Cuisine : quel cuisiniste choisir ?

Quelle que soit la marque ou le modèle retenu, redoublez de vigilance au moment de signer un contrat avec un cuisiniste. Nos conseils anti-pièges.

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9mn de lecture
© sturti

La cuisine n’est plus seulement la pièce où l’on prépare les repas. Elle est aussi devenue un lieu de vie, tant pour les activités de la famille que pour recevoir ses amis… Parfois ouverte sur la salle à manger, installée en plan linéaire, en L, en U, avec un îlot central, de style rustique ou design, elle se met en avant sans complexe.

Si vous avez décidé de réaménager cet espace convivial, autant le soigner. Comptez un budget entre 2 000 € et 10 000 €, pour une cuisine aménagée en kit, électroménager inclus et  à partir de 8 000 € pour une cuisine sur mesure, le prix variant selon la taille de la pièce, le choix des matériaux et des artisans. Cet investissement important nécessite de prendre certaines précautions.

Cuisine en kit ou sur mesure ?

La première chose à vous demander est ce que vous désirez : une cuisine sur mesure, où le cuisiniste se charge du projet depuis sa conception jusqu’à son installation ? Ou bien une cuisine en kit, certes moins chère, mais qui vous oblige à concevoir la combinaison et l’agencement des meubles entre eux et à assurer seul la pose. Les grandes enseignes de bricolage et mobilier qui vendent ces cuisines en kit proposent souvent un service de pose à domicile, à un coût abordable.

Bon à savoir :

Certaines enseignes proposent de concevoir et visualiser votre cuisine en 3D sur leurs sites internet.

Prenez conseil auprès d’un cuisiniste professionnel

Une fois votre projet défini, fixez-vous un budget à ne pas dépasser en évaluant tous les frais : enlèvement de l’ancienne cuisine, pose de la nouvelle, travaux préparatoires éventuels (plomberie, gaz, peinture, réfection du sol, etc.).

Puis, tournez-vous vers un professionnel affilié au Syndicat national équipement de cuisine. Vous êtes ainsi certain qu’il respecte une charte précise touchant la formation des concepteurs-vendeurs, l’information des clients, le traitement de leurs réclamations… Vous pouvez identifier les adhérents proches de votre domicile sur le site internet www.snec.org. Le syndicat remet cette liste régulièrement à jour.

Choisissez un professionnel qui s’intéresse vraiment à votre projet, qui établit avec vous un inventaire de vos besoins et propose des solutions. « Souvent, les clients ne savent pas par quoi commencer, constate Guillaume Bellet, directeur d’un magasin Mobalpa à Paris. Je m’inquiète de savoir s’ils sont locataires ou propriétaires, s’ils veulent tout refaire ; s’ils cuisinent beaucoup et, bien entendu, de quel budget ils disposent. J’établis avec eux un cahier des charges qui sera le fil conducteur de leur projet ».

Bon à savoir 

Dès la conception de la cuisine, pensez à prévoir le bon emplacement des prises électriques, des branchements du gaz, de l’eau, etc. Respectez la fonctionnalité entre les zones de cuisson, de lavage et de stockage des provisions : ce triangle d’activités doit être le plus réduit possible. Privilégiez les armoires à volet coulissant pour y ranger vos appareils électriques afin de libérer le plan de travail, les grands tiroirs plutôt que les meubles bas à étagères.

Comparez les différents cuisinistes

Prenez le temps de la réflexion en visitant plusieurs enseignes pour obtenir des devis et comparer les tarifs. Exigez toujours des devis séparés, l’un détaillant la fourniture des meubles (éléments bas, éléments muraux, plan de travail…) et des appareils électroménagers ; l’autre pour la pose si vous la confiez au même professionnel.

Une fois votre choix arrêté, le cuisiniste doit se déplacer afin de procéder à un métré, c’est-à-dire un relevé des cotes prenant en compte l’emplacement des ouvertures (fenêtre, porte…), des branchements électriques, des arrivées de gaz et d’eau, de l’évacuation des eaux usées… Vous ne devez pas vous engager avant cette étape.

Si vous optez pour l’installation faite par le cuisiniste, deux documents distincts sont à signer : un bon de commande des meubles et appareils électriques et un contrat de pose.

Pour la pose, le cuisiniste doit préciser s’il fait appel à un sous-traitant. Si c’est le cas, il reste néanmoins votre seul interlocuteur sur le plan juridique. Si vous rencontrez des soucis avec le poseur (retard, mauvaise exécution des travaux…), c’est vers le concepteur-vendeur de la cuisine, qui coordonne le chantier, que vous devrez vous retourner.

Attention aux délais de réflexion

N’allez pas trop vite dans votre choix, car une fois le contrat signé, vous êtes définitivement engagé. En dehors des cas prévus par la loi (vente à distance ou contrat conclu à la suite d’un démarchage téléphonique ou en dehors d’un magasin), vous ne bénéficiez pas d’un délai de rétractation de 14 jours.

Toutefois, dans le cas où vous avez recours à un crédit à la consommation pour financer votre achat, vous disposez d’un délai de rétractation de 14 jours à compter de l’acception de l’offre préalable de crédit pour y renoncer. Si ce crédit est affecté à commande de votre cuisine, la rétractation annulera automatiquement la commande. En revanche, s’il s’agit d’un crédit renouvelable ou d’un crédit à la consommation non affecté, votre rétractation n’entraînera pas l’annulation de la vente, seule l’offre de crédit sera annulée.

Echelonnez votre paiement

Si des gros travaux (maçonnerie, sol, plomberie, électricité…) sont nécessaires avant la pose de la cuisine, le professionnel vous fournit un plan technique à présenter à vos artisans. L’exécution de ces travaux se fait sous votre seule responsabilité, même si c’est le cuisiniste qui vous les a conseillés.

La conception, la livraison et la réalisation d’une cuisine demandent plusieurs semaines. Si les meubles sont fabriqués sur mesure, comptez au minimum six semaines avant d’être livré. Quant à l’installation, elle peut nécessiter d’un à trois jours selon l’importance et la complexité de la tâche.

Entre le moment où vous commandez et la pose de la dernière poignée ou des plinthes, échelonnez votre paiement, avec des acomptes de 25 % maximum. Exigez de payer au fur et à mesure de l’avancement des travaux et conservez toujours un montant significatif, par exemple 30 %, à verser à l’achèvement total du chantier. Il sera ainsi plus aisé de faire pression sur le cuisiniste s’il tarde à terminer.

En cas de fournitures et de prestations supplémentaires après la commande initiale, demandez qu’elles fassent l’objet, dans le détail et avec les prix, d’un avenant au premier contrat. En dehors de cette hypothèse, le cuisiniste n’a pas le droit de vous facturer des frais supplémentaires. Il doit chiffrer avec précision le coût du projet dès l’établissement du devis.

Comprendre le plan de votre cuisine

  • Contrat de vente ou de fournitures (bon de commande) : il reprend le numéro du devis détaillé, les conditions générales de vente, de livraison, la date du relevé de cotes obligatoire. Il inclut des plans de conception et des plans techniques, ainsi que les engagements du professionnel concernant les services liés à la vente.
  • Contrat de pose : il reprend le numéro du devis détaillé, les conditions de paiement, la date de fin de pose, et informe ou non d’une sous-traitance de la pose.
  • Descriptif technique des meubles : il donne toutes les informations sur les caractéristiques des meubles, comme la nature des matériaux.
  • Plan de conception au sol : il présente une sorte de vue aérienne qui matérialise l’implantation des meubles, des appareils électroménagers et des accessoires.
  • Plan en élévation : il présente sous forme de reproduction graphique verticale, les murs avec les fournitures de la cuisine.
  • Certificat de fin de travaux (ou procès-verbal de réception des travaux) : il constate l’état d’achèvement des travaux et doit être signé par le client, le cuisiniste et le poseur. Il peut contenir des réserves (en cas, par exemple, de travaux mal exécutés).
  • Plan technique : il trace les contraintes techniques telles que plomberie, électricité, maçonnerie, suivant les normes de sécurité en vigueur en cas de nécessité de travaux préparatoires d’installation faits sous la responsabilité du client.

Quels recours en cas de retard de livraison du cuisiniste ?

Le commerçant a l’obligation de mentionner dans les contrats la date de livraison des meubles et autres équipements, ainsi que celle de l’exécution des travaux.

Si le professionnel ne respecte pas la date de livraison des meubles ou du début des travaux vous pouvez mettre en demeure le professionnel d’effectuer la livraison ou de commencer l’installation dans un délai supplémentaire raisonnable que vous lui fixerez. Cette mise en demeure peut être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par mail avec accusé de réception.

Si, malgré la mise en demeure, le cuisiniste ne s’est toujours pas exécuté, vous pouvez, selon les mêmes modalités, mettre fin au contrat.  Le contrat est considéré comme résolu à réception par le professionnel de la lettre ou du mail l’informant de votre décision à moins que le professionnel ne se soit exécuté entre-temps.

Le cuisiniste doit vous rembourser de la totalité des sommes versées au plus tard dans les 14 jours suivants la date de dénonciation du contrat. Tout retard entraîne une majoration de plein droit qui s’établit comme suit :

  • 10 % de la somme pour un retard inférieur ou égal à trente jours ;
  • 20 % de la somme pour un retard allant de trente jours à soixante jours ;
  • 50 % au-delà de soixante jours de retard.

Quels dommages et intérêts en cas d’installation terminée avec beaucoup de retard ?

Lorsque le retard pris par le cuisiniste vous a causé un préjudice que vous êtes en mesure de prouver et de chiffrer, vous pouvez demander des dommages et intérêts à l’installateur. Un juge de proximité a ainsi accordé 1 500 € de dommages et intérêts à une cliente qui avait attendu plus de trois mois que sa cuisine livrée soit installée, au lieu des trois jours promis sur le contrat ! (juridiction de proximité de Saint-Maur-des-Fossés, 2 mars 2006).

Autre exemple, des consommateurs, insatisfaits des travaux d’installation de leur cuisine, ont obtenu 3000 € de dommages et intérêts au titre du préjudice de jouissance. Pendant 3 ans, ils ont vécu dans une cuisine non terminée, nécessitant l’intervention à plusieurs reprises du cuisiniste (Cour d’appel d’Amiens, 22 août 2017, RG n° 15/ 04470).

Bon à savoir

En cas de retard, vous avez la possibilité de confier l’achèvement des travaux à une autre entreprise aux frais du cuisiniste (article 1222 du code civil).

Qui contacter cas de problème avec un cuisiniste ?

df
Chantal Masson
Mis à jour le

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