Prévoir le coût des obsèques

Prévoir le coût des obsèques

L’organisation des funérailles requiert un budget important, en augmentation depuis dix ans. Or, certaines prestations ne présentent pas un caractère obligatoire.

Depuis la libéralisation du marché du secteur funéraire, en 1998, le coût des obsèques a augmenté deux fois et demie plus vite que l’indice des prix à la consommation (hors tabac) !

Inhumation ou crémation : des prix élevés

Ainsi, selon la Confédération des professionnels du funéraire et de la marbrerie (CPFM), il s’élève en moyenne à 4 000 € pour une inhumation et à 3 500 € pour une crémation. "Avec des montants variant du simple au double entre le Nord-Pas-de-Calais d’une part et l’Île-de-France ou la Côte d’Azur d’autre part", avertit Michel Kawnick, président-fondateur de l’Association française de l’information funéraire (Afif).

Funérailles : des devis parfois trompeurs

Désormais, qu’il s’agisse d’une société d’économie mixte semi-publique, d’une régie municipale ou d’une société privée, ces structures établissent librement leurs tarifs. D’où l’importance - même en ces moments douloureux - de les mettre en concurrence en réclamant un devis par téléphone. Ce premier aperçu se révèle parfois trompeur, car "de plus en plus de sociétés affichent un prix global", alerte Cendrine Chapel, directrice des services aux familles au sein des services funéraires de la Ville de Paris.

Elles englobent ainsi dans leur offre les soins de conservation (appelés aussi soins de thanatopraxie), non obligatoires. "Réalisés par des thanatopracteurs, ils consistent à injecter dans le corps plusieurs litres d’un produit aseptique", explique Richard Feret, directeur général de la CPFM. Facturés à partir de 250 €, ils peuvent s'élever à 700 €. Ils incluent aussi la toilette et la présentation du corps (habillage, coiffage, maquillage).

Cercueil et corbillard obligatoires

En revanche, le cercueil, avec quatre poignées et une housse intérieure, constitue une dépense incontournable, qu’il s’agisse d’inhumation ou de crémation.

Le prix moyen pour un cercueil en chêne comprenant le capiton s’élève à 1 100 €. Pour diminuer les frais, vous pouvez choisir un cercueil en sapin et ne pas opter pour le capiton qui n’est pas obligatoire de même que la plaque d’identification. Plus les finitions sont élaborées, plus le coût s’élève.

Outre l’achat du cercueil, la législation impose la location d’un corbillard avec chauffeur. Si la présence des porteurs n’est pas exigée, elle est recommandée, car un cercueil pèse, vide, 80 kg. Selon le CPFM, les coûts de leur prestation et du véhicule varient entre 350 € et 450€ en moyenne (sans porteur) et peuvent aller jusqu’à 600 € avec porteurs.

La majorité des familles endeuillées recourent en outre au conseiller funéraire pour effectuer les démarches administratives (déclaration de décès) et la coordination du convoi funéraire. Compter autour de 250 €. Autres dépenses facultatives mais habituellement engagées : le maître de cérémonie chargé d’assister les proches du défunt, les fleurs, les faire-part et annonces dans la presse. Sans oublier, le cas échéant, l’office religieux.

Par ailleurs, il convient souvent de régler des vacations de police (de 10 à 30 € chacune selon les communes) à la société des pompes funèbres qui les reverse au Trésor public, même si le fonctionnaire ne se déplace pas toujours. Elles sont dues en cas de transport du corps, sans ou avec mise en bière (départ, arrivée), de soins de conservation, de crémation.

Un projet actuellement en discussion devant le Parlement devrait supprimer ces vacations sauf en cas de crémation.

A noter : Depuis le 1er janvier 2011, un modèle de devis d’obsèques standardisé doit être remis à la famille. Ce modèle permet aux familles de comparer les prix grâce à une présentation standardisée et à l’obligation d’utiliser une terminologie identique.

Ce modèle comprend 3 colonnes. La première concerne toutes les prestations obligatoires, la deuxième comprend tout ce qui est optionnel et la troisième colonne correspond à des prestations effectuées par des tiers (achat de concessions avis de décès dans la presse…).

Des funérailles low cost

Plusieurs entreprises funéraires à bas prix (low cost) sont apparues dernièrement et proposent des services funéraires à des prix très bas.

Ainsi Révolution obsèques (agence funéraire dépendant de la mairie de Paris) fixe à 789€ le tarif des prestations obligatoires à savoir :

  • le cercueil entièrement équipé (une plaque d'identité, un capiton, etc.) et livré sur le lieu de mise en bière ;
  • le transport du défunt dans un corbillard, avec son chauffeur, du lieu de mise en bière au lieu d'inhumation ou de crémation ;
  • la planification et la coordination des intervenants.

Ce prix ne comprend pas les taxes locales, les vacations de police, les frais de toilette et de mise en bière, le coût du crématorium et de l’urne ou les frais d’inhumation.

Les prestations sont assurées par le service funéraire de la ville de Paris.

D’autres entreprises se sont lancées dans le low cost tel Ecoplus Funéraire (réseau Choix funéraire) qui propose des obsèques à partir de 1 350 € actuellement dans 16 départements (100 points de  funéraire sont prévus d’ici à 2017).

Le prix des concessions funéraires

"Les frais de cimetière alourdissent la facture", note Cendrine Chapel. L’inhumation nécessite l’achat de la concession d’un terrain de 2 m2 minimum, dont le prix varie selon la durée et les communes :

  • Belfort demande 277,76 € (en 2014) pour une concession trentenaire (3785,28 € pour une perpétuelle en 2014).
  • A Paris qui comprend 14 cimetières intra-muros, le montant est identique pour l’ensemble des cimetières, les prix varient en fonction de la durée de la concession et de la surface de la parcelle.

Pour un emplacement de 2 m2 le tarif depuis le 1er mai 2014 pour une concession décennale s’élève à 785 €, il est de  2663 € pour une concession trentenaire et de 14682,12 € pour une concession perpétuelle (l’attribution d’une concession perpétuelle est toutefois très rare à Paris).

Les parisiens peuvent également être inhumés dans l’un des cimetières parisiens à l’extérieur de Paris, les prix y sont moins élevés.

Ensuite, on procède soit à l’inhumation en pleine terre, soit à la construction d’un caveau. La première option entraîne des frais de creusement et d’inhumation (400 €, indique la CPFM). La seconde fait grimper la note de 800 à 1 500 € pour un caveau de deux places. L’ajout d’un monument gravé est facturé 1 500 € minimum.

Les dépenses liées à l’incinération

Outre le paiement d’une taxe de crémation établie par chaque commune (40 € en 2015 pour un adulte à Héricourt, en Haute-Saône ; 93 € à Aix-en-Provence), le coût d’une incinération dépend de la destination des cendres.

La dispersion dans le "jardin du souvenir" ou en pleine nature est souvent gratuite. Leur dépôt dans un caveau déjà existant implique des frais d’ouverture de sépulture (à partir de 200 €).

En l’absence de caveau, on achètera une concession ou une case de columbarium, dont le prix dépend de la durée choisie et de la commune de destination, par exemple 1 215 € (prix 2014) à Saverne (Bas-Rhin) pour trente ans. Dispersées ou déposées, les cendres sont remises aux proches dans une urne (de 50 à 700 €).

Transfert vers une chambre funéraire : gare aux abus !

Lorsqu’une personne meurt dans un établissement de santé, son corps est déposé dans une chambre mortuaire, gratuite les trois premiers jours.

Cependant, les centres qui enregistrent moins de 200 décès par an ne sont pas tenus d’offrir ce service. "Certains d’entre eux facturent à la famille le déplacement du corps vers une chambre funéraire, gérée par une société de pompes funèbres", met en garde Michel Kawnick.

Or une clinique qui prend cette décision doit financer le coût du transport et du séjour pendant les trois premiers jours. Une maison de retraite, quant à elle, est autorisée à garder le corps jusqu’à six jours, car elle est considérée comme le domicile du défunt.

Si, malgré tout, elle choisit de l’orienter vers une chambre funéraire, elle en assume la charge.