Logement : les propositions des candidats à l’élection présidentielle

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© Dossier Familial

Le thème de l’habitat est revenu en force dans le débat public à la fin de l’année 2021 à la faveur de la hausse des tarifs de l’électricité et du gaz. Le logement représentait en 2017 « 22 % des dépenses des 20 % des ménages les plus modestes », dont il s’agissait du premier poste de dépenses, évaluait l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans une enquête publiée le 15 septembre 2020. Les principaux candidats à l’élection présidentielle, déclarés ou non, font des propositions en matière de logement, particulièrement ceux se disant de gauche.

Emmanuel Macron

Le président de la République, qui n’a pas encore annoncé sa candidature à sa réélection, n’a pas formulé de propositions en matière de logement.

Yannick Jadot

Le candidat d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) est favorable à la construction de 700 000 logements sociaux, selon le programme dont Yannick Jadot a révélé les principales propositions le 29 janvier à Lyon. Il souhaite un relèvement de 25 % à 30 % du seuil minimal de logements sociaux dans les communes urbaines. La loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU) avait abouti à imposer un seuil de 20 %. La loi du 18 janvier 2013 relative à la mobilisation du foncier public en faveur du logement et au renforcement des obligations de production de logement social, avait rendu possible un relèvement de ce plancher à 25 %.

D’après Yannick Jadot, 10 Md€ doivent être consacrés chaque année à la rénovation thermique des logements constituant des passoires énergétiques. Les dépenses de rénovation doivent être entièrement prises en charge pour les foyers les plus modestes.

Pour diminuer le nombre de logements vides, dans l’hypothèse d’une « vacance de plus de six mois », Europe Ecologie-Les Verts veut que les propriétairessoient tenus de conclure des conventions « avec des associations ou leurs collectivités locales pour mettre à disposition leurs logements » aux personnes mal-logées, indique le projet publié sur le site Eelv.fr.

D’après le parti écologiste, il faut généraliser « l’encadrement des loyers » et instaurer une « garantie universelle des loyers pour faciliter l’accès aux logements ». Les sanctions financières seront alourdies à l’encontre des communes ne respectant pas les seuils minimaux de construction « de logements sociaux et très sociaux ».

« Le parc logement étudiant sera réhabilité, et sa capacité augmentée, en assurant l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite », précise EELV.

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    Anne Hidalgo

    La candidate socialiste à l’élection présidentielle affirme dans son programme vouloir « favoriser l’accès au logement et faire en sorte que les loyers pèsent moins sur le budget des familles », par le recours à différents moyens, utilisés dans le cadre d’un partenariat « entre l’Etat et les collectivités locales ». Anne Hidalgo promet une « relance de la construction de logements sociaux, qui sera portée à 150 000 logements par an, dont un tiers de logements très sociaux ». Elle souhaite une « généralisation de l’encadrement des loyers dans toutes les zones tendues ». Le niveau des seuils d’encadrement sera « fonction de la performance énergétique du logement ».

    La maire de Paris prévoit une « incitation aux maires bâtisseurs » et des « sanctions applicables pour ceux qui ne respectent pas l’obligation de 25 % de logements sociaux à 2025 (loi SRU) ».

    « Pour lutter contre la spéculation et favoriser l’accession à la propriété, j’encouragerai la création de foncières publiques associant la Caisse des dépôts dans tous les territoires », précise Anne Hidalgo.

    Selon elle, « aucun ménage ne devra être contraint de dépenser plus du tiers de ses revenus pour se loger ». Un « bouclier logement » sera créé, sous « la forme d’une allocation logement complémentaire, sous conditions de ressources, pour ceux qui seraient au-delà de ce seuil malgré les efforts sur les loyers et la construction ».

    Pour réduire l’empreinte environnementale des logements, Anne Hidalgo veut que soit mené « un grand plan pluriannuel de rénovation énergétique des logements » fondé sur l’absence d’avance de frais par les propriétaires. Un « remboursement, dont l’ampleur dépendra du niveau des revenus, se fera au moment de la revente ou de la succession », précise le programme de la candidate.

    La mesure doit viser à la « rénovation complète et performante de 760 000 logements privés par an, soit 22 millions de logements d’ici 2050 ».

    La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) « sur la facture de gaz naturel et d’électricité » diminuera « pour les particuliers ».

    En vidéo : Tout comprendre à la hausse du prix de l'électricité

    Christiane Taubira

    Victorieuse de la Primaire populaire, qui a pris fin le 30 janvier, la candidate soutenue par le Parti radical de gauche (PRG) n’a pas publié de programme. Elle a cependant fait le 26 janvier des propositions sur le thème du logement lors d’un déplacement à Pont-de-Claix (Isère).

    Il faut « un encadrement généralisé en matière de loyers », selon Christiane Taubira, citée par l’Agence France-Presse (AFP). L’ancienne ministre de la Justice est favorable à ce que « l’allocation logement couvre à la fois le loyer et les charges » et que « les services publics soient à la portée des personnes lorsque l’on construit des logements ».

    « Je ne vise pas à ce que le logement privé devienne déficitaire. Mais il y a des tensions incontestables sur ce marché qui sont liées au fait que l’Etat ne construit pas suffisamment », a expliqué Christiane Taubira.

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    Jean-Luc Mélenchon

    Le candidat de La France insoumise (LFI) va promettre le 2 février d’atteindre un objectif de « zéro sans-abri » sur le prochain quinquennat, selon Le Parisien. Des bâtiments publics comme des anciens hôpitaux ou casernes seront utilisés pour ouvrir des places et des centres d’hébergement d’urgence, explique le journal. Un autre levier est envisagé, l’augmentation des financements publics bénéficiant aux pensions de famille, ce qui doit représenter un coût annuel de 635 M€, d’après Le Parisien/Aujourd’hui en France.

    Le député des Bouches-du-Rhône souhaite également la construction d’« au moins 200 000 logements sociaux par an » répondant à des critères « de bonne qualité », comme il l’a expliqué le 25 novembre 2021 sur BFMTV.

    Les biens des communes ne respectant pas les seuils obligatoires de construction de logements sociaux pourront faire l’objet de réquisitions. « Avec moi, il y aura réquisition. Vous ne voulez pas le faire. Je réquisitionne vos mètres carrés. Et je construis dessus parce que je ferai voter une loi d’urgence en début de mandat », a prévenu Jean-Luc Mélenchon. Le candidat préconise également un alourdissement des sanctions financières à l’encontre des communes ne respectant pas les seuils de construction de logements sociaux. Selon son programme, 700 000 logements doivent être rénovés chaque année, « pour remédier aux cinq millions de passoires thermiques en sept ans, grâce à des aides proportionnées aux revenus », rapporte l’AFP.

    Fabien Roussel

    Le candidat du Parti communiste français (PCF) fait de nombreuses propositions sur le thème du logement. Fabien Roussel souhaite l’effectivité du « droit universel au logement »« Un service public national et décentralisé du logement, de l’habitat et de la ville sera créé », promet-il.

    Pour lui, les saisies, les expulsions, mais également les coupures d’eau et d’énergies doivent être interdites « pour les personnes en difficulté ». Les aides au logement doivent être revalorisées, « et leurs critères élargis en urgence ».

    « Les logements d’urgence seront ouverts en nombre suffisant tout au long de l’année afin de pouvoir héberger les personnes sans domicile fixe, lesquelles seront soutenues pour sortir définitivement de la rue », est-il écrit dans le programme du prétendant, publié sur le site Fabienroussel2022.fr.

    Pour permettre un large accès « à des logements de qualité », le candidat communiste propose « un plan national » en faveur de la « construction », de la « rénovation » et de la « baisse des loyers ». Encadrés, les loyers ne pourront pas dépasser 20 % des revenus. Les sanctions contre les bailleurs ne respectant pas l’encadrement des loyers seront alourdies.Fabien Roussel souhaite la construction de 200 000 logements sociaux chaque année, pour faire en sorte d’aboutir à « 30 % de logements sociaux minimum en zone urbaine ». La vente de logements sociaux doit être interdite, selon le prétendant, qui souhaite l’abrogation de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (Elan), principal texte sur le logement du quinquennat d’Emmanuel Macron.

    Le candidat communiste souhaite une augmentation en cinq ans du parc de logements étudiants de 175 000 à 525 000. En outre, il propose la mise en place d’« un plan de déploiement et de construction de foyers » destiné aux « jeunes travailleuses et travailleurs »

    Fabien Roussel propose différentes mesures pour rendre les « logements plus écologiques ». Il appelle de ses vœux l’adoption d’« une loi de programmation » pour « la rénovation des logements et des bâtiments », fixant « une obligation de rénovation énergétique performante, sociale et progressive des logements d’ici à 2040 et de rénovation globale des passoires thermiques d’ici à 2030, sans reste à charge pour les plus modestes ». Selon le candidat communiste, 10 Md€ doivent être consacrés chaque année « à la rénovation énergétique des logements et des bâtiments publics », permettant l’isolement et la rénovation de 700 000 logements par an. De plus, cette loi soumettra « la construction de logements sociaux à des labels obligatoires de performance énergétique et environnementale élevée ».

    Valérie Pécresse

    Le programme de la candidate du parti Les Républicains, diffusé sur le site Valeriepecresse.fr, comporte peu de propositions en matière de logement. Selon Valérie Pécresse, les maires doivent être titulaires « d’un droit de veto » concernant « l’attribution des logements sociaux ».

    L’ex-ministre de l’Enseignement supérieur compte déléguer « la rénovation urbaine » au bénéfice des « régions », lesquelles définiraient « les politiques du logement pour construire plus et mieux ». Ces collectivités doivent avoir « la possibilité de moduler l’offre de logements et les aides, en fonction des besoins économiques, des transports et des particularités des territoires ».

    Pour diminuer le coût des factures d’énergie, Valérie Pécresse souhaite la suppression de « la ‘‘taxe sur la taxe’’ (la TVA s’applique aujourd’hui sur d’autres taxes sur l’électricité) ». Elle demande une réforme des tarifs réglementés de l’électricité, « pour que les Français profitent pleinement de la compétitivité de l’énergie nucléaire ».

    « Les travailleurs de première ligne (personnels soignants, policiers, professeurs, etc.) » bénéficieront d’« un droit au logement prioritaire » au sein « de leur ville d’exercice »

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    Nicolas Dupont-Aignan

    Le candidat de Debout la France (DLF) souhaite la mise en place d’incitations permettant aux locataires« de devenir propriétaires d’un appartement ou d’une maison », notamment « par le rachat de leur logement social ». Les personnes disposant d’un logement social auront la possibilité de disposer d’« un contrat de location accession », précise le programme de Nicolas Dupont-Aignan, diffusé sur le site 2022nda.fr.

    Un « accès au logement locatif à bas coût » sera proposé aux « étudiants dans les grandes métropoles ». Les communes pourront mettre en location des logements sociaux directement, sans l’intermédiaire d’« un bailleur social ».

    Le candidat de DLF propose également une diminution de « la fiscalité sur l’immobilier », passant notamment par une suppression de tout droits de succession sur les résidences principales.

    Revendiquant « une politique impitoyable à l’égard des fauteurs de troubles », Nicolas Dupont-Aignant juge nécessaire « d’expulser les locataires de logements sociaux ou privés qui nuisent à la vie des occupants », par exemple en dégradant le bâtiment. Les procédures d’expulsion seront allégées « pour les mauvais payeurs de mauvaise foi ». L’expulsion des « squatteurs des propriétés privées » se fera « avec une extrême célérité ».

    Marine Le Pen

    La candidate du Rassemblement national (RN) ne semble pas faire du logement l’une de ses préoccupations centrales. Marine Le Pen a rappelé le 24 septembre 2021 lors d’une conférence de presse à Metz vouloir faire bénéficier « les Français » d’une « priorité nationale au logement », définie comme un accès privilégié aux logements sociaux, rapporte l’AFP. La priorité nationale est une notion récurrente dans les propos de la candidate d’extrême droite, qui avait déjà concouru à l’élection présidentielle en 2012 et en 2017.

    Eric Zemmour

    Cet autre représentant de l’extrême droite ne montre pas de fort intérêt sur le thème du logement. Il propose, dans un document diffusé sur le site Programme.zemmour2022.fr, l’abrogation « de la loi SRU pour stopper la folle expansion du logement social ».

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