Accidents domestiques : comment les éviter ?

Les accidents domestiques font plus de décès que ceux de la route. Principales victimes : les personnes âgées et les enfants. De simples précautions permettent pourtant de les prévenir.

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8mn de lecture

On estime à 11 millions le nombre d’accidents corporels survenant chaque année dans les logements, les garages, les ateliers ou les jardins privés… Ils provoquent 4,5 millions de visites aux urgences, 500 000 hospitalisations et un peu plus de 20 000 décès par an.

Les bébés et les jeunes enfants sont, avec les personnes âgées, les premières victimes. Voici nos conseils pratiques pour adopter les gestes efficaces et les bons réflexes afin de minimiser les risques.

Chute, principal risque pour les personnes âgées

La plupart des personnes qui décèdent à la suite d’un accident à domicile sont des seniors. Plus de 8 000 personnes âgées de 75 ans et plus décèdent chaque année des suites d’une chute, elles représentent 85 % des victimes de chute.

Pour prévenir les chutes, recensez et éliminez tout ce qui peut faire trébucher :

  • dalles ou lames de parquet déboîtées ;
  • cordons électriques ;
  • meubles bas ou pots de fleurs peu visibles ;
  • jouets d’enfants ;
  • tapis qu’il faut fixer au sol avec de l’adhésif double face, par exemple.

Côté lumière, prévoyez un interrupteur, à l’entrée des pièces, qui commande un éclairage central ou une lampe. Et, dans la chambre, un éclairage commandé depuis le lit pour se lever la nuit sans risque.

L’escalier constitue un risque s’il est trop raide (marches de plus de 17 cm de haut et/ou de moins de 28 cm de profondeur), en colimaçon ou dépourvu de rampes d’appui. Il sera plus sûr s’il est éclairé – notamment par des diodes électroluminescentes pour les marches, avec allumage par détecteur de mouvement. Pour pallier la baisse d’acuité visuelle, des nez de marche (partie saillante à l’avant) en matériau antidérapant et d’une teinte différente sont conseillés.

À la cuisine, plus on est âgé, plus il est risqué de s’accroupir et d’avoir à se relever ensuite, ou de se hausser sur la pointe des pieds. La zone de confort des rangements doit être comprise entre la hanche et l’épaule. Une petite table ­roulante évitera de ­porter des charges trop lourdes ou trop chaudes d’un endroit à l’autre de la cuisine.

Dans la salle d’eau. L’âge venant, mieux vaut remplacer la baignoire, dangereuse à enjamber, par une douche au sol antidérapant et de plain-pied, avec des barres d’appui. Dans les toilettes, une cuvette rehaussée et une barre d’appui seront une aide précieuse.

Noyade, étouffement, intoxication, chute, brûlure : les jeunes enfants sont très exposés

Les accidents domestiques sont la première cause de mortalité chez les jeunes enfants. Or, la très grande majorité des accidents ont lieu à l’intérieur de la maison.

Les noyades. Que ce soit dans le bain ou près d’une piscine, pour éviter les risques de noyade, un adulte doit toujours rester à proximité et garder un œil sur les enfants. Il suffit de quelques secondes et de quelques centimètres d’eau pour qu’un enfant se noie sans aucun signe donnant l’alarme. Il doit donc toujours rester à portée de vue, même dans son bain ou dans une petite piscine gonflable. Sortez-le si vous devez vous éloigner, même brièvement, et videz la piscine après le bain, au cas où l’enfant s’en approcherait à votre insu. Prohibez par ailleurs sièges et anneaux de baignoire, qui ne procurent qu’une fausse sécurité.

Les chutes. Ne vous éloignez jamais lorsqu’il est sur sa table à langer ou dans son transat. Ce dernier doit être posé au sol et non en hauteur. Une fois que l’enfant sait marcher, installez-le plutôt dans un parc ou une chaise haute équipée de sangles. Installez des barrières de sécurité en haut et en bas des escaliers et bloquez si possible l’ouverture des fenêtres par un système de sécurité. De même, ne mettez pas de meuble sous une fenêtre.

L’étouffement. Pour éviter les risques d’étouffement, il est important de ne pas laisser de petits objets (pièces de monnaie, billets, piles bouton…) ou de petits aliments (bonbons, cacahuètes…) à portée de main de l’enfant. Dans son lit, faites dormir votre nourrisson sur le dos pour réduire les risques de mort subite et bannissez les amoncellements de peluches. De même, ne le faites pas dormir dans un lit pour adulte, surtout avec une couette : faute de lit adapté, mieux vaut improviser un couchage par terre avec des coussins et une couverture.

Les brûlures. La peau de l’enfant est très sensible à la chaleur. Dans la cuisine, rangez les briquets et allumettes hors de sa vue et tournez les poignées de casserole vers l’intérieur des plaques de cuisson. Vérifiez également régulièrement l’état des jouets, notamment électriques. Enfin, réglez l’eau chaude à une température maximale de 40 °C.

L’électrocution. Installez des prises à éclipse ou des cache-prises et débranchez les appareils électriques après usage ou en votre absence.

L’intoxication. Tenez hors de portée médicaments, produits d’entretien et de bricolage. Et faites attention aux appareils et jouets contenant des piles bouton. Facilement avalées par les jeunes enfants, elles peuvent provoquer de graves lésions en raison de leurs composants chimiques. Si votre enfant avale un produit dangereux, appelez le 15, le 112 ou un centre antipoison en indiquant bien le nom du produit et la quantité avalée. Mais ne lui faites pas boire de l’eau et ne le faites pas vomir. Le vomissement peut causer des effets secondaires importants. ;

Les blessures. Pour éviter que votre enfant ne se blesse, installez des protège-coins de table, des bloque-tiroirs, vérifiez la solidité des ancrages des meubles fixés au mur et ne placez pas d’objets susceptibles d’attirer les enfants en évidence sur les meubles ou étagères.

Bon à savoir 

Dès 18 mois, un enfant comprend les règles de sécurité et les interdits, comme ne pas mettre les doigts dans les encadrements de portes, ne pas courir avec un objet pointu ou ne pas toucher un four allumé… La vigilance doit toutefois être permanente : jusqu’à l’âge de 6 ans, il n’a pas conscience de la réalité des dangers et risque fort de les oublier.

Incendies : un détecteur de fumée en prévention

Les incendies les plus dangereux surviennent la nuit, car ils surprennent dans le sommeil.

Principal outil de prévention, les détecteurs de fumée (de 20 à 30 €), obligatoires depuis 2015, sont efficaces à condition de :

  • choisir un modèle muni du marquage CE et être conforme à la norme européenne harmonisée NF EN 14604 ;
  • l’installer de préférence au plafond du couloir menant aux chambres. Dans les logements de grande surface, il est recommandé d’en installer plusieurs. En revanche, il est déconseillé d’en équiper la salle de bains, la buanderie et la cuisine où les fumées de cuisson ou la condensation liée à la vapeur d’eau peuvent déclencher l’alarme de manière intempestive ;
  • bien l’entre­tenir en le dépoussiérant tous les six mois (ne jamais le peindre). Vérifiez son bon fonctionnement régulièrement à l’aide du bouton test.

Attention, certains objets mal utilisés peuvent déclencher des incendies. Il s’agit par exemple :

  • de prises électriques sur lesquelles trop d’appareils sont branchés ;
  • d’appareils électriques laissés branchés ou non nettoyés (miettes dans le grille-pain, bourres de tissu dans le filtre du sèche-linge) ;
  • de linge mis à sécher sur un radiateur électrique…

La qualité du système de chauffage (installation, utilisation et entretien) est cruciale, surtout s’il est au bois. Vérifiez les appareils électriques pour qu’ils soient toujours en bon état (pas de cordon abîmé ou d’halogène sans grille de protection).

Enfin, quand un feu se déclare dans une poêle ou une friteuse, s’il n’a pas encore pris d’ampleur, étouffez-le en le couvrant à l’aide d’un grand couvercle ou de la lèchefrite de votre four.

Souscrivez une assurance contre les accidents de la vie

En cas d’accident grave chez vous, en pratiquant un sport ou lors d’activités scolaires, ni l’Assurance maladie, ni votre complémentaire santé, ni votre assurance habitation ne couvrent des préjudices aussi lourds que la perte de revenus professionnels ou une invalidité totale nécessitant une assistance permanente.

Il faut pour cela une assurance spécifique, comme la garantie des accidents de la vie (GAV), proposée par votre assureur et couvrant les personnes, mais non les biens, moyennant une cotisation de 10 à 15 € par mois pour une personne seule et de 15 à 25 € par mois pour un couple avec deux enfants.

Les meilleurs contrats ont un plafond d’indemnisation illimité, ou plafonné à 1 ou 2 millions d’euros, et prennent en charge les invalidités à partir de 5 % (doigt coupé, brûlures profondes…). A noter : le plafond de garantie ne peut pas être inférieur à un million d’euros par victime.

Bon à savoir

Pour être indemnisé, il faut que l’accident ait provoqué des séquelles. Le degré de l’invalidité permanente partielle (IPP) est mesuré par un médecin expert, sur une échelle allant de 0 à 100 %.

df
Bernard Genès
Mis à jour le

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