer la consommation.

Que votre installation fonctionne au gaz naturel, au propane, au fioul ou à l’électricité, investir dans la régulation et la programmation de votre chauffage devient rapidement rentable. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les pouvoirs publics et l’Agence nationale pour l’habitat (Anah) accordent, sous certaines conditions, des aides financières.

Elles soutiennent notamment l’installation de systèmes de régulation centrale, par thermostat d’ambiance ou sonde extérieure, avec horloge de programmation ou programmateur par zone, l’équipement en robinets thermostatiques et les systèmes de régulation du chauffage électrique en fonction de la température extérieure.

Moderniser une installation électrique ancienne

La souplesse d’utilisation du chauffage électrique direct et le coût peu élevé des appareils premiers prix expliquent son succès : il équipe sept millions de logements. Nombre d’entre eux sont malheureusement encore dotés de convecteurs de type "grille-pain". Ces derniers sont désormais proscrits dans les constructions neuves par la réglementation thermique. De fait, ils produisent une chaleur qui se répartit inégalement (air froid au niveau du sol, air surchauffé au plafond), ce qui force à pousser le thermostat, d’autant plus quand l’appareil est vieux et qu’il restitue mal la chaleur.

On remplacera avantageusement les "grille-pain" par des appareils plus performants : les convecteurs rayonnants ou radiants mais plus chers à l’achat. Le locataire qui ne parviendrait pas à trouver un accord avec son bailleur pour financer l’installation d’un nouvel équipement, pourra alors, au moment de son départ, soit négocier une reprise avec le locataire suivant, soit repartir avec ses radiateurs en laissant les anciens. Il faut cependant prendre conscience que les radiateurs à accumulateurs, très lourds, sont difficilement transportables.

Radiateurs basse température ou à accumulation

Radiateur basse température. Il offre l’avantage d’une grande surface de chauffe (c’est ce qui autorise le fonctionnement à basse température). Le confort qu’il apporte approche ou égale celui d’un chauffage central. Selon la puissance et le matériau, le prix varie de 230 à 450 €, majoré le cas échéant des frais d’installation (un bricoleur averti peut cependant la réaliser lui-même). À puissance égale, on choisira l’appareil qui présente la plus grande surface de chauffe compatible avec l’aménagement de la pièce.

Radiateur à accumulation. Il comporte une forte masse de briques réfractaires, isolée de l’enveloppe par des plaques de laine de roche. La nuit, aux heures où un abonnement adapté permet d’obtenir de l’électricité à tarif réduit, la brique réfractaire est chauffée à plusieurs centaines de degrés. Le jour, l’appareil restitue la chaleur. Coût : de 750 à 1 000 € (pose comprise). Cependant, leur encombrement est important et, les journées particulièrement froides, il est parfois nécessaire de réalimenter l’appareil au tarif heures pleines.

Délesteur, un choix économique

L’installation d’un délesteur ne nécessite pas que l’on change le radiateur, mais l’acquisition d’un nouveau matériel n’empêche pas de s’y intéresser. Le principe est simple : on n’a pas besoin de la même puissance au compteur en été et en hiver, un délesteur permet de réduire la puissance souscrite et d’utiliser ses appareils électriques sans faire disjoncter l’installation. Lorsque la puissance appelée tend à dépasser la puissance souscrite, le délesteur diffère l’alimentation des circuits jugés non prioritaires (généralement le chauffage). Le courant est, par exemple, coupé dix minutes sur un radiateur, dix minutes sur un autre, tant que le délestage s’avère nécessaire.

Selon l’Agence de l’Environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), dans la majorité des cas, cela permet de gagner une tranche tarifaire. Pour l’Agence, l’investissement à prévoir – de 150 à 350 € HT, installation non comprise – laisse entrevoir un retour sur investissement en trois à six ans suivant le type de logement et d’installation. Exemple : en passant de 12 kVA à 9 kVA, le prix de l’abonnement diminue de 30 % (de 147,20 € à 93,24 €), soit une économie de 53,96 €/an (tarif EDF de base en vigueur en septembre 2012).

Programmer avec le "fil pilote"

En matière de programmation, il existe un grand nombre de système. Parmi les techniques mises en avant par Promotelec, association créée en 1962 pour promouvoir la sécurité et la qualité des installations électriques dans le bâtiment, on citera celle du "fil pilote". Aussi appelé thermostat électronique, il permet de programmer plusieurs niveaux de température (arrêt, hors gel, économie, confort). Les radiateurs performants en étant équipés, il suffit alors de compléter l’installation avec une centrale de programmation qui transmet les instructions aux radiateurs.

Plusieurs solutions existent pour équiper des radiateurs non pourvus de fil pilote : par courant porteur, radiofréquence ou infrarouge, ce qui évite de passer des gaines. Avec une installation en triphasé, prévoir un coupleur de phase si la programmation s’effectue par courant porteur.

On tablera sur un coût, pose non comprise, de 80 à 280 € HT pour une centrale de programmation 1, 2 ou 3 zones (une programmation multi-zone permet de différencier la température selon les pièces et leurs moments d’occupation). Il faut compter un fil pilote par radiateur : de 60 à 100 € HT. Quant au coupleur de phase, il coûte entre 40 et 60 € HT.

Améliorer une chaudière propane ou fioul

Dans une maison individuelle, la chaleur de l’eau d’un circuit de chauffage au gaz ou au fioul est améliorée par l’usage d’une pompe à chaleur (PAC). On trouvera un double intérêt dans l’installation d’une PAC air/eau en relève de chaudière : la limitation des émissions de CO2 et une économie importante sur la facture de chauffage.

Son fonctionnement se cale sur la température extérieure. Quand elle dépasse 0 °C, la PAC fonctionne seule ; si elle devient négative, la chaudière vient l’épauler en fournissant un complément (le réglage se fait au cas par cas, en fonction de la chaudière, du type de PAC et de la température intérieure souhaitée). Ce système permet de ne consommer du combustible qu’aux périodes les plus froides. L’économie peut atteindre 70 % et la facture énergétique globale diminuer de 40 à 50 %.

Le raccordement d'une pompe à chaleur sur une installation existante ne s'improvise pas et nécessite, dans certains cas, des travaux préalables sur le bâti. Il peut aussi entraîner une modification de la puissance souscrite ou un changement de branchement de monophasé en triphasé.

À une période où les prix du fioul et du gaz flambent, la demande s’intensifie et les installateurs se multiplient. On s’adressera de préférence à un artisan agréé "Qualipac" (liste sur www.afpac.org).

Ce qu’il faut savoir

Un radiateur de 1 000 W consommera toujours 1 000 W. La possibilité d’économiser l’énergie se situe dans sa faculté à restituer plus ou moins vite et bien la chaleur dans la pièce.

Les fabricants préconisent une puissance de 80 à 100 W/m2 dans les logements antérieurs à 1982, 55 W dans les logements construits entre mars 1982 et 1989, 35 W dans les logements construits après 1989 et qui bénéficient d’un haut niveau d’isolation. On corrigera ces valeurs en fonction du volume, de l’orientation de la pièce et des apports gratuits de chaleur (soleil, appareils de cuisson).

On ne compte plus le nombre de modèles de radiateurs électriques. Plutôt que de se précipiter sur un appareil vendu avec un rabais de 30 ou 40 %, mieux vaut d’abord contacter un expert en bilan thermique qui examinera les améliorations envisageables selon la configuration du logement et conseillera le mode de chauffage le mieux adapté.

Équipements et solutions

Outre la réalisation d’économies d’énergie, les gains attendus en confort et la facilité d’utilisation entrent en ligne de compte dans le choix d’un équipement ou d’un système de régulation du chauffage.

Eau chaude

Confort thermique Confort usage Maîtrise des coûts
Robinet thermostatique XX   X
Thermostat d’ambiance X X X
Régulation température extérieure X   XX
Thermostat d’ambiance programmable X X XX
Commande téléphonique X XX X
Et les combinaisons suivantes      
Thermostat d’ambiance robinet thermostatique XXX X XX
Thermostat d’ambiance programmable robinet thermostatique XXX X XXX
Régulation température extérieure robinet thermostatique XXX   XXX
Électricité      
Thermostat intégré XX   X
Régulation température extérieure X   XX
Programmateur X X XX
Délesteur   XX XX
Indicateur de consommation     X
Commande téléphonique X XX X
Et les combinaisons suivantes      
Thermostat intégré programmateur XXX X XXX
Thermostat intégré délesteur XX XX XXX
Thermostat intégré programmateur délesteur (gestionnaire) XXX XXX XXX

(source : Ademe)