Changement de système de chauffage : quelle énergie choisir ?

Une sensation de froid l’hiver, un équipement obsolète et l’envolée des prix de certaines énergies sont les trois principales incitations à remplacer son installation. Électricité, bois, gaz, fioul, pompe à chaleur, panneaux solaires, quel type d'énergie privilégier pour se chauffer ?

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10 m2 de capteurs suffissent à chauffer une maison de 100 m2.
© adobestock

Énergie fossile ou renouvelable ?

> Pour vous aider à choisir et vous faire accompagner dans votre projet, Anne Lefranc suggère de prendre rendez-vous avec un conseiller du réseau Faire (Faciliter, accompagner et informer pour la rénovation énergétique) mis en place par l’Ademe. « Disponibles sur tout le territoire, les conseillers peuvent intervenir avant la rénovation et donnent des conseils, gratuits et neutres, en prenant en compte la situation du logement, son ancienneté, les installations existantes et les aides financières susceptibles d’être accordées. Ils étudient toutes les solutions possibles en dégageant des priorités: doit-on privilégier la récupération d’énergie, le changement de chaudière pour un modèle plus performant, ou faut-il sauter le pas pour une énergie renouvelable plus économique, peu émettrice en gaz à effet de serre et disponible à long terme? Entre le bois, la pompe à chaleur et le solaire thermique, le choix est large. » Ainsi, si vous êtes déjà connecté au réseau du gaz, il sera sans doute plus judicieux d’opter pour un nouveau modèle à haute performance énergétique, comme une chaudière gaz à condensation (de 3 000 à 5 000 euros), ou à microcogénération, capable de produire de l’électricité et idéale pour les besoins de chauffage importants  (de 12000 à 20000 euros), plutôt que de changer d’énergie.

> Il est aussi possible d’acquérir un équipement hybride, pouvant recevoir différents types de combustibles ou de sources d’énergie. Mais plus la taille de l’habitation est grande ou nécessite des besoins de chauffage importants, plus il faut viser une énergie économique. Même si l’investissement de départ est plus onéreux.

Le solaire n'est pas réservé au sud de la France

> Si vous habitez une région froide et bien ensoleillée, le solaire constitue une bonne option. Le système solaire combiné (SSC) permet en effet, selon l’Ademe, de couvrir entre 40 et 60% des besoins de chauffage d’un foyer et de réaliser jusqu’à 70% d’économie d’énergie avec une bonne isolation dans les zones montagneuses. Et contrairement aux idées reçues, le solaire n’est pas réservé aux régions du Sud. «En Lorraine, 1 m² de capteurs thermiques produit de 200 à 600 kWh par an, explique Thibaud Diehl, responsable du pôle Particuliers à l’agence locale de l’énergie et du climat (Alec) de Nancy. Quelque 10 de capteurs suffisent à chauffer une maison de 100 et à produire de l’eau chaude, avec un chauffage d’appoint. Le solaire est une solution trop souvent négligée alors que de nombreuses toitures peuvent être exploitables.»

Pour inciter les ménages à investir dans cette énergie propre et gratuite, la métropole de Nancy, comme une quinzaine d’autres collectivités locales (Bordeaux, Reims, Cherbourg, le département de la Corrèze…), ont lancé un outil internet, le cadastre solaire, qui permet d’évaluer instantanément les gains pouvant être réalisés par le solaire, selon la localisation de l’habitation. « En comptant un investissement de 1000 à 1500 euros par pour une maison de 100 à 120 m², le retour sur investissement se fait sur période de dix à quinze ans environ, selon le type d’énergie utilisée pour le chauffage d’appoint, sachant que la durée de vie des capteurs thermiques est supérieure à vingt ans », précise Thibaud Diehl. Une rentabilité qui devrait s’accroître avec l’augmentation de 4 % de la taxe carbone sur le gaz et le fioul jusqu’en 2022. Le solaire peut bénéficier, outre les aides publiques classiques, de programmes de soutien financier des communes ou des métropoles et des conseils régionaux et départementaux.

TROUVER DES PROFESSIONNELS QUALIFIÉS

Le réseau Faire permet de contacter un professionnel portant le label RGE (reconnu garant de l’environnement) créé par les pouvoirs publics, l’Ademe et les organisations professionnelles. Ce label garantit que le professionnel a suivi une formation et qu’il s’engage à respecter une charte de qualité. En aucun cas il ne doit procéder à des démarchages à domicile pour des travaux, des équipements ou des diagnostics énergétiques. Les aides financières proposées par l’État ne pourront être accordées que si les travaux ont été réalisés par des professionnels RGE.

Comparer les performances des équipements

> L’étiquette énergie, obligatoire pour les chaudières, les pompes à chaleur, les poêles à bois et les foyers fermés, est une première indication de la performance des appareils. Elle traduit leur classe énergétique, classée de A++ (les plus performants) à G (les moins efficaces) et leur puissance thermique. « Il est également utile de se référer à l’efficacité énergétique saisonnière, ou ETAS », conseille Anne Lefranc. Cette mesure sert à évaluer la performance du chauffage sur l’intégralité d’un cycle de chauffe, qu’il soit en marche ou en veille, et selon les variations des températures extérieures.

> Certains niveaux de performance sont à respecter pour accéder aux aides de l’État. Ainsi, pour une chaudière à condensation, l’efficacité énergétique saisonnière doit être égale ou supérieure à 90%. Elle excède 100% pour les énergies renouvelables. S’agissant d’une pompe à chaleur air-eau ou eau-eau basse température, l’ETAS doit être de 126% au minimum. Vous pouvez aussi vous référer à la puissance nominale (Pn), exprimée en kW, qui est la puissance maximale qu’un équipement peut fournir en continu. Le rendement, exprimé en pourcentage, traduit le rendement du système de chauffage, c’est-à-dire l’énergie qu’il peut fournir par rapport à l’énergie consommée.

Déterminer un budget

> Outre l’achat et l’installation de l’équipement, le budget doit comprendre, les factures d’énergie, ainsi que le coût de l’entretien et de la maintenance qui peut varier de 50 euros environ pour le solaire à plus de 200 euros pour une pompe à chaleur (PAC). Vous pouvez disposer des aides nationales et locales suivantes pour réaliser les travaux.

  • L’éco-prêt à taux zéro, prorogé jusqu’au 31 décembre 2021, pour financer des travaux d’isolation, d’installation ou de remplacement d’un système de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire.
  • La TVA à 5,5 % .
  • Les bonifications « coup de pouce » pour le chauffage, si on opte pour un nouveau système axé sur les énergies renouvelables, ou l’isolation du toit.
  • Le crédit d’impôt pour la transition énergétique, remplacé à partir de janvier 2020 par une prime forfaitaire. «Plus la nouvelle installation permettra de réaliser des économies d’énergie et plus elle utilisera d’énergies renouvelables, plus cette nouvelle prime sera importante, précise Anne Lefranc. Elle pourra se cumuler avec les autres dispositifs: les certificats d’économie d’énergie (CEE), l’éco-prêt à taux zéro accessible sans conditions de ressources, et, pour les plus modestes, les aides de l’agence nationale de l’habitat (ANAH).»
À noter : les demandes de subventions auprès des collectivités territoriales
doivent être déposées avant l’installation de l’équipement.

SE FAIRE RACCORDER AU RÉSEAU DE CHAUFFAGE URBAIN

Les réseaux de chauffage urbains, majoritairement alimentés par des énergies renouvelables ou de récupération (bois-énergie, géothermie, chaleur récupérée sur l’incinération des déchets, etc.) peuvent desservir des immeubles comme des maisons individuelles regroupées en lotissement. Plus de 750 réseaux sont recensés en France. Pour savoir si votre logement peut être raccordé à un de ces réseaux, renseignez-vous auprès de votre mairie.

 

df
Katia Vilarasau
Publié le

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