Agrandir sa maison : et si vous construisiez un studio de jardin ?

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7mn de lecture
© DGLimages - iStock

À quoi peut servir un tel espace ?

« Sur les 500 projets montés en 2020, la moitié a concerné la création de chambres d’amis, 30 % l’investissement locatif et 20 % un objectif professionnel, que ce soit un simple bureau ou un local destiné à une activité libérale », décrit Alexandre Gioffredy, PDG de Greenkub, startup de l’Hérault spécialisée dans la création de studios de jardin. Mais les studios de jardin peuvent également servir de salle de sport, de cinéma, ou de local technique pour une piscine (« pool house »). Leur destination détermine leur équipement.

Faut-il installer une salle de bains ou une kitchenette, prévoir des volets ou une baie vitrée, ajouter une terrasse ou une véranda ? Tout est possible tant les studios de jardin sont, la plupart du temps, modulables. « Je conseille aux personnes qui se lancent dans ce projet d’anticiper son évolution, note Marc Guillerot, gérant de la société MyGarden Loft installée dans le Morbihan. Par exemple, un bureau pourra devenir une chambre à louer, à condition de prévoir les équipements nécessaires. »

 

Projet de location : respectez la réglementation

« Si vous destinez le studio de jardin à la location, il devra respecter la réglementation sur les logements décents, c’est-à-dire disposer au minimum d’une pièce principale avec une surface habitable de 9 m2 et une hauteur sous plafond minimale de 2,20 m, une cuisine ou un coin cuisine, une installation sanitaire, etc. », fait remarquer Nathalie Giraud, juriste chez Pap.fr

Quelle surface faut-il prévoir ?

Tout dépend de la configuration de votre jardin et de l’utilisation prévue pour le studio. Ainsi, pour l’aménagement d’une chambre, il faut compter 15 m2 en intégrant une salle de bains de 4 m2. Mais la surface devra être portée à 20 m2 au moins si on veut y inclure une cuisine. « Pour un simple bureau, une surface de 11 m2 peut convenir s’il est ouvert sur l’extérieur, sachant qu’il s’agit d’un minimum, explique Alexandre Gioffredy. Si vous visez plus grand, une astuce consiste à ajouter au studio un étage d’une hauteur sous plafond inférieure à 1,80 m, qui, de fait, n’entre pas dans la surface habitable et offre un espace intéressant pour des rangements, par exemple. »

Chez My Garden Loft, les dimensions du studio s’adaptent au jardin et à la façon dont il est conçu. « Ajouter 3 m2 supplémentaires dans un studio fait parfois toute la différence en matière de confort ! », conseille Marc Guillerot. Peu de prestataires proposent toutefois des modèles au-delà de 50 m2, principalement en raison de la réglementation thermique « qui présente un niveau de complexité difficilement applicable pour des studios à petit budget », ajoute-t-il.

Quelles formalités entreprendre ?

En premier lieu, on doit s’assurer auprès de la mairie que le terrain est constructible. Pour les studios dont la surface est inférieure à 20 m2, une déclaration préalable de travaux auprès de la mairie suffit. Au-delà, il faut un permis de construire.

Cependant, « en zone urbaine, la surface du studio peut s’étendre jusqu’à 40 m2 avec une déclaration préalable, à condition qu’il soit collé à la maison d’habitation et que la surface totale n’excède pas 150 m2, précise Nathalie Giraud, qui conseille de consulter le plan local d’urbanisme (PLU), avant d’entamer toute démarche. Il s’agit aussi de vérifier s’il existe des périmètres de protection, telles des zones archéologiques qui feraient passer les constructions inférieures à 20 m2 sous le régime du permis de construire. Veillez également à vous renseigner sur les règles en vigueur concernant l’implantation d’un bâtiment sur un terrain, les servitudes de vue, etc. »

Certains prestataires, comme Greenkub, Maison de jardin ou Natibox, incluent dans leurs services une prise en charge de ces formalités administratives.

Gare aux règles fiscales !

Vous devez vous acquitter de la taxe d’aménagement dès lors que la surface du studio dépasse 5 m2. Son montant se calcule ainsi : [(surface taxable × valeur forfaitaire × taux communal ou intercommunal) + (surface taxable × valeur forfaitaire × taux départemental)]. La valeur forfaitaire est déterminée par m2 de surface (870 euros en Île-de-France, 767 euros en province). À noter qu’il convient d’établir votre déclaration au moment de la déclaration préalable de travaux ou du permis de construire.

Quelles fondations réaliser ?

Une étude de faisabilité est requise pour déterminer la nature du terrain et le type de fondation adapté (dalle de béton, plots en béton, etc.). Le mode de conception du studio est un autre critère à prendre en compte. Certains prestataires, comme Greenkub, installent les studios sur un système de pieux métalliques en acier galvanisé enfoncés dans le sol. Plus rapides à mettre en œuvre, ils reproduisent les mêmes propriétés mécaniques qu’une maison maçonnée classique, en laissant le sol plus perméable qu’avec une dalle en béton.

Bois ou acier, quelle ossature privilégier ?

Le marché des studios de jardin se partage entre les modèles à ossature en bois et ceux à structure en acier galvanisé. Greenkub propose ainsi des modèles montés avec une structure en bois dite « éco-brique » constituée de contreplaqué en peuplier. « Ce procédé présente plusieurs avantages, souligne Alexandre Gioffredy. En plus d’être un très bon isolant thermique et acoustique, il est manuportable, ce qui permet de monter le studio sur place et d’accéder ainsi à tout type de terrain et de configuration. »

My Garden Loft, quant à lui, a fait le pari d’une ossature en bois sur un châssis en métal. « Ce procédé permet de compenser les différences de pression entre les plots en répartissant celle-ci de façon harmonieuse, sans risque de déformation avec le temps », explique Marc Guillerot. L’installation des studios, conçus dans le Morbihan et transportés par camion, nécessite d’avoir accès au jardin. Dans les cas les plus exigus, l’usage de la grue permet presque toujours leur implantation.

Clé en main ou en kit ?

Tout dépend de votre degré d’expertise en bricolage, car le montage s’avère souvent assez technique. Mais aussi du temps dont vous disposez, sachant que, pour les modèles prêts à l’emploi, il faut compter seulement entre deux et trois mois entre la commande et la livraison.

Quel matériau choisir pour le bardage extérieur ?

Beaucoup de concepteurs ont fait le choix du bois, qui se fond bien dans le jardin. « Certaines essences de bois, comme le pin Douglas traité en autoclave, offrent une bonne patine au fil du temps sans griser et sans nécessiter de traitement », note Alexandre Gioffredy. Les revêtements peuvent également être en composite. En matière de finitions, tout dépend de votre budget. Vous pouvez ainsi opter pour des menuiseries en PVC ou en aluminium, un toit-terrasse ou mieux, un toit végétalisé. « Cela permet de rafraîchir naturellement le studio en période estivale et donne de la stabilité thermique au bâtiment, tout en compensant la perte de surface de jardin », souligne Marc Guillerot.

Existe-t-il des solutions écologiques ?

Oui, des panneaux solaires, des toilettes sèches, un récupérateur d’eau de pluie, par exemple, peuvent être envisagés, afin de limiter notamment les contraintes des raccordements à l’habitation principale. Dans tous les cas, prévoyez une isolation renforcée pour profiter de votre studio quelle que soit la saison.

Quel budget envisager ?

Le prix d’un studio de 20 m2 s’élève à 25 000 euros environ, auxquels il faut ajouter les frais de livraison, d’installation et de raccordement et, éventuellement, les frais de préparation du terrain, soit un surcoût total qui avoisine souvent les 10 000 euros, voire plus. En effet, plus le studio sera éloigné de la maison et des réseaux d’électricité et d’eau, plus la note augmentera. « Nous envoyons les plans au client pour qu’il puisse approcher les raccordements du site d’implantation. Puis nous nous occupons du dernier mètre », explique Marc Guillerot.

Certains prestataires incluent ces frais annexes dans leur offre. « Chez Greenkub, nous proposons des studios livrés clés en main, où tout est compris dans le prix, de la déclaration de travaux à l’installation, note Alexandre Gioffredy. Ainsi, pour un studio de 20 m2 avec une cuisine et une salle de bains, il faut compter 35 000 euros. » Il est aussi possible de choisir des formules sur mesure. Un architecte étudie alors différentes configurations de plans, et des équipements haut de gamme peuvent y être rajoutés (pergola, parquet au sol, climatisation, etc.), autant d’options qui gonfleront la note finale.

Aménager un container de fret maritime

Une option intéressante consiste à transformer un container de fret maritime en studio. Résistant, étanche et facile à installer, il nécessite toutefois beaucoup d’aménagements pour le rendre habitable : isolation thermique, installation d’un pare-vapeur pour éviter l’humidité sur les cloisons, bonne aération... Ce qui, bien sûr, renchérit le coût de cet habitat.

 

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