En cas de conflit, comment dialoguer avec son voisin ?

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© Koldunova Anna - iStock

Ne cédez pas à l’impulsion ! Les voisins incommodés et énervés réagissent trop souvent à chaud et avec agressivité, ce qui est une très mauvaise entrée en matière. Leur interlocuteur ne sera pas dans les meilleures dispositions pour écouter leur requête. Évitez le SMS rageur écrit à minuit car vous ne parvenez pas à dormir ou le mail « règlement de compte » menaçant où vous videz votre sac d’un coup, ou, pire, la visite intempestive au domicile du fautif où vous risquez d’en venir aux mains.

« Attendez d’être calmé pour pouvoir présenter les choses avec plus de nuance et d’objectivité », recommande David Rodrigues, juriste à l’association de consommateurs Consommation, Logement, Cadre de vie (CLCV). « Certains voisins, par exemple, ne se rendent pas compte qu’ils font du bruit, et le leur expliquer posément suffit pour trouver un terrain d’entente. »

La convivialité peut aider

Si vous connaissez bien vos voisins, il peut être préférable de leur proposer une rencontre conviviale, dans la cour, dans un tiers lieu ou en marge de l’assemblée générale, par exemple, pour leur exposer le problème qui vous occupe. Si vous les connaissez mal, la diplomatie est plus encore recommandée. Dans un vieil immeuble parisien, le voisin qui claquait la porte tard le soir après avoir sorti son chien était resté sourd aux demandes pourtant polies de sa voisine du dessus. Mais quand celle du dessous, dérangée elle aussi, a glissé dans sa boîte à lettres une belle et courtoise missive rose, lui expliquant qu’elle était réveillée en sursaut par ce bruit chaque nuit, il changea de comportement et ferma sa porte plus doucement.

Seul contre tous ?

L’union fait la force. Mais il n’est pas forcément judicieux de liguer d’emblée tous les voisins contre le fauteur de troubles. Cette situation inconfortable pourrait l’inciter à se braquer et à se défendre, au lieu de se montrer conciliant. Mais lorsqu’il reçoit des uns et des autres les mêmes remarques sur ses agissements, il peut plus facilement comprendre qu’il ne s’agit pas d’un problème avec une personne (un voisin désagréable qui s’en prend à lui), mais d’un problème dont il est à l’origine et qu’il lui faut résoudre.

L'assemblée générale, une occasion d'évoquer les problèmes

Dans une copropriété, même si le syndic intervient peu dans les troubles de voisinage, l’assemblée générale des copropriétaires peut être l’occasion de discuter des difficultés entre voisins, avec l’intéressé ou même en son absence. Et les autres copropriétaires peuvent peut-être apporter leurs témoignages, leur ressenti, voire tenter de faire tampon entre vous. Mais cela peut être aussi l’occasion de constater que vous êtes au contraire seul à être gêné par le comportement du voisin. Peut-être devriez-vous vous remettre en cause ? Comme une assemblée générale des copropriétaires est un lieu d’échanges parfois houleux, il faut veiller à garder son calme le plus possible.

Faire des demandes acceptables

Il est intéressant de vous mettre à la place du voisin, pour essayer de voir si vous pouvez trouver une position commune. Certes, il ne veut pas interdire à son enfant d’apprendre le piano, mais vous pouvez peut-être envisager ensemble un créneau horaire dans la journée où vous acceptez de l’entendre faire ses gammes. Vous ne voulez plus que son vélo encombre l’entrée de l’immeuble, mais il est peut-être possible de lui trouver une place sous l’escalier. Il écoute très fort la télévision, vous pouvez peut-être lui suggérer le port d’un casque, au moins le soir, etc.

Les mises en demeure

Lorsque les paroles ne permettent pas d’avancer, une lettre de mise en demeure s’impose. Rien n’interdit d’envoyer d’abord une lettre simple, diplomatique, proposant par exemple de rencontrer un conciliateur ou un médiateur pour résoudre le litige. Il vous sera en effet souvent demandé, avant de pouvoir saisir le juge, de justifier d’une démarche amiable avec votre voisin. C’est pourquoi il est sage de garder tous les courriers attestant de vos échanges avec le voisin. Si la lettre simple demeure sans effet, une lettre recommandée s’imposera.

Vous aurez ainsi la preuve que vous l’avez bien envoyée. Vous pouvez y faire référence aux courriers ou messages déjà envoyés, et aux preuves dont vous disposez, comme un constat d’huissier, les témoignages de voisins, le calcul des émergences sonores par un cabinet spécialisé, etc. Selon la nature du trouble de voisinage que vous subissez, vous pouvez rappeler les articles de loi pertinents sur le sujet. « Si la première lettre de mise en demeure ne porte pas ses fruits, vous pouvez en envoyer une seconde », souligne David Rodrigues.

© DF

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