Organiser ses obsèques de son vivant

Organiser ses obsèques de son vivant

Préparer ses funérailles permet d’exprimer et de faire respecter ses volontés et décharge ses proches des formalités. On peut aussi choisir de préfinancer tout ou partie des prestations.

Préparer ses obsèques ne porte pas malheur : plus de 40 % des Français les ont déjà anticipées en les organisant dans les moindres détails… pour ensuite mieux les oublier. Plusieurs raisons motivent cette démarche : éviter des soucis à sa famille, prévenir d’éventuels conflits, ne pas laisser de dette à ses enfants, tout contrôler jusqu’au bout…

Indiquer par écrit l'organisation des obsèques

Sachez que la loi oblige les héritiers à suivre les volontés du défunt. Pour être certain que vos dernières volontés soient respectées, rédigez-les clairement sur papier libre et confiez-les à une ou deux personnes de confiance.

À défaut, laissez un exemplaire dans votre livret de famille et placez un double dans ce qui est recherché en premier : le dossier bancaire, conseille Michel Kawnik, président de ­l’Association française d’information funéraire (AFIF).

Vous pouvez n’y indiquer que les grandes lignes (cérémonie et sépulture), mais vous pouvez aussi tout détailler, du choix du cercueil à la rédaction du faire-part de décès. Et si vos choix déplaisent à vos héritiers, une loi de 1887 permet de les faire respecter : « Toute personne en état de tester peut régler l’ensemble de ses funérailles de son vivant et comme elle le souhaite, l’expression de sa volonté ayant une valeur testamentaire. »

On meurt plus souvent dans un lieu médicalisé que chez soi. Plutôt que d’être rapatrié à son domicile, le défunt peut être transporté dans un funérarium.

Ces chambres funéraires, ou athanées, permettent d’accueillir le corps quelques jours entre le décès et les obsèques, indique Jean Ruellan, directeur des relations publiques des Pompes funèbres générales (PFG). Si aucune cérémonie religieuse n’est prévue, les familles peuvent y rendre un dernier hommage avant le cimetière.

Les cérémonies civiles peuvent aussi se dérouler au crématorium, où une salle est toujours réservée à cet effet. Comme au funérarium, vous pouvez prévoir fleurs, chants et textes, pour accueillir la famille et les proches.

En France, 85 % des obsèques suivent des rites religieux. Dans ce cas, le mieux est de s’adresser au responsable de son lieu de culte, de dialoguer avec lui de la cérémonie, et de lui donner des indications sur les textes souhaités et les personnes qui pourront les lire, sur la musique, les chants et les prières.

Quel cimetière choisir ?

On peut être enterré dans le cimetière de la ville de son domicile ou de celle où l’on décède. Mais le défunt peut aussi être inhumé dans le caveau familial, ou acheter une concession (individuelle, collective ou familiale) dans une autre ville (sous réserve de l’acceptation du maire). 

La concession peut être temporaire (de 5 à 15 ans, 30 ans ou 50 ans) ou perpétuelle (durée illimitée). Attention ! Les règles en vigueur (attributions, tarifs, etc.) sont nombreuses et complexes : renseignez-vous auprès de la mairie. Vous pouvez aussi choisir à l’avance votre pierre tombale (tout comme votre épitaphe), voire la commander à un artiste.

Aujourd’hui, un tiers des Français optent pour la crémation. Un choix à préciser, tout comme la destination de ses cendres.

En l’absence de volonté exprimée, l’urne contenant les cendres sera obligatoirement déposée au cimetière, précise Michel Kawnik.

Si vous souhaitez une autre destination, vous devrez l’avoir clairement notifiée : on n’a plus le droit de confier une urne à un particulier, ni de l’inhumer dans une propriété privée, mais elle peut être placée dans un caveau de famille, au columbarium, etc.

Les cendres peuvent aussi être dispersées, partout en France sauf dans les jardins publics et sur la voie publique.  

La dispersion est également interdite dans les rivières et les fleuves aménagés, souligne Michel Kawnik.  

Pas de problème en revanche dans la mer, les forêts ou les jardins privés… Plus original, on peut faire transformer ses cendres en diamant, les faire disperser en feu d’artifice, ou même les envoyer dans l’espace.

Prévoir les frais d'obsèques

Pour anticiper les dépenses, il est prudent de faire établir deux ou trois devis par des entreprises de pompes funèbres. Il faut compter en moyenne 3 000 € pour le coût des obsèques, hors concession au cimetière.

 Contrats obsèques. La plupart vous proposeront un contrat obsèques que rien ne vous oblige à accepter. Il existe plusieurs formules.

La plus habituelle est un contrat en capital, sous forme d’une assurance-vie prévoyant le versement d’une somme à un proche ou à une société funéraire destinée à payer les obsèques. Mais cela ne garantit pas le respect de vos volontés, ni que la somme sera suffisante. 

On trouve aussi des contrats de prestations, qui laissent peu de choix sur les produits et les services.

Enfin, plus onéreux, les contrats en prestations personnalisées prévoient le paiement en une fois de la dépense, sur la base d’un devis détaillé, à une compagnie d’assurances.

• Compte épargne. Au-delà de ces formules qui peuvent donner lieu à des abus et nécessitent d’être vigilant, vous pouvez tout simplement ouvrir un livret ou un compte dans votre banque, destiné à financer vos obsèques.

Le Code civil précise que, même si les comptes du défunt sont bloqués, les frais d’obsèques peuvent y être prélevés, jusqu’à 3 050 €, précise Michel Kawnik. Votre argent est ainsi toujours disponible, et vous ou vos héritiers restez libres du choix de l’entreprise funéraire. 

Des informations que vous aurez pris garde de noter sur un document aisément accessible, pour faciliter au maximum la tâche de vos proches. 

Faire don de ses organes

Don d’organes. À moins de vous être opposé de votre vivant au don d’organes, vous êtes légalement considéré comme étant consentant. Pour éviter à votre famille d’avoir à se poser la question, laissez des instructions claires : parlez-en entre vous et prenez une carte de donneur.

Après prélèvement, votre corps sera remis à vos proches. Mais si vous y êtes opposé, inscrivez-vous sur le Registre des refus (Agence de la biomédecine, Registre national des refus au prélèvement, TSA 90001, 93572 Saint-Denis-La-Plaine Cedex). Renseignements : www.dondorganes.fr.

Don du corps. Faire don de son corps à la science à la faculté de médecine (pour des cours d’anatomie) est une autre démarche… souvent payante, sauf à Lille et Paris, par exemple. Explication : c’est la faculté qui se chargera des obsèques. Vous devrez conserver sur vous une carte de donneur et votre corps ne sera pas rendu à votre famille. Pour cela, il faut s’inscrire auprès de la faculté.

Un testament pour transmettre son patrimoine  

Plus encore que ses obsèques, il est important de prévoir la transmission de ses biens à l’avance. « Soit vous ne prévoyez rien et votre patrimoine sera transmis en fonction des règles en vigueur, soit vous établissez un testament pour organiser votre succession, rappelle Me Boris Vienne, notaire à Cornebarrieu (31). Il peut être olographe, c’est-à-dire écrit, daté et signé de votre main, ou notarié, donc établi devant notaire en présence de deux témoins, ce qui le rend inattaquable. »

Avantage du testament : il est révocable à tout moment. Par ailleurs, s’il est olographe, donc accessible rapidement à vos proches, vous pouvez y inscrire vos souhaits quant à l’organisation de vos obsèques.

Pour rédiger soi-même son testament, retrouvez les précautions qui s'imposent.