Acheter un bien immobilier à Paris et dans la petite couronne

Avec des prix deux fois moins élevés que dans la capitale, certaines communes au-delà du périphérique offrent un bon compromis pour se loger ou investir. Le projet du Grand Paris Express y est pour beaucoup.
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Pas simple de se loger dans Paris intramuros.
© Studio Laure

Les prix n’en finissent pas de grimper dans la capitale. Ils ont atteint 9 570 € /m2 au dernier trimestre 2018, en hausse de 17,6 % sur cinq ans, d’après les statistiques des notaires du Grand Paris. Difficile de devenir propriétaire à ce niveau-là pour la grande majorité des Parisiens, qui franchissent le périphérique pour acheter. « Dans les communes de la première couronne, les Parisiens trouvent un bon compromis entre un faible éloignement de Paris et des prix presque deux fois moins chers, à 5 000 €/m2 en moyenne pour la première couronne », décrypte Stéphane Fritz, le directeur d’exploitation et de développement de Guy Hoquet. Nous avons identifié six villes et un arrondissement parisien constituant des valeurs sûres dans la capitale et la petite couronne, tant pour y habiter que pour y investir. L’arrivée progressive du projet de réseau de transport Grand Paris Express, entre 2020 et 2030, va changer la donne pour de nombreuses communes d’Île-de-France. Et malgré ses retards, ce grand chantier continue à dynamiser les quartiers ciblés.

Paris, 19e arrondissement

Pas simple de se loger dans Paris intramuros. Les arrondissements centraux dépassent les 10 000 €/m2. Il reste cependant quelques quartiers plus abordables et dont la cote continue à s’apprécier. Le 19e arrondissement en est un bon exemple. « Autour du canal de l’Ourcq, tout proche du parc de la Villette, les prix se situent entre 7 500 et 8 000 €/m2 », indique Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleursagents. Les beaux immeubles haussmanniens proches des Buttes-Chaumont sont un peu plus chers et attirent également beaucoup les familles. « Les investisseurs peuvent réaliser de bonnes opérations : le rendement atteint 4,3 % pour les studios dans le 19e, contre 2,5 % à 3 % dans le centre de Paris », ajoute Thomas Lefebvre.

Romainville (93)

La hausse des prix, est plus limitée à Romainville (11,7 % en cinq ans) que dans les communes voisines des Lilas (12,1 %), de Pantin (21,1 %) ou de Montreuil (19,5 %). « À Romainville, le mètre carré coûte 1 000 € de moins qu’aux Lilas. C’est un marché de report non seulement de Paris, mais aussi des Lilas, en particulier grâce au prolongement de la ligne 11 du métro », témoigne Olivier Bardin chez Guy Hoquet. Fin 2022, les habitants de Romainville pourront en effet prendre le métro place Carnot ou à la toute proche station Serge-Gainsbourg, aux Lilas. Le temps de trajet sera divisé par deux pour se rendre à la station République, par exemple. De quoi alimenter la hausse des prix. Le triangle formé par la mairie, la place Carnot et la place du marché est en pleine transformation et attire les nouveaux arrivants. La ville accueille également les investisseurs, notamment dans les nombreux programmes neufs (de 5 500 à 6 000 €/m2).

Saint-Ouen (93)

« À Saint-Ouen, la qualité de vie est bien plus agréable que dans le 18e arrondissement tout proche et à des prix largement inférieurs », résume Luc Boillot de l’agence LBI. Les prix moyens s’établissent à 5 000 €/m2, dépassant largement 6 000 € dans les immeubles les plus récents ou pour les petites surfaces, très recherchées par les investisseurs. « Depuis quatre ans, de nombreux programmes neufs se sont développés sous l’impulsion de la nouvelle municipalité qui favorise l’accession à la propriété », ajoute Luc Boillot. La ville se transforme et séduit de plus en plus les familles parisiennes. Le prolongement de la ligne 14, prévu en 2020, est un attrait supplémentaire. Les acheteurs s’intéressent déjà au tracé de la nouvelle ligne qui s’arrêtera à la gare de RER et à la mairie où passe la ligne 13. Principalement situées entre la porte de Clignancourt et la rue des Poissonniers, les maisons sont rares et nécessitent un budget minimum de 600 000 €.

Fontenay-sous-Bois (94)

En bordure du bois de Vincennes et de Montreuil, Fontenay-sous-Bois s’apprête à consolider sa position de plaque tournante de l’Est parisien. Déjà desservie par deux gares de RER (Fontenay-sous-Bois et Val de Fontenay), la ville sera, à terme, concernée par l’ouverture de la ligne 15 du Grand Paris Express et reliée à la capitale par le prolongement de la ligne 1 avec une station dans le quartier des Rigollots. « Les prix commencent à grimper aux abords des stations », indique Stéphane Rétif chez Guy Hoquet. Autre atout, l’installation de nombreuses entreprises du secteur financier, comme la Société Générale, BNP Paribas et Axa Banque, dans le quartier du Val de Fontenay.

« C’est la “mini-Défense” de l’Est parisien. L’ex-quartier ouvrier accueille des cadres dans les résidences récentes », témoigne Stéphane Rétif. Le développement de ce pôle économique attire les promoteurs et les investisseurs, et de nombreux programmes neufs sont en cours. Comptez 7 200 €/m2 près du carrefour des Rigollots. Ce quartier proche du bois de Vincennes attire les familles en quête d’une maison (800 000 € pour un pavillon de 120 m2).

Villejuif (94)

Villejuif bénéficie d’ores et déjà d’un atout incontournable puisqu’elle est reliée à Paris par trois stations de métro sur la ligne 7. Mais une petite révolution s’y prépare avec le prolongement de la ligne 14 et l’ouverture de la ligne 15 qui mettront la ville à 26 minutes de La Défense. Encore un bon point pour l’ex-banlieue rouge. « Nous constatons un écart de prix de l’ordre de 25 % entre les biens situés à moins de 5 minutes à pied du métro et les autres », calcule Patrick Hebert chez Laforêt. Les prix devraient donc continuer à s’apprécier aux alentours de la station Louis-Aragon qui sera reliée à la ligne 15 et de la future station Villejuif-Institut Gustave-Roussy. Les familles s’intéressent particulièrement aux maisons du quartier Barmonts, proche du métro Léo-Lagrange, pour des budgets compris entre 450 000 et 600 000 €. « Villejuif se “boboïse”. Les familles parisiennes s’y installent, et nous voyons aussi des parents acheter un studio pour leur enfant étudiant », résume Patrick Hebert. Car, avec deux écoles d’ingénieurs et une école d’infirmière, la ville attire les investisseurs qui savent qu’ils pourront louer aux étudiants. À noter que de nombreux programmes neufs sont en cours, notamment aux abords de la future station Institut Gustave-Roussy.

Nanterre (92)

« Nanterre est le meilleur choix rationnel pour acheter à des tarifs raisonnables à proximité de Paris et de La Défense », résume Thomas Bertin, chez Laforêt. Avec un prix moyen de 4 710 €/m2 pour les appartements, la ville souffre d’une image médiocre se résumant aux tours Nuages de la cité Pablo-Picasso et aux nombreux logements sociaux. Pourtant, Nanterre jouit d’un centre-ville agréable dans le vieux village autour de la cathédrale et à deux pas du RER Nanterre-Ville. La ville, à proximité immédiate de La Défense, est déjà très bien reliée à Paris par trois stations du RER A. Et à l’horizon 2030, elle bénéficiera en plus de deux nouvelles stations de métro (La Folie et La Boule) sur la nouvelle ligne 15 Ouest.

« L’effet Grand Paris joue déjà, notamment à proximité de la place de la Boule, en pleine rénovation », ajoute Thomas Bertin. De nombreux immeubles neufs redéfinissent les quartiers, notamment entre la préfecture et La Défense. « Les familles s’intéressent aux maisons, pour un budget proche de 600 000 € dans le vieux village ou à proximité de la place de la Boule », ajoute Thomas Bertin.

Clamart (92)

La ligne 15 du métro du Grand Paris Express va changer la donne pour Clamart, actuellement reliée à la capitale par le train à partir de la gare Montparnasse. La portion est de la nouvelle ligne de métro devrait être ouverte à l’horizon 2025, la portion ouest en 2030. Il ne faudra plus que 19 minutes pour se rendre à La Défense, contre 43 minutes aujourd’hui par le bus et le tram. « Ce projet fait déjà monter les prix à proximité de la gare, en particulier ceux des maisons pour lesquelles le marché est très actif », constate Bruno Ferri chez Guy Hoquet. Chassés par une offre immobilière devenue beaucoup trop chère, les Parisiens comme les familles d’Issy-les-Moulineaux et de Montrouge viennent s’y installer pour des budgets compris entre 700 000 et 1 million €.

Quant aux appartements, on trouve surtout des petites surfaces dans l’ancien du côté de la gare, du studio au 3-pièces, pour un prix dépassant les 6 000 €/m2. De nombreux immeubles se construisent par ailleurs à Clamart dans le quartier de la mairie, très agréable à vivre et proche du bois de Clamart, mais éloigné de la gare : « Le centre-ville est très familial. Il bénéficie en retour, mais dans une moindre mesure, du dynamisme de l’immobilier lié à la future ligne de métro », conclut Bruno Ferri.

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df
Agnès Lambert
Publié le

Immobilier, droit du travail, retraite...

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