Eau chaude : comment alléger la facture ?

La production de l’eau chaude sanitaire représente 12 % de l’énergie consommée d’un logement. En modifiant vos habitudes et/ou votre installation, vous réduirez vos factures.

Retrouvez ce contenu dans votre compte en cliquant sur ce lien

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
8mn de lecture
Le coût de la production d’eau chaude sanitaire varie considérablement en fonction de la qualité des installations.
© martin barraud

On distingue deux modes de production d’eau chaude : instantanée et à accumulation. Dans le premier cas, l’eau est chauffée "à la demande" à l’électricité ou au gaz. Le gaz est plus avantageux, notamment si l’appareil possède un système d’allumage automatique du brûleur sans veilleuse (économie de 1 000 kWh/an).

Dans la production à accumulation, l’eau est chauffée par une résistance électrique immergée et maintenue à température dans un réservoir calorifugé (ballon d’eau chaude ou cumulus). Si la chauffe s’effectue à l’électricité, la souscription d’un abonnement heures pleines/heures creuses permet de faire chauffer l’eau lorsque l’énergie est moins chère (par exemple chez EDF, 0,1320 €/kWh en heures creuses au lieu de 0,1710 € en heures pleines au 5 novembre 2019). Chaque jour comprend 8 heures creuses qui peuvent être consécutives ou fractionnées en deux plages horaires entre 12h et 16h et entre 21h30 et 7h30.

Changez plutôt que rénover

Le coût de la production d’eau chaude sanitaire varie considérablement en fonction de la qualité des installations. Si l’eau est chauffée par une vieille chaudière à fioul fonctionnant été comme hiver pour maintenir en température une quantité d’eau importante, il faut envisager d’opter pour un système plus performant. Il existe sur le marché de nombreux produits ou compléments d’installation prétendument capables d’améliorer le rendement. Aucun n’est efficace, il n’y a pas de solution miracle pour optimiser une chaudière ancienne.

Réduisez vos dépenses sans perte de confort

Quel que soit le système utilisé, quelques investissements peu onéreux produiront des résultats tangibles.

Évitez les déperditions de chaleur. Calorifuger un ballon ne revient pas cher et contribue à conserver l’eau à la bonne température : il suffit de l’envelopper dans un matériau isolant (laine de roche ou laine de verre, par exemple). Cette installation s’avère particulièrement rentable lorsque le ballon se trouve dans un local non chauffé. On trouve par ailleurs dans les magasins de bricolage un isolant mousse spécifique (gaines fendues adhésives) permettant d’isoler les tuyaux. Tous les deux ou trois ans, on pensera à faire intervenir un professionnel pour vidanger et détartrer un chauffe-eau à accumulation car la corrosion et le tartre affectent son rendement et réduisent sa durée de vie.

Limitez votre consommation. Il est des gestes auxquels on ne pense pas toujours et qui, additionnés, soustraient des euros à la facture, comme couper l’alimentation du chauffe-eau électrique ou la veilleuse du chauffe-eau à gaz lorsque l’on s’absente plus de trois jours, par exemple. Enfin, sachez qu’une douche de quatre à cinq minutes nécessite entre 30 et 40 litres d’eau chaude entre 35 et 40° C ; un bain de 150 à 200 litres. Renoncer au bain au profit de la douche allège la facture.

Chassez les fuites d’eau. Les hausses de la facture d’eau peuvent venir de petites fuites cachées. Un robinet qui goutte fait perdre en moyenne 5 litres par heure, soit 120 litres par jour. Une chasse d’eau qui fuit, c’est plus de 600 litres par jour, soit la consommation quotidienne d’une famille de quatre personnes. Une astuce simple pour les repérer : relevez le soir avant d’aller vous coucher puis le matin les chiffres inscrits sur votre compteur d’eau et comparez. Si les chiffres ne sont pas identiques alors que personne n’a utilisé d’eau dans la nuit, cherchez la fuite !

Réalisez quelques investissements rentables

Des petits équipements produiront des économies importantes.

Mitigeur thermostatique. Une bonne partie de l'eau est consommée lorsque l'on tâtonne pour trouver la bonne température. Avec des robinets thermostatiques gradués en degrés, l’eau arrive et reste à la température souhaitée (à partir de 30 €).

Douchette économique. Les douchettes traditionnelles, très gourmandes en eau, seront utilement remplacées par des modèles équipés d’un système de turbulence qui donne l’impression de recevoir la même quantité d’eau alors que l’installation n’en chauffe que la moitié (de 25 € à 45 €). Vous réaliserez jusqu’à 75 % d’économie d’eau.

Stop douche. Fixé au départ du flexible, il ne laisse couler qu’un mince filet pendant le savonnage et permet de retrouver aussitôt la bonne température (à partir de 5 €). Peu onéreux, ce système est idéal pour les unités à deux robinets sans mitigeur.

Température et dureté de l’eau

L’arrêté du 23 juin 1978 prévoit que la température de l’eau chaude sanitaire ne dépasse pas 60 ° aux points de puisage. Dans les ballons de stockage, il est préférable de ne pas descendre trop en dessous de cette température pour éviter une prolifération bactérienne, ni de la dépasser pour limiter l’entartrage qui réduit les performances des appareils en enveloppant la résistance d’un "tampon".

En présence d’une eau dure favorisant l’entartrage, un traitement antitartre est recommandé. Le calcaire (ou dureté de l’eau) s’exprime en TH (titre hydrotimétrique). Avant d’acheter un appareil, on étudiera sa facture d’eau ou l’on demandera au gestionnaire, au syndic de l’immeuble ou à la mairie le TH de l’eau.

S’il est inférieur à 15 ou compris entre 15 et 25, pas de problème : une eau trop adoucie augmente le risque de corrosion qui dissout les métaux lourds nocifs à absorber. De 25 à 50, l’eau est dite de dure à très dure, un traitement doit être envisagé car le tartre est responsable de surcoût énergétique et de dégradations importantes au niveau des ballons, chaudières et robinetteries.

Bon à savoir : L’installation d’un adoucisseur d’eau permet d’obtenir une eau adoucie.

L’eau chaude collective

Certains immeubles, généralement anciens, disposent d’une alimentation collective en eau chaude. L’eau se refroidit quand la longueur des tuyaux entre le point de production ou de stockage de l’eau chaude et les lieux d’utilisation est importante. Résultat, les occupants attendent longtemps que l’eau se réchauffe à la sortie du robinet ou se contentent d’une température insuffisante. Ce qui leur fait, en outre, courir le risque d’un développement de bactéries dans les réseaux.

Le meilleur moyen pour remédier à ces problèmes consiste à installer une pompe de circulation, généralement appelée pompe de bouclage d’eau chaude sanitaire. Grâce à ce système, l’eau chaude circule en permanence dans le réseau et, sans cesse réchauffée, arrive instantanément à bonne température aux robinets.

Parallèlement, l’installation de compteurs individuels permet aux occupants de payer une facture correspondant précisément à leur consommation. S’ils la jugent trop élevée, il leur reviendra de prendre chacun des mesures d’économie ! La loi impose l’installation de compteurs individuels dans les immeubles dont le permis de construire a été accordé après le 30 juin 1975 et dans les immeubles anciens depuis 1977.

Comparez les appareils de production d’eau chaude

Le choix d’un système de production d’eau chaude dépend de plusieurs critères : installation de chauffage existante, taille et habitudes de la famille, énergie disponible, caractéristique du logement. Pour être accompagné dans votre projet, prenez contact avec un conseiller FAIRE, le service public qui guide les particuliers dans leurs travaux de rénovation énergétique, par téléphone au 0 808 800 700 (du lundi au vendredi de 9h à 18h) ou rencontrez un conseiller près de chez vous.

Type de chauffe-eau

Avantages

Inconvénients

Électrique

À accumulation (cumulus)

Faible investissement. Grande capacité. Coût d’utilisation réduit si chauffage effectué en heures creuses.

Les modèles premiers prix sont généralement plus énergivores. Vérifiez l’étiquette énergie. Entretien régulier (entartrage).

Instantané

Faible investissement. Pas de perte de chaleur par enveloppe d’un ballon. Faible encombrement. Pas d’entretien.

Le débit dépend de la puissance de l’installation. Convient à un point de puisage isolé ou utilisé occasionnellement avec un débit d’eau faible.

Gaz

Instantané

Aucun investissement si couplé à une chaudière gaz. Souple d’utilisation si allumage automatique du brûleur sans veilleuse. Faible encombrement.

Adapté aux petits besoins


A accumulation  

Grande capacité et chauffe rapide.

Coût élevé

Fioul, gaz, bois

Chaudière à combustibles fossiles (fuel, gaz, bois)

Associe la production de chauffage et d’eau chaude. Grande capacité.

Encombrement (local technique indispensable)

Aérothermie

Chauffe-eau thermodynamique CET (pompe à chaleur qui produit de l’eau chaude à partir de l’air environnant)

Importantes économies d’énergie (consomme jusqu’à trois fois moins qu’un chauffe-eau électrique)

Encombrement important (+/- 10 m2 au sol). Nuisances sonores dues à la présence du compresseur.

Soleil

Chauffe-eau solaire individuel (CESI)

Importantes économies d’énergie.

Equipement robuste.

Coût élevé mais aide financière possible de l’Etat sous condition

Encombrement très important (panneau solaire sur le toit et ballon d’eau chaude)

Nécessite un appoint (chaudière, épingle électrique…)

 

Bon à savoir : Les équipements ont une durée de vie moyenne comprise entre  10 et 15 ans, s’ils sont bien entretenus. Les signes à surveiller qui indiquent un vieillissement de l’équipement sont : la température de l’eau, la couleur de l’eau et la réserve d’eau chaude, la présence de rouille ou d’humidité.

df
Laurence Barnier
Mis à jour le

Partager cet article :