Colocation : les clés de la réussite

Colocation : les clés de la réussite

Choix de vie ou nécessité, la colocation a le vent en poupe. Mais elle n'est pas exempte de risques. Voici les clés d'une expérience de colocation réussie.

La colocation séduit de plus en plus de Français, en particulier parmi les étudiants. Elle constitue une bonne solution pour bénéficier d'un logement moins cher et plus confortable. Beaucoup y voient aussi la possibilité de se faire de nouvelles connaissances, voire de nouveaux amis.

Quelles que soient leurs motivations, les postulants à la colocation doivent rester prudents. Si louer à deux ou à plusieurs un même logement est une formule séduisante, mieux vaut ne pas se tromper dans le choix de ses partenaires et bien connaître le régime juridique qui s'applique. On évitera ainsi certaines déconvenues, notamment au moment de la rupture du bail.

Tous les colocataires signent le bail

Il importe en premier lieu que le bail soit signé par tous les colocataires, aussi nombreux soient-ils. Celui qui ne signe pas est un occupant sans droit ni titre, considéré comme simplement hébergé. Il ne peut pas, par exemple, solliciter d'aide au logement. Et si les colocataires signataires décident de déménager, il devra aussi quitter l'appartement.

La signature du bail assure à chaque colocataire les mêmes droits et les mêmes devoirs que ceux de n'importe quel locataire. Leur bailleur ne peut les déloger du jour au lendemain et ils sont tenus de régler leur loyer.

La fausse colocation : à fuir à tout prix

Attention à la fausse colocation, qui est une solution dangereuse. En général, les propriétaires acceptent de louer leur appartement si la personne intéressée gagne quatre fois le loyer demandé.

Pour obtenir un logement au-dessus de ses moyens, on peut être tenté d'affirmer au propriétaire vouloir partager l'appartement avec une amie, par exemple.

Un simple certificat de concubinage, facile à obtenir à la mairie, suffira à rassurer le bailleur. L'amie en question n'aura plus qu'à signer le bail, le vrai locataire se chargeant de payer seul le loyer.

Mais, en cas de problèmes financiers, l'amie qui a voulu simplement rendre service peut alors se retrouver responsable du loyer.

Signez un pacte de colocation

Les colocataires ont intérêt à prévoir par écrit les règles de vie qu'ils entendent appliquer. Délimiter les pièces de vie commune et celles qui sont privatives, prévoir l'organisation des tâches ménagères, anticiper la répartition des dépenses (alimentation, électricité, téléphone)…

Le pacte de colocation peut régler à l'avance les points susceptibles de créer des tensions ou engendrer des conflits. Son contenu est libre et laissé à la discrétion de ceux qui le rédigent.

Le partage des frais de la colocation

Clause de solidarité entre colocataires

Attention ! Les obligations financières des colocataires dépendent du fait que le bail contient ou non une clause de solidarité. Si tel est le cas, le bailleur peut exiger d'un des colocataires qu'il paie l'intégralité des sommes dues par tous.

Seul recours pour le débiteur sollicité : se retourner contre ses partenaires (éventuellement en justice). Le choix des colocataires revêt donc une importance capitale. Un conseil : si vous avez une mauvaise impression, fuyez dès la première rencontre.

Colocation : une ou plusieurs assurances-habitation ?

Au moment de la signature du bail, votre bailleur exigera aussi une attestation d'assurance-habitation. Si vous n'êtes que deux colocataires, nul besoin de souscrire plusieurs contrats, signalez simplement à la compagnie d'assurances le nom de votre colocataire.

Au-delà de deux occupants, il est préférable que vous souscriviez chacun un contrat (auprès du même assureur pour plus de simplicité). Votre mobilier sera ainsi mieux protégé et chacun bénéficiera d'une couverture responsabilité civile.

Taxe d'habitation et redevance audiovisuelle en cas de colocation

S'agissant de la taxe d'habitation et de la redevance audiovisuelle, vous recevrez, en principe, un seul avis adressé à l'ensemble des colocataires. La taxe sera établie aux noms de tous les occupants. De ce fait, vous êtes tous responsables de son paiement.

Colocation et rupture du bail

Limiter l'engagement de sa caution dans la colocation

Si le bailleur exige une caution, proposez-lui que chacun des colocataires en apporte une. Il bénéficiera de la même hauteur de garantie mais, à titre personnel, vous éviterez que votre seule caution ne s'acquitte des impayés de tous les colocataires.

Planifier les modalités de départ de la colocation

À moins qu'une clause de résiliation ait été prévue en cas de départ d'un occupant, le bail se poursuit pour les autres colocataires, qui se répartissent le montant du loyer. Il est conseillé de faire inclure dans le bail, au moment de votre départ, un avenant par lequel il sera indiqué que vous n'êtes plus solidaire du paiement des loyers.

Récupérer son dépôt de garantie après la colocation

Le bail ne prenant pas fin avec votre départ, le bailleur ne restituera donc pas le dépôt de garantie. Par conséquent, vous ne pourrez pas récupérer votre quote-part. Pour ce faire, vous pouvez tenter de trouver un terrain d'entente avec les colocataires restants ou avec le nouvel occupant. À défaut, il faudra attendre le départ de tous.