Accidents domestiques : comment les éviter ?

Accidents domestiques : comment les éviter ?

Les accidents domestiques font plus de décès que ceux de la route. Principales victimes : les personnes âgées et les enfants. De simples précautions permettent pourtant de les prévenir.

On estime à 5 millions le nombre d’accidents corporels survenant chaque année dans les logements, les garages, les ateliers ou les jardins privés…

Ils provoquent plus de 2 millions de visites aux urgences, plusieurs centaines de milliers d’hospitalisations et un peu plus de 11 000 décès, soit trois fois plus que sur les routes.

Les bébés et les jeunes enfants sont, avec les personnes âgées, les premières victimes. Voici nos conseils pratiques pour adopter les gestes efficaces et les bons réflexes afin de minimiser les risques.

Chute, principal risque pour les personnes âgées

La plupart des personnes qui décèdent à la suite d’un accident à domicile sont des seniors. 67 % des accidents de personnes de plus de 75 ans sont dus à une chute (source : inpes.sante.fr).

Les causes ? Ce sont essentiellement des chutes. Au sol, recensez et éliminez tout ce qui peut faire trébucher :

  • dalles ou lames de parquet déboîtées ;
  • cordons électriques ;
  • meubles bas ou pots de fleurs peu visibles ;
  • jouets d’enfants ;
  • tapis qu’il faut fixer au sol avec de l’adhésif double face, par exemple.

Côté lumière, prévoyez un interrupteur, à l’entrée des pièces, qui commande un éclairage central ou une lampe.

Et, dans la chambre, un éclairage commandé depuis le lit pour se lever la nuit sans risque.

Dans l'escalier. Il constitue un risque s’il est trop raide (marches de plus de 17 cm de haut et/ou de moins de 28 cm de profondeur), en colimaçon ou dépourvu de rampes d’appui.

Il sera plus sûr s’il est éclairé – notamment par des diodes électroluminescentes pour les marches, avec allumage par détecteur de mouvement.

Pour pallier la baisse d’acuité visuelle, des nez de marche (partie saillante à l’avant) en matériau antidérapant et d’une teinte différente sont conseillés.

À la cuisine, plus on est âgé, plus il est risqué de s’accroupir et d’avoir à se relever ensuite, ou de se hausser sur la pointe des pieds.

La zone de confort des rangements doit être comprise entre votre hanche et votre épaule , préconise Murielle Bouin, responsable du département prévention de Calyxis, cabinet d’expertise en sécurité domestique.

Et une petite table ­roulante évitera de ­porter des charges trop lourdes ou trop chaudes d’un endroit à l’autre de la cuisine.

Dans la salle d’eau. L’âge venant, mieux vaut remplacer la baignoire, dangereuse à enjamber, par une douche au sol antidérapant et de plain-pied, avec des barres d’appui. Dans les toilettes, une cuvette rehaussée et une barre d’appui seront une aide précieuse.

Noyade, étouffement : les jeunes enfants très exposés

Que ce soit dans le bain ou près d’une piscine, pour éviter les risques de noyade, un adulte doit toujours rester à proximité et garder un œil sur les enfants.

Il suffit de quelques secondes et de quelques centimètres d’eau pour qu’un enfant se noie sans aucun signe donnant l’alarme. Il doit donc toujours rester à portée de vue, même dans son bain ou dans une petite piscine gonflable.

Sortez-le si vous devez vous éloigner, même brièvement, et videz la piscine après le bain, au cas où l’enfant s’en approcherait à votre insu. Prohibez par ailleurs sièges et anneaux de baignoire, qui ne procurent qu’une fausse sécurité.

Sur la table à langer. Ne vous éloignez pas lorsqu’il est sur sa table à langer ou dans son transat. Ce dernier doit être posé au sol et non en hauteur.

Une fois que l’enfant sait marcher, indique Murielle Bouin, si vous êtes absorbé par une tâche, installez-le plutôt dans un parc ou une chaise haute équipée de sangles. 

Fermez les fenêtres . Limitez son accès aux zones dangereuses, en posant des barrières, en bas et en haut des escaliers et à l’entrée de la cuisine, des prises à éclipse ou des cache-prises, des protections de coin de table, bloque-tiroirs, entrebâilleurs de fenêtres, etc.

Dans son lit. Faire dormir un bébé sur le dos réduit les risques de mort subite du nourrisson. Cette habitude est à adopter dès la naissance de l’enfant.

Bannissez les amoncellements de peluches dans son lit et ne faites pas dormir un bébé dans un lit pour adulte, surtout avec une couette : faute de lit adapté, mieux vaut improviser un couchage par terre avec des coussins et une couverture.

Incendies : un détecteur de fumée en prévention

Les incendies les plus dangereux surviennent la nuit, car ils surprennent dans le sommeil.

Principal outil de prévention, les détecteurs de fumée (de 20 à 30 €), obligatoires en 2015, sont efficaces à condition de :

  • choisir un modèle aux normes (marquage CE, normes EN 14 604 et NF 292) ;
  • l’installer de préférence au plafond du couloir menant aux chambres ;
  • bien l’entre­tenir en le dépoussiérant tous les six mois (ne jamais le peindre).

Attention, certains objets mal utilisés peuvent déclencher des incendies. Il s’agit par exemple :

  • de prises électriques sur lesquelles trop d’appareils sont branchés ;
  • d’appareils électriques laissés branchés ou non nettoyés (miettes dans le grille-pain, bourres de tissu dans le filtre du sèche-linge) ;
  • de linge mis à sécher sur un radiateur électrique…

La qualité du système de chauffage (installation, utilisation et entretien) est cruciale, surtout s’il est au bois. Toutefois, la majorité des incendies se déclare hors du logement, dans une cave, un garage, un local à poubelles…

Enfin, quand un feu se déclare dans une poêle ou une friteuse, s’il n’a pas encore pris d’ampleur, étouffez-le en le couvrant à l’aide d’un grand couvercle ou de la lèchefrite de votre four.

Une assurance contre les accidents de la vie

En cas d’accident grave chez vous, en pratiquant un sport ou lors d’activités scolaires, ni l’Assurance maladie, ni votre complémentaire santé, ni votre assurance habitation ne couvrent des préjudices aussi lourds que la perte de revenus professionnels ou une invalidité totale nécessitant une assistance permanente.

Il faut pour cela une assurance spécifique, comme la garantie accidents de la vie (GAV), proposée par votre assureur et couvrant les personnes, mais non les biens, moyennant une cotisation de 25 à 35 € par mois pour toute une famille.

Les meilleurs contrats ont un plafond d’indemnisation illimité, ou plafonné à 1 ou 2 millions d’euros, et prennent en charge les invalidités à partir de 5 % (doigt coupé, brûlures profondes…).

Cependant, pour les seniors, beaucoup de contrats comportent un âge limite de souscription, entre 64 et 69 ans.