Produire son énergie à la maison : mode d'emploi pour économiser

Grâce à une aide financière de l'Etat, les Français sont de plus en plus nombreux à installer des panneaux solaires photovoltaïques sur leur toit. Car produire et consommer sa propre énergie verte permet de vraiment réduire la facture.

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
13mn de lecture
© anatoliy_gleb

L’énergie la moins chère étant celle qu’on ne consomme pas, pensez d’abord à l’amélioration de la performance énergétique pour faire des économies.

Rénover sa maison pour limiter sa consommation

Se lancer dans la rénovation énergétique de son logement a de multiples vertus. En plus d’accroître la valeur de celui-ci et d’améliorer son confort, ces travaux entraînent de très importantes économies d’énergie. L’idéal ? Entreprendre un chantier « tout en un » pour mettre un point final à tous les gaspillages. Cette démarche ouvre droit au versement de très nombreuses aides financières. Pour y parvenir, voici la méthode en quatre points.

Evaluer les besoins

Avant d’entamer les travaux, un bilan énergétique de votre logement s’impose. La première étape consiste à rencontrer un conseiller du service public de la rénovation énergétique Faire (Faire.gouv.fr ou 0 808 800 700). Cette consultation gratuite permet de relever les points à améliorer sur la base des caractéristiques de votre bien (année de construction, matériaux et équipements utilisés, travaux déjà entrepris, etc.) et de vos factures d’énergie.

« Dans les logements les plus énergivores, afin de parvenir à une division par quatre au moins de la facture de chauffage, il est plus intéressant d’envisager une rénovation globale plutôt que d’entreprendre des travaux au coup par coup », conseille Guillaume Comte, responsable des opérations pour le réseau d’artisans Dorémi. Avant de lancer le chantier, un audit énergétique plus poussé, à confier à un spécialiste certifié RGE (reconnu garant de l’environnement, annuaire sur le site Faire.fr), est recommandé. Son coût va de 500 à 900 euros dont une partie ou la totalité (de 300 à 500 euros) peut être prise en charge par l’aide d’État Ma Prime Rénov’, selon vos revenus.

Bien isoler 

Une maison mal isolée est source d’inconfort et de gaspillage d’énergie, donc d’argent. Le chauffage a beau tourner à plein régime, la sensation de froid est constante. Pis, courants d’air et humidité peuvent dégrader votre bien et votre santé. Il faut donc agir sur les principales sources de pertes de chaleur. À commencer par le toit (entre 25 et 30 % de déperdition), les murs (de 20 à 25 %) ou les fenêtres (de 10 à 15 %), selon l’Ademe. Différentes techniques et matériaux peuvent être mobilisés : isolation de la toiture ou des combles (perdus ou aménageables) par le haut ou par le bas, isolation des murs par l’intérieur ou l’extérieur, isolation du plancher bas (si le logement comporte une cave ou un sous-sol) pour éviter que le froid remonte, pose de fenêtres neuves bien étanches et changement des encadrements, si nécessaire.

Assurer une bonne ventilation

Isoler c’est bien, assurer le bon renouvellement de l’air intérieur, c’est mieux. D’ailleurs, l’un ne va pas sans l’autre. Car, dans une maison trop étanche, l’humidité de l’air peut avoir un impact sur la santé et détériorer le bâti.

Résultat, dans le cadre d’une rénovation globale, le changement du système de ventilation s’impose. Le système recommandé dans un logement bien isolé est la ventilation mécanique contrôlée (VMC) à double flux. Elle est dotée d’un échangeur de chaleur capable de filtrer et de préchauffer l’air extérieur aspiré et de récupérer entre 70 et 90 % de la chaleur contenue dans l’air exfiltré. Ce qui représente entre 7 et 10 % d’économies sur la facture de chauffage, selon l’Ademe. Pour l’installer, comptez au moins 4 000 euros, pose comprise, selon le spécialiste des travaux de rénovation Quelle énergie. Un coût qui peut être totalement ou partiellement pris en charge grâce à différentes aides.

Mieux se chauffer 

S’il n’est pas toujours nécessaire de changer de système de chauffage, une rénovation globale peut être mise à profit pour adopter de nouveaux appareils plus vertueux ou fonctionnant aux énergies vertes. Par exemple, en changeant vos vieux convecteurs électriques par une pompe à chaleur, votre chaudière au fioul par une chaudière fonctionnant à la biomasse ou à très haute performance énergétique pour le gaz. Un système solaire combiné peut être envisagé également. Il permettra de chauffer à la fois la maison et l’eau chaude sanitaire grâce à des panneaux solaires thermiques ou hybrides. Ces équipements sont eux aussi généreusement subventionnés.

Passer à l'autoconsommation

Installer des panneaux solaires photovoltaïques sur son toit pour devenir un « autoconsommateur », c’est comme avoir un potager dans son jardin : à la satisfaction de produire et de consommer sa propre énergie s’ajoute la certitude de faire du bien à la planète et à son portemonnaie. « Quelque 86 000 foyers français ont déjà adopté l’autoconsommation, note Sophie Devoisin-Lagarde, directrice des solutions solaires individuelles chez Engie. À ne pas confondre, précise-t-elle, avec l’autosuffisance, qui implique d’être complètement autonome en énergie en ne faisant plus du tout appel au réseau électrique. »

En quoi cela consiste ?

L’autoconsommation « avec vente du surplus » représente la majorité des installations en France sur les trois dernières années. C’est une valse à trois temps orchestrée par l’installation de panneaux photovoltaïques qui transforment le rayonnement solaire en électricité. Un, vous utilisez l’énergie produite par vos panneaux durant la journée pour alimenter tous les appareils électriques de la maison. Deux, vous revendez le surplus non utilisé. Trois, quand le soleil se cache, vous complétez vos besoins auprès du fournisseur d’énergie de votre choix. « Néanmoins, le photovoltaïque peut aussi chauffer votre eau sanitaire, explique Joël Mercy, président du Groupement des particuliers producteurs d’électricité photovoltaïque (GPPEP). Il faut alors prévoir l’installation d’un routeur de surplus pour chauffer votre ballon d’eau chaude. » 

Quelles économies à la clé ?

Votre facture d’électricité peut être allégée de 30 à 50 % selon la puissance installée et votre consommation. « Contrairement à l’idée reçue, il est tout aussi intéressant d’installer des panneaux dans le nord de la France que dans le sud », rassure Sophie Devoisin-Lagarde. De plus, ce que vous ne consommez pas vous procure des revenus grâce à la revente du surplus à un des fournisseurs-acheteurs engagés dans la démarche (EDF OA, Enercoop, EkWateur...). Le tarif d’achat, fixé par arrêté, peut changer. Il s’élevait, en 2020, à 0,10 euro par kWh injecté pour une installation inférieure ou égale à 9 kilowatts-crête (kWc, unité de puissance d’un panneau solaire).

Quel budget prévoir ?

Une installation de 3 kWc, soit environ une dizaine de panneaux, peut coûter entre 7 500 et 9 000 euros pose comprise, selon le calcul des Échos Études, et 2 700 euros en moyenne pour 1 kWc. « L’essentiel est d’adapter le nombre de panneaux à votre consommation, prévient David Trebosc, président de l’association de promotion du photovoltaïque ASSO BDPV. La capacité de l’installation dépendra de la composition du foyer, du temps passé à la maison ou de la présence de gros équipements à alimenter (piscine, climatisation, etc.). » Pour évaluer le nombre de panneaux nécessaires, faites le point avec un conseiller du service public Faire (annuaire sur Faire.fr) qui vous fournira aussi une liste de professionnels qualifiés.

Sur quelles aides compter ?

Toute installation en autoconsommation avec vente du surplus permet de décrocher une aide de l’État. « Cette prime, révisable, est versée pendant les cinq premières années et varie selon la puissance installée, détaille Joël Mercy, par exemple, 380 euros/kWc pour 3 kWc (soit 1 140 euros au total), 290 euros/kWc pour 3 à 9 kWc, etc. » Soit, pour 3 kWc installés, une prime de 228 euros par an pendant cinq ans. Par ailleurs, certaines collectivités peuvent accorder un coup de pouce financier.

Pour prétendre à ces soutiens, vous devez faire appel à un installateur labellisé RGE (reconnu garant de l’environnement). De plus, certains critères techniques doivent être respectés (pose parallèle au toit, toit plat, ou panneau en bardage, en brise-soleil, etc.). Afin de vérifier que votre projet correspond à ces conditions, visitez le site officiel Photovoltaique.info ou demandez conseil au GPPEP (Gppep.org) et aux passionnés de Forum-photovoltaique.fr.

A qui confier votre installation ?

« Adressez-vous à des installateurs locaux qui procéderont en premier lieu à une visite technique sur place pour élaborer un projet adapté », conseille Joël Mercy. Dans l’idéal, faites réaliser plusieurs devis, que vous pourrez vérifier gratuitement sur le site de l’association BDPV (Bdpv.fr). Généralement, le professionnel retenu se chargera d’obtenir l’autorisation d’urbanisme obligatoire auprès de votre collectivité et de procéder aux démarches auprès du gestionnaire du réseau électrique (Énedis) pour le raccordement au réseau de vos panneaux.

« Surtout, opposez toujours une fin de non-recevoir aux démarcheurs, par téléphone ou à domicile, pour éviter les arnaques », prévient Joël Mercy. « Beaucoup font miroiter que votre facture d’électricité va tomber à zéro avec l’autoconsommation. C’est faux ! », alerte David Trebosc. Celui-ci met en garde contre les professionnels peu scrupuleux qui vendent à prix d’or des installations valant jusqu’à quatre fois moins cher et qui obligent à la souscription d’un crédit ruineux. Un installateur peut lui aussi vous proposer un crédit, mais n’hésitez pas à faire jouer la concurrence pour décrocher les meilleurs taux et conditions.

© ART PRESSE

Quels atouts et quels inconvénients ?

« Parmi les avantages, on peut souligner le peu d’entretien que demandent les panneaux et le fait que l’on produit localement et discrètement de l’électricité verte. Cela pousse aussi à changer ses habitudes de consommation, par exemple en décalant l’utilisation de ses machines dans la journée plutôt que le soir pour utiliser sa propre électricité », explique David Trebosc. Par ailleurs, la durée de vie des panneaux atteint trente ans en moyenne, de quoi les rentabiliser largement. Il arrive toutefois que l’onduleur (voir infographie) doive être remplacé. « En 2020, son coût va de 800 à 2 000 euros et sa durée de vie moyenne est d’environ dix ans », précise-t-on à l’Institut national de la consommation (INC).

Nos deux conseils : privilégier un installateur qui propose un contrat de maintenance complet (déplacement, pièces et maind’œuvre) et sélectionner des panneaux dont la garantie court pendant vingt à vingt-cinq ans. Autre atout, une fois leur vie achevée, les panneaux sont recyclables à 94,7 % selon PV Cycle, un éco-organisme à but non lucratif spécialisé. Toutefois, il existe quelques inconvénients, comme la dépendance aux conditions météorologiques, un soleil caché signifiant peu ou pas de production. « Et s’il est possible de stocker l’électricité produite pour l’utiliser, la solution est encore très coûteuse pour les particuliers (50 000 euros pour une batterie entre 8 et 9 kW), ce qui revient plus cher que d’acheter de l’électricité », précise Joël Mercy.

16 petits gestes anti-gaspi

Faire les bons réglages

1. Ne surchauffez pas votre intérieur ! C’est mauvais pour le porte-monnaie et pour la santé. Baisser de 1 °C son chauffage, c’est 7 % d’économies d’énergie. L’idéal est de réchauffer les pièces de vie à 19 °C, les chambres à 17 °C.

2. Maintenez la température du chauffe-eau entre 55 et 60 °C. Cela suffit pour éliminer les bactéries pathogènes et éviter le tartre.

3. Réglez la température de vos appareils froids pour qu’ils ne soient pas des gouffres énergétiques : de 4 à 5 °C pour le réfrigérateur et pas plus de − 18 °C pour le congélateur.

Ménager son électroménager

4. Placez votre réfrigérateur loin des sources de chaleur (four, radiateurs), afin de ne pas le surmener. Ne le collez pas aux murs, pour laisser l’air circuler autour. Ses joints doivent être maintenus propres et bien en place, pour éviter qu’il consomme plus pour se refroidir.

5. Choisissez le « mode éco » pour votre lave-linge et votre lave-vaisselle, afin de réduire de 30 à 45 % leur consommation d’électricité.

Chasser les consommations inutiles

6. Branchez vos appareils laissés en veille (TV, box, ordinateur, etc.) sur des multiprises avec interrupteur. Les éteindre hors utilisation, c’est diminuer jusqu’à 10 % sa facture d’électricité, soit près de 80 euros par an, selon l’Ademe.

7. Laisser en charge toute la nuit son smartphone a un coût : 4,55 euros par an pour un ménage, selon le laboratoire Lawrence Berkeley. Une pratique qui, en plus, réduit la durée de vie de sa batterie. Préférez des charges rapides le matin ou durant la journée.

8. L’eau chaude sanitaire représente de 10 à 15 % des consommations, selon l’Ademe. Lors de longues absences, désactivez votre ballon classique depuis le compteur électrique. S’il est équipé d’un dispositif anticorrosion intégrale (ACI), c’est l’arrivée d’eau qu’il faut couper.

9. Activez le mode « hors gel » de votre chaudière, lors de vos absences prolongées l’hiver, pour limiter sa consommation tout en préservant l’installation.

10. Isolez les conduites d’eau chaude dans les pièces non chauffées (cave, garage) avec des manchons souples ou de la laine de roche. À la clé, 10 % d’économies !

Limiter les surconsommations

11. Dégivrez le freezer ou le congélateur (sauf ceux à froid ventilé) dès que la glace y atteint de 2 à 3 mm d’épaisseur. Nettoyez leur grille arrière où poussière et saletés sont à l’origine de 30 % de l’électricité consommée par l’appareil, selon l’Ademe.

12. La poussière qui s’accumule sur vos radiateurs nuit à la bonne circulation de la chaleur et a donc des conséquences sur leur rendement. Dépoussiérez-les une fois par semaine avec un chiffon humide. En plus, l’atmosphère sera plus saine.

13. Faites réviser une fois par an votre chaudière au gaz, au fioul ou au charbon par un professionnel. Cette obligation légale pour tous les propriétaires et locataires a une vertu. L’appareil fonctionnera de manière sûre et optimale et sera moins sujet aux pannes. Cet entretien régulier permet de réduire de 8 à 12 % la quantité de combustible consommé, selon l’Ademe.

Être malin !

14. Reproduisez les vieilles recettes pour garder la chaleur ou rafraîchir votre maison : fermez les volets été comme hiver, lors de vos absences, pour conserver la chaleur ou éviter qu’elle entre.

15. Posez des thermostats intelligents pour piloter votre chauffage et réaliser entre 100 et 200 euros d’économies par an en moyenne. Une aide de 150 euros est accordée pour leur installation grâce aux certificats d’économie d’énergie (CEE, infos sur Faire.fr.)

16. Réduisez votre consommation d’eau de 40 à 60 % en mettant des mousseurs (moins de 10 euros pièce) sur tous vos robinets. Économies escomptées : entre 70 et 150 euros par an, selon la taille de la famille.

Heures pleines et heures creuses : êtes-vous perdant ?

Selon le magazine 60 Millions de consommateurs, la majorité des ménages ayant choisi l’option « heures pleines-heures creuses » pour leur électricité perdent de l’argent, soit entre 30 et 50 euros chaque année. La principale raison ? Le tarif des heures creuses n’a cessé d’augmenter, et l’abonnement étant plus cher qu’avec l’option « Base », les économies ne sont plus toujours au rendez-vous. Pour vérifier, utilisez la calculatrice du médiateur national de l’énergie (Energie-info.fr). Vous consommez moins de 50 % en heures creuses ? Changez pour l’option « Base » auprès de votre fournisseur. Coût de la bascule, 57 euros (gratuit avec un compteur Linky), rapidement amortis.

 

A lire aussi

Partager cet article :