Pouvez-vous conserver votre testament chez vous ?

Conserver votre testament à domicile est économique, mais il pourrait ne jamais être porté à la connaissance de vos héritiers. Anthony Minacori, notaire à Gardanne (13), explique comment prévenir le risque de perte.
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Pour être juridiquement valable, un testament dit « olographe » doit remplir certaines conditions.
Pour être juridiquement valable, un testament dit « olographe » doit remplir certaines conditions.

Vous pouvez rédiger seul votre testament et le conserver à votre domicile. C’est le moyen le plus simple, le plus secret et le plus économique. Vous pourrez ainsi, à votre guise, le relire, le modifier ou même le révoquer – il suffira alors de le détruire.

Mais votre testament pourrait ne 
jamais être porté à la connaissance de vos héritiers si votre cachette est trop subtile, s’il est détruit dans un incendie ou par une personne mal intentionnée. Par ailleurs, alors que vous pensez avoir tout prévu, vos dernières volontés pourraient ne pas être appliquées. Car, pour être juridiquement valable, un testament dit « olographe » doit être entièrement rédigé, daté (jour, mois, année) et signé de votre main. Tout manquement à l’une de ces trois conditions entraîne sa nullité. De même, si certaines clauses sont ambiguës, contradictoires, voire illicites, elles ne seront pas appliquées. Il est essentiel, par exemple, de respecter la part minimale d’héritage à laquelle vos enfants ont droit (la réserve héréditaire).

Un dépôt chez un notaire

Une solution permet à moindre coût 
de prévenir le risque de perte. Une fois votre testament rédigé, déposez-le chez un notaire qui l’enregistrera au Fichier central des dispositions et des dernières volontés pour 10,74 euros. Pour plus de sécurité, le notaire peut aussi vous conseiller et rédiger pour vous un modèle de testament. Vous avez la garantie que toutes les dispositions prises sont valables. Comptez 150 euros, le montant variant selon la complexité du testament.

Une lettre concernant le don d’organes et l’organisation des funérailles

Mieux vaut faire part directement à un proche de vos dernières volontés concernant le don d’organes et l’organisation de vos funérailles, éventuellement en lui confiant une lettre. Car, le temps de prendre connaissance de votre testament, il serait trop tard. Au décès d’un proche, l’Agira (Association pour la gestion des informations sur le risque en assurance) vous indique si le défunt avait souscrit un contrat obsèques, une assurance-vie, une assurance dépendance. Les démarches sont gratuites sur Agira.asso.fr, il suffit d’avoir un acte de décès numérisé.

df
Rosine Maiolo
Publié le