Logements étudiants : des solutions originales pour les petits budgets

Logements étudiants : des solutions originales pour les petits budgets

Se loger lorsqu’on est étudiant relève du casse-tête. Pourtant, des solutions originales existent : habiter dans un conteneur, opter pour la colocation solidaire, vivre en foyer ou à la ferme.

Davantage de logements, plus vite, semble être l’objectif du ministère de l’Enseignement supérieur qui prévoit de doubler le nombre de logements étudiants pour atteindre 680 000 en 2020.

Actuellement, sur les 2,2 millions d’étudiants, seuls 10 % vivent en résidence universitaire, rappelle l’Observatoire de la vie étudiante, 33 % restent chez leurs parents, 33 % louent seul ou en couple, 11 % pratiquent la colocation et 13 % optent pour une solution différente (internat, foyer, voire camping).

Accès aux résidences universitaires limité

Si les étudiants sont plutôt satisfaits du logement qu’ils occupent, les démarches pour l’obtenir n’ont pas toujours été simples. Seuls les boursiers, ou ceux dont les parents disposent de revenus modestes, ont accès à un logement en résidence universitaire.

Les inscriptions au Dossier social étudiant s’effectuent en ligne, du 15 janvier au 30 avril, et sont fondées sur trois critères :

  • les ressources ;
  • l’éloignement ;
  • l’existence de frères ou sœurs déjà inscrits dans l’enseignement supérieur.

Beaucoup de demandes pour peu d’élus : « Nous enregistrons 24 000 sollicitations par an (bourses et logements) pour 5 000 places, constate Jenny ­Aslanis, responsable du Crous de Haute-­Normandie. Et nous sommes bien placés dans la moyenne nationale, car nous avons réalisé beaucoup d’investissements. À la rentrée 2011, nous ouvrons deux nouvelles résidences sur Rouen. »

Se loger dans un conteneur

« Tout l’été, j’ai cherché, mais les logements en ville étaient trop chers ou trop vétustes. À la rentrée, j’ai eu de la chance. J’ai décroché une place dans un conteneur à cargo. Je paie 305 € par mois pour 26 m2 tout confort avec salle de bains et cuisine aménagée. J’oublie qu’il s’agit d’un caisson métallique, car les murs sont recouverts d’une épaisseur de 15 cm de placo. J’aime le côté atypique de cet espace tout en longueur », affirme Florian, 21 ans, étudiant en marketing international.

Il a fait ­partie des premiers locataires de la cité A’docks du Havre, une résidence universitaire constituée d’une centaine de conteneurs à cargo disposés les uns au-dessus des autres. Il a trouvé son logement grâce au Centre régional des œuvres universitaires (Crous), car l’option « logement modulable » est la solution adoptée par la mairie et l’État pour réduire, en partie, la pénurie d’hébergements.

Un logement en colocation solidaire

La colocation, beaucoup d’étudiants en rêvent sans pouvoir se l’offrir. Pour les plus engagés ou les plus motivés, des solutions originales se développent. Ainsi, depuis un an, à Paris, Poitiers et Toulouse, des étudiants se voient proposer la colocation solidaire : un logement à prix réduit en échanges de services.

« À Toulouse, où le Crous est saturé de demandes, explique Hélène Asiain, responsable de l’Association de la fondation étudiante pour la ville, la mairie met à disposition les anciens 4-pièces des instituteurs qui ne bénéficient plus de logement de fonction depuis qu’ils sont professeurs des écoles. Nous les proposons à la colocation pour un prix modique à des étudiants sélectionnés sur leur motivation à s’engager sur un projet solidaire auprès des jeunes du quartier. »

Organiser une fois par mois un café citoyen, améliorer un journal de quartier ou dynamiser un jardin ouvrier permet à une cinquantaine de jeunes de réduire leur facture de près de 20 % par rapport à une colocation classique.

« La première fois que j’ai entendu parler du KAPS (Koloc’ A Projets Solidaires), c’était sur une radio publique. L’idée de mettre sur pied une activité de quartier allait dans le sens de mes études et me permettait d’accéder à un logement à prix modique, observe Florian, 20 ans, qui prépare le concours de l’école d’éducateurs spécialisés à Toulouse. J’ai postulé. Aucune compétence n’était exigée, sauf une réelle motivation. Maintenant, je vis avec deux étudiants dans un 4-pièces.

Le loyer me revient à 100 € par mois une fois l’APL déduite. En échange, je travaille trois heures par semaine à l’aménagement d’un espace collectif pour les jardins familiaux, gérés par l’association Partage-Faourette. Je rencontre les habitants du quartier, je les aide pour poncer ou refaire la toiture de leur abri de jardin, cela crée des liens avec des gens de tous âges et de tous horizons ».

Accepter de partager le logement d’un senior offre les mêmes avantages mais, tient à préciser Maud Robinard, responsable de l’association Le Temps pour Toit à Nantes, « cette formule ne s’adresse pas aux personnes qui recherchent un logement à bon compte en souhaitant conserver toute liberté, car un minimum de temps de présence est exigé pendant le repas du soir, la nuit et certains week-ends ». Habiter avec un senior suppose de la tolérance et du respect.

Un contrat précise le rôle de chacun. Le locataire n’a ni toilette, ni habillage ni soins à prodiguer, mais impossible de mettre la musique à fond, de faire la fête avec des amis ou de rentrer au milieu de la nuit. Selon la ville et la formule choisies, le loyer peut aller de 350 € par mois à la gratuité.

Les foyers revisités ou les campus verts

Vivre en foyer apporte l’occasion aux plus bûcheurs de se concentrer sur leurs études en restant entouré. Dans 250 villes, l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (UNHAJ) propose 40 000 logements accueillant 200 000 jeunes chaque année, dont 15 % sont étudiants.

Depuis leur création dans les années 1950, les foyers ont évolué. « Ils comportent certes des chambres individuelles, fait valoir Nelly Paolantonacci, responsable à l’UNHAJ, mais celles-ci, de moins en moins nombreuses, sont remplacées par des studios, T1, T2, T3 ou plus. En moyenne, les loyers sont de 300 €, dont 21 à 26 % restent à la charge des jeunes une fois les aides déduites. »

Autre possibilité, les foyers chrétiens, qui sans distinction de nationalité ou de religion, accueillent de plus en plus d’étudiants. L’Église dispose ainsi de 5 000 places.

Ceux qui préfèrent mettre leurs neurones au vert opteront pour un studio à la ferme. Environ 250 € pour un 25 m2 avec jardin à un quart d’heure du centre-ville, l’offre est alléchante, mais nécessite d’être motorisé. Le propriétaire s’engage aussi à fournir un service ponctuel de son choix : ­repassage, garage ou un loisir (vélo, pêche, cheval). Ce campus vert concerne 28 villes étudiantes situées dans le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie ou la ­Bretagne.

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