Charges de copropriété impayées : quelle procédure suivre ?

Les charges impayées par un copropriétaire doivent être supportées par toute la copropriété. En cas d'impayé, il revient au syndic d'agir. Découvrez la procédure à suivre pour régler le litige.

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
5mn de lecture
Procédure en cas d'impayé en copropriété

En cas de retard de paiement des charges de copropriété, seul le syndic est habilité à recouvrer les impayés. Il doit agir vite sans attendre les décisions de l'assemblée générale. Le choix de la procédure pour le recouvrement s'opère en fonction de l'importance de l'arriéré, du comportement du propriétaire défaillant et de sa situation financière.

Le recouvrement amiable

Faute de paiement dans le mois qui suit l'échéance de paiement des charges, le syndic envoie d’abord une lettre de relance au copropriétaire défaillant. Si elle reste sans effet, le syndic doit procéder à la mise en demeure du copropriétaire par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte d’huissier. Le copropriétaire dispose de 30 jours pour payer. Des intérêts de retard sont dus au taux légal à partir de la réception de la mise en demeure. Mais en pratique, si le copropriétaire est de bonne foi (ses ressources sont insuffisantes), le syndic peut lui proposer un calendrier de paiement amiable, adapté à ses ressources.

En revanche, si aucun accord amiable n’est trouvé et que l'impayé persiste, le syndic peut engager une procédure de recouvrement devant le tribunal judiciaire compétent sur le lieu de l’immeuble.

Bon à savoir

Le syndic dispose de cinq ans à compter de la date d’exigibilité de la créance pour agir contre le copropriétaire défaillant.

Le recouvrement judiciaire

La procédure diffère selon la nature des charges impayées. Pour le recouvrement des provisions du budget prévisionnel, le syndic agit en référé. Pour le recouvrement des dépenses hors budget prévisionnel (les travaux) et les arriérés de charges d’un exercice précédent, il doit recourir à une procédure classique : l’injonction de payer ou la procédure de fond.

La procédure d’injonction de payer

La procédure d’injonction de payer est simple, rapide et peu coûteuse puisqu’elle ne nécessite pas de convocation devant le juge. Le syndic doit déposer une requête en injonction de payer, accompagnée de tous les justificatifs nécessaires (relevé des comptes individuels de charges…), devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble. S’il estime la requête justifiée, le juge rend une ordonnance d’injonction de payer.

L’injonction est portée à la connaissance du copropriétaire débiteur par un huissier de justice dans un délai de six mois. Le débiteur dispose d’un mois pour la contester. A défaut, l’ordonnance équivaut à un jugement. Le syndic peut alors utiliser les procédures de saisie pour recouvrer les sommes dues (saisie sur salaire, sur le compte bancaire, etc.). Si le copropriétaire conteste l’ordonnance, le greffe en informe le syndic et convoque les parties à une audience devant le tribunal.

La procédure au fond

Mais dès lors que la créance est contestable, il faut agir au fond. L’assignation au fond est adressée au tribunal judiciaire. La procédure est contradictoire et plus longue, mais elle permet de demander au juge des saisies conservatoires comme bloquer des sommes d’argent sur le compte du débiteur en attendant que le jugement soit rendu.

Le recouvrement accéléré des charges provisionnelles

Le budget prévisionnel est voté chaque année par l’assemblée générale pour couvrir les dépenses courantes de l’immeuble pour l’année à venir. Ce vote permet de réclamer aux copropriétaires des provisions sur charges qui sont le plus souvent exigibles le premier jour de chaque trimestre.

Jusqu’à la loi Elan, le copropriétaire qui n’avait pas réglé les provisions de charges courantes ou de cotisation de fonds de travaux à leur date d’exigibilité pouvait se voir condamner par le président du tribunal de grande instance au paiement de l’intégralité des provisions de charges courantes de l’année et du fonds de travaux après une mise en demeure restée sans effet pendant plus de 30 jours.

La « super procédure » de recouvrement des charges

Dans la pratique, peu de syndics recouraient à cette procédure car il est rare qu’un copropriétaire ne soit redevable que de charges courantes. Les syndics étaient alors obligés d’intenter plusieurs actions judiciaires pour recouvrer les différents impayés. Aussi, la loi Elan du 23 novembre 2018 a modifié la procédure encadrée par l'article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965.

Désormais, le copropriétaire défaillant peut être condamné, après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de 30 jours, à régler les impayés de charge au titre du budget prévisionnel, ceux pour les travaux non compris dans le budget prévisionnel, les cotisations de fonds de travaux et toute autre somme restant due pour les exercices précédents (les arriérés de charges). Cette « super procédure » de recouvrement de charges peut être déclenchée en cas de non-paiement d’une somme due au titre des charges courantes ou des travaux non compris dans le budget prévisionnel.

Le recouvrement des frais de procédure

Les frais engagés par le syndic pour le recouvrement des impayés (courriers recommandés de mise en demeure, honoraires du syndic, frais d’huissier ou d’avocat…) doivent être supportés par le mauvais payeur.

Quand l'action du syndic se fait attendre

Si le syndic tarde trop à recouvrer les impayés, les copropriétaires peuvent demander la désignation judiciaire d'un administrateur provisoire. L'ordonnance du juge fixe la durée et l'étendue de sa mission. La demande ne sera recevable qu'après une mise en demeure adressée au syndic et restée infructueuse pendant au moins huit jours. Cette condition est toutefois supprimée s'il faut réaliser en urgence des travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble.

Bon à savoir

Lors d’une vente judiciaire du bien, la copropriété bénéficie d’un privilège qui permet au syndicat de copropriété d’être payé en priorité, avant les banquiers, pour toutes les dettes provenant des deux exercices précédents et de l’exercice en cours. En revanche, pour celles remontant à une période située entre deux et quatre ans, la copropriété est à égalité avec les banquiers.

Partager cet article :