Alléger la facture d’eau chaude

Alléger la facture d’eau chaude

La production de l’eau chaude sanitaire représente le tiers du coût énergétique total d’un logement. En modifiant ses habitudes et/ou son installation, on réduira ses factures.

On distingue deux modes de production d’eau chaude : instantanée et à accumulation. Dans le premier cas, l’eau est chauffée "à la demande" à l’électricité ou au gaz. Le gaz est plus avantageux, notamment si l’appareil possède un système d’allumage automatique du brûleur sans veilleuse (économie de 1 000 kWh/an). Depuis une vingtaine d’années, les rendements des brûleurs ont gagné 15 à 20 %, d’où l’intérêt de remplacer les appareils anciens, plus gourmands.

Dans la production à accumulation, l’eau est chauffée par une résistance électrique immergée et maintenue à température dans un réservoir calorifugé. Si la chauffe s’effectue à l’électricité, la souscription d’un abonnement heures pleines/heures creuses permet de faire chauffer l’eau lorsque l’énergie est moins chère (par exemple chez EDF, 0,0926 €/kWh en heures creuses au lieu de 0,1353 € en heures pleines).

Changer plutôt que rénover

Le coût de la production d’eau chaude sanitaire varie considérablement en fonction de la qualité des installations. "Si l’eau est chauffée par une vieille chaudière à fioul fonctionnant été comme hiver pour maintenir en température une quantité d’eau importante, il faut envisager d’opter pour un système plus performant", explique Michel Carré qui déconseille nettement les "bricolages".

"Il existe sur le marché de nombreux produits ou compléments d’installation prétendument capables d’améliorer le rendement. Aucun n’est efficace, il n’y a pas de solution miracle pour optimiser une chaudière ancienne", poursuit-il.

Réduire ses dépenses sans perte de confort

Quel que soit le système utilisé, quelques investissements peu onéreux produiront des résultats tangibles.

Éviter les déperditions de chaleur. Calorifuger un ballon ne revient pas cher et contribue à conserver l’eau à la bonne température : il suffit de l’envelopper dans un matériau isolant (laine de roche, par exemple). Cette installation s’avère particulièrement rentable lorsque le ballon se trouve dans un local non chauffé. On trouve par ailleurs dans les magasins de bricolage un isolant mousse spécifique (gaines fendues adhésives) permettant d’isoler les tuyaux. Tous les deux ou trois ans, on pensera à faire intervenir un professionnel pour vidanger et détartrer un chauffe-eau à accumulation car la corrosion et le tartre affectent son rendement.

Limiter sa consommation. Il est des gestes auxquels on ne pense pas toujours et qui, additionnés, soustraient des euros à la facture, comme couper l’alimentation du chauffe-eau électrique ou la veilleuse du chauffe-eau à gaz lorsque l’on s’absente plus de trois jours, par exemple. Enfin, sachez qu’une douche de quatre à cinq minutes nécessite entre 30 et 40 litres d’eau chaude entre 35 et 40° C ; un bain de 150 à 200 litres. Renoncer au bain au profit de la douche allège la facture.

Réaliser quelques investissements rentables

Des petits équipements produiront des économies importantes.

Mitigeur thermostatique. Une bonne partie de l'eau est consommée lorsque l'on tâtonne pour trouver la bonne température. Avec des robinets thermostatiques gradués en degrés, l’eau arrive et reste à la température souhaitée (à partir de 22 €).

Douchette économique. Les douchettes traditionnelles, très gourmandes en eau, seront utilement remplacées par des modèles équipés d’un système de turbulence qui donne l’impression de recevoir la même quantité d’eau alors que l’installation n’en chauffe que la moitié (à partir de 20 €).

Stop douche. Fixé au départ du flexible, il ne laisse couler qu’un mince filet pendant le savonnage et permet de retrouver aussitôt la bonne température (à partir de 4,50 €). Peu onéreux, ce système est idéal pour les unités à deux robinets sans mitigeur.

Température et dureté de l’eau

L’arrêté du 23 juin 1978 prévoit que la température de l’eau chaude sanitaire ne dépasse pas 60 ° aux points de puisage. Dans les ballons de stockage, il est préférable de ne pas descendre trop en dessous de cette température pour éviter une prolifération bactérienne, ni de la dépasser pour limiter l’entartrage qui réduit les performances des appareils en enveloppant la résistance d’un "tampon".

En présence d’une eau dure favorisant l’entartrage, un traitement antitartre est recommandé. Le calcaire (ou dureté de l’eau) s’exprime en TH (titre hydrotimétrique). Avant d’acheter un appareil, on étudiera sa facture d’eau ou l’on demandera au gestionnaire ou au syndic de l’immeuble le TH de l’eau.

S’il est inférieur à 15 ou compris entre 15 et 25, pas de problèmes : une eau trop adoucie augmente le risque de corrosion qui dissout les métaux lourds nocifs à absorber. De 25 à 50, l’eau est dite de dure à très dure, un traitement doit être envisagé car le tartre est responsable de surcoût énergétique et de dégradations importantes au niveau des ballons, chaudières et robinetteries.

L’eau chaude collective

Certains immeubles, généralement anciens, disposent d’une alimentation collective en eau chaude. L’eau se refroidit quand la longueur des tuyaux entre le point de production ou de stockage de l’eau chaude et les lieux d’utilisation est importante. Résultat, les occupants attendent longtemps que l’eau se réchauffe à la sortie du robinet ou se contentent d’une température insuffisante. Ce qui leur fait, en outre, courir le risque d’un développement de bactéries dans les réseaux.

Le meilleur moyen pour remédier à ces problèmes consiste à installer une pompe de circulation, généralement appelée pompe de bouclage d’eau chaude sanitaire. Grâce à ce système, l’eau chaude circule en permanence dans le réseau et, sans cesse réchauffée, arrive instantanément à bonne température aux robinets.

Parallèlement, l’installation de compteurs individuels permet aux occupants de payer une facture correspondant précisément à leur consommation. S’ils la jugent trop élevée, il leur reviendra de prendre chacun des mesures d’économie ! La loi impose l’installation de compteurs individuels dans les immeubles dont le permis de construire a été accordé après le 30 juin 1975.

Comparer les appareils de production d’eau chaude

Le choix d’un système de production d’eau chaude dépend de plusieurs critères : installation de chauffage existante, taille et habitudes de la famille, énergie disponible, caractéristique du logement. L’eau chaude solaire ne figure pas dans ce tableau : elle est traitée dans le dernier chapitre de ce guide.

Type de chauffe-eau Avantages Inconvénients
Électrique
À accumulation Faible investissement. Coût d’utilisation réduit si chauffage effectué en heures creuses. Les modèles premiers prix sont généralement plus énergivores. Vérifier la norme de performances.
Instantané Pas de perte de chaleur par enveloppe d’un ballon. Faible encombrement. Le débit dépend de la puissance de l’installation. Convient à un point de puisage unique ou isolé.
Gaz
Brûleur instantané Aucun investissement si couplé à une chaudière gaz. Souple d’utilisation si allumage automatique du brûleur sans veilleuse. Peu souple d’utilisation avec une veilleuse (1) qui s’éteint quand on ne fait couler qu’un mince filet d’eau.
Brûleur et ballon intégrés à la chaudière Souple d’utilisation. Faible encombrement. Coût élevé. Usure plus rapide car le même brûleur sert pour l’eau chaude et le chauffage.
Ballon indépendant de la chaudière Souple d’utilisation. Investissement moindre que solution précédente. Les chaudières à veilleuse (1) sont interdites depuis la réglementation thermique 2000.
Ballon préparateur d’eau chaude indépendant avec serpentin couplé avec la chaudière Sans avantages particuliers. Moins bon rendement que les ballons à brûleur gaz. Impose une chaudière en marche été comme hiver.
Fioul, géothermie, bois
Ballon préparateur d’eau chaude indépendant avec serpentin couplé avec une chaudière fioul Sans avantages particuliers. Mode de production plus onéreux que le tarif nuit d’électricité. Appoint électrique vivement conseillé pour les périodes sans nécessité de chauffage.
Ballon préparateur d’eau chaude indépendant avec serpentin couplé avec une chaudière système de géothermie Consommation d’électricité réduite de 3 à 4 fois, crédit d’impôt à l’installation. Compatible avec l’utilisation de capteurs solaires. Investissement coûteux malgré le crédit d’impôt.
Ballon préparateur d’eau chaude indépendant avec serpentin couplé avec une chaudière bois ou un poêle à bois. Bon marché… à condition de couper le bois soi-même ! Alimentation de la chaudière contraignante. Régulation thermique difficile, sauf si ballon tampon.

(1) Consommation de 500 à 1 000 kWh/an (Source : www.leguideduchauffage.com)